Pour un Palestinien, boire, manger, éclairer sa maison, conduire sa voiture ou téléphoner dépend de la bonne volonté d’Israël qui contrôle les vannes de l’économie de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les échanges commerciaux résument la situation : 90 % des exportations palestiniennes vont en Israël et 85 % des importations viennent de lui. «La balance commerciale penche durablement en faveur d’Israël : 3 milliards de dollars d’exportations contre 450 millions de dollars d’importations», a indiqué à l’AFP le directeur du département de la planification auprès de l’Autorité palestinienne. «Nous sommes le deuxième partenaire d’Israël, après l’Union européenne (UE), et dépendons totalement de lui», a indiqué Salah Abou Zarifa. La dépendance a commencé avec l’occupation en 1967. «Israël avait alors réalisé que les territoires palestiniens concurrençaient ses agrumes et interdit la plantation d’arbres sans l’aval du gouverneur militaire israélien», a rappelé Salah Abdel Chafi, un économiste. «Israël avait encouragé nos agriculteurs à produire les denrées qui lui manquaient comme les légumes. Puis, constatant une demande européenne pour les fraises et les fleurs, qui sont cultivées notamment à Gaza en raison de la nature du sol et de la main-d’œuvre bon marché, il a commencé à les acheter pour les exporter à l’UE avec bénéfice», a-t-il précisé. «Dans le secteur industriel, Israël a limité les investissements au secteur textile pour profiter de la main-d’œuvre bon marché, qu’il employait également dans la construction, et les services», a ajouté M. Chafi. Le secteur des télécommunications a réalisé une indépendance relative avec la création d’une compagnie téléphonique palestinienne, mais beaucoup continuent à utiliser le réseau israélien. Dans la bande Gaza, Israël a construit des colonies près des deux réservoirs d’eau souterraine situés à Erez (nord) et au centre. Les colons consomment une bonne partie de l’eau de ce territoire, ce qui ne laisse aux Palestiniens que 90 millions m3 par an, soit moins de 9 m3 par habitant. L’électricité est jusqu’à présent aux mains d’Israël. «Notre facture mensuelle à l’Israeli Electricity Corporation (IEC) se situe entre 16 et 20 millions de shekels (4 à 5 millions de dollars)», a indiqué Saïd Kharma, directeur de l’Autorité de l’électricité palestinienne. La centrale construite par la compagnie américaine Enron, qui devait dans un mois couvrir les besoins de la bande de Gaza, est fermée en raison des bombardements israéliens qui ont fait fuir une large majorité des experts expatriés et empêché l’arrivée des équipements. «Gaza importe près de 35 000 tonnes de pétrole par an, essentiellement d’Israël», a indiqué pour sa part Louaï Arandas, le responsable de la distribution des carburants auprès de l’Autorité palestinienne. Conformément aux accords d’Oslo, le pétrole destiné aux territoires palestiniens doit répondre aux normes jordaniennes. Or, la Jordanie, qui importe son brut d’Irak en dérogation à l’embargo des Nations unies, ne peut exporter de produits pétroliers. Durant le boom du secteur de la construction dans la bande de Gaza avant l’intifada, les Palestiniens de ce territoire consommaient quotidiennement 3 000 tonnes de ciment achetées à la compagnie israélienne Nesher. Le bouclage des territoires palestiniens depuis le début de l’intifada il y a quinze mois a propulsé le taux de chômage à près 40 %, selon diverses estimations.
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