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Actualités - Chronologies

Argentine - Devant l’urgence sociale, le gouvernement repousse l’aide du FMI

Le nouveau président argentin Adolfo Rodriguez Saà a donné la priorité à l’apaisement social et repoussé l’aide du Fonds monétaire international (FMI), institution qui a dicté la politique économique qui a conduit l’Argentine dans la profonde crise qu’elle traverse. Jeudi, dans une lettre envoyée au nouveau président argentin désigné il y a une semaine, Adolfo Rodriguez Saà, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Horst Koehler, avait déclaré le Fonds «prêt à travailler conjointement» avec le gouvernement «pour développer une solution durable aux problèmes économiques» de Buenos Aires. De même, selon la presse vendredi, le Fonds aurait accepté de repousser au 17 janvier une échéance d’un milliard de dollars de la dette argentine. Mais le FMI, qui a imposé au pays des politiques de réductions budgétaires est considéré par nombre d’Argentins et d’économistes comme l’un des principaux responsables de la faillite du pays et de la détresse sociale dans laquelle est plongée la majorité des Argentins. Le FMI avait forcé l’Argentine à de très lourdes restrictions budgétaires pour atteindre l’objectif de déficit zéro, le gouvernement de Fernando de la Rua et avait ainsi déclenché une spirale de violences sociales et d’émeutes de la faim, faisant une trentaine de morts. Les manifestations, la démission du président De la Rua et de son ministre de l’Économie Domingo Cavallo, les menaces de défaut imminent de ce pays sur sa dette, n’avaient alors pas provoqué de mobilisation du FMI, arc-bouté sur sa politique de sévérité à l’égard des États en difficulté. Le Fonds avait refusé le 5 décembre de verser une tranche de prêts de 1,3 milliard de dollars à Buenos Aires après que des objectifs fixés dans le plan d’équilibre budgétaire eurent été manqués. Fernando de la Rua et Domingo Cavallo, qui se sont appliqués à suivre scrupuleusement les recommandations du Fonds pendant deux ans, avaient quémandé l’aide du FMI en vain. Mais le nouveau chef de l’État argentin, péroniste, a fait savoir très ouvertement que sa priorité va à l’urgence sociale et non à la reprise du dialogue avec le FMI. Le gouvernement argentin «doit en premier lieu trouver une solution au problème social» avant de négocier avec le Fonds monétaire international auquel il a demandé sa «compréhension», a affirmé Adolfo Rodriguez Saà au cours d’un entretien avec la directrice intérimaire du FMI Anne Krueger. «Nous avons expliqué au FMI que nous devons d’abord trouver une solution à l’urgence sociale parce qu’il faut traiter la marginalisation et le chômage. Nous allons présenter un programme durable, mais avant nous demandons de la patience», a-t-il déclaré. Ainsi, pour le Fonds, pas d’autre choix que d’accepter implicitement le défaut sur la dette argentine, alors que M. Rodriguez Saà a décidé de cesser de payer les échéances de la dette publique de 132 milliards de dollars du pays. Toutes les politiques économiques argentines dictées par le FMI au cours des dernières années ont également été effacées. Pour Adolfo Rodriguez Saà, le désespoir social est la priorité et le déficit budgétaire est donc pratiqué à ce titre. Il a notamment annoncé mercredi la fin à la réduction de 13 % des retraites décidée par son prédécesseur. De même, il a décidé en début de semaine la création d’un million d’emplois et d’une nouvelle monnaie, l’argentino, non convertible et circulant parallèlement au peso et au dollar, dont la parité n’a pas été remise en cause. Tous les biens de l’État serviront à garantir l’argentino. Le nouveau gouvernement péroniste peut entamer des négociations avec le FMI «au moment opportun qui convient», a déclaré le secrétaire général de la présidence argentine, Luis Lusquinos, précisant cependant que les conversations ne reprendront «pas avant la mi-janvier».
Le nouveau président argentin Adolfo Rodriguez Saà a donné la priorité à l’apaisement social et repoussé l’aide du Fonds monétaire international (FMI), institution qui a dicté la politique économique qui a conduit l’Argentine dans la profonde crise qu’elle traverse. Jeudi, dans une lettre envoyée au nouveau président argentin désigné il y a une semaine, Adolfo Rodriguez Saà, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Horst Koehler, avait déclaré le Fonds «prêt à travailler conjointement» avec le gouvernement «pour développer une solution durable aux problèmes économiques» de Buenos Aires. De même, selon la presse vendredi, le Fonds aurait accepté de repousser au 17 janvier une échéance d’un milliard de dollars de la dette argentine. Mais le FMI, qui a imposé au pays des...