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Actualités - Analyses

Les attentats du 11 septembre - ont peut-être sauvé l’Afghanistan

Sans les attentats meurtriers du 11 septembre, les talibans n’auraient pas quitté Kaboul, le monde n’aurait pas les yeux tournés vers l’Afghanistan, et la reconstruction du pays, ravagé par vingt années de guerre et une sécheresse catastrophique, ne serait pas à l’ordre du jour. Deux jours avant les attentats ayant fait plus de 3 000 morts aux États-Unis, l’assassinat d’Ahmad Shah Massoud, le chef charismatique de l’opposition armée aux miliciens fondamentalistes qui contrôlaient 90 % du territoire afghan, avait semblé sonner le glas d’une libéralisation de l’Afghanistan. Les attentats, la traque du réseau el-Qaëda et de son chef, Oussama Ben Laden, hôte des talibans pendant cinq ans, et les bombardements américains sur cet antre du terrorisme mondial ont totalement changé la donne en à peine trois mois. Les talibans liberticides, qui avaient banni la musique ou la télévision, ont cédé sous le pilonnage des B-52 américains dont les tapis de bombes ont permis l’avancée des «libérateurs» de l’Alliance du Nord. Évacuant le Nord puis Kaboul début novembre, ils ont renoncé à leur dernier fief de Kandahar (Sud) un mois plus tard, alors que tous leurs dirigeants étaient en déroute. Des entretiens interafghans ont eu lieu à Bonn, sous l’égide des Nations unies, rassemblant royalistes et minorités ethniques. La mise en place de structures de transition, d’une Assemblée constituante et d’un gouvernement intérimaire installé dès le 22 décembre y a été adoptée. C’est le royaliste pachtoun Hamid Karzaï, considéré comme proche des États-Unis, qui présidera l’administration intérimaire. Parallèlement, les États-Unis, après une intense campagne de bombardements et la traque de Ben Laden, se sont engagés à ne pas abandonner l’Afghanistan dès la fin de leurs opérations militaires, contrairement à ce qui s’était passé en 1989, après le départ des troupes d’invasion de l’ex-armée rouge. Le retour des ambassades James Dobbins, représentant spécial de Washington pour l’Afghanistan, a procédé à la réouverture officielle de l’ambassade des États-Unis à Kaboul, annonçant que cette fois-ci, les États-Unis étaient là «pour durer». Ce «retour» avait été précédé de la réouverture de plusieurs chancelleries abandonnées de Kaboul : Allemagne, Grande-Bretagne, France, Inde, Iran, Turquie... Les premières délégations ministérielles ont fait leur apparition après plus de quinze ans d’absence et l’on parle maintenant ouvertement de reconstruire ce pays ravagé par dix années de guerre contre les troupes de l’ex-Union soviétique puis par des épisodes fratricides entre chefs de faction aux alliances versatiles. Pays-tampon entre les colonisations russe et britannique, l’Afghanistan a conservé des traditions féodales et les chefs de guerre y sont «plus facilement achetés que vaincus», selon les spécialistes. Sa seule période récente de prospérité, bien que relative, l’Afghanistan l’aura connue sous le règne du roi Mohammed Zaher Shah, chassé en 1973 par l’un de ses cousins. En ayant recours au vieux roi, maintenant âgé de 87 ans, la communauté internationale, qui le présente comme le seul fédérateur possible du pays, tente de séduire les Afghans, en jouant sur la nostalgie d’une certaine «belle époque». Simultanément, et au moment où les organisations humanitaires tentent d’endiguer une situation catastrophique, les bailleurs de fonds commencent à se pencher sur le sort de l’Afghanistan rappelé au souvenir de l’opinion internationale par les caméras mobilisées pour la chasse à l’homme lancée par George W. Bush contre le principal suspect des attentats de New York, de Washington et de Pennsylvanie. Cinq millions de réfugiés en Iran et au Pakistan, plusieurs millions de victimes potentielles d’une famine annoncée et des neiges qui rendent inaccessibles des zones de misère ont contribué à apitoyer la communauté mondiale, appelée à ouvrir son portefeuille. En janvier, les bailleurs de fonds seront réunis au Japon pour y annoncer leurs engagements, alors que les Nations unies auront fini d’évaluer le coût de la reconstruction, qui pourrait s’élever à plus de dix milliards de dollars. Mais la reconstruction ne sera possible que si les Afghans respectent leurs engagements de «paix et de stabilité» pris à Bonn et renoncent définitivement à la guerre, l’une de leurs principales occupations depuis des siècles.
Sans les attentats meurtriers du 11 septembre, les talibans n’auraient pas quitté Kaboul, le monde n’aurait pas les yeux tournés vers l’Afghanistan, et la reconstruction du pays, ravagé par vingt années de guerre et une sécheresse catastrophique, ne serait pas à l’ordre du jour. Deux jours avant les attentats ayant fait plus de 3 000 morts aux États-Unis, l’assassinat d’Ahmad Shah Massoud, le chef charismatique de l’opposition armée aux miliciens fondamentalistes qui contrôlaient 90 % du territoire afghan, avait semblé sonner le glas d’une libéralisation de l’Afghanistan. Les attentats, la traque du réseau el-Qaëda et de son chef, Oussama Ben Laden, hôte des talibans pendant cinq ans, et les bombardements américains sur cet antre du terrorisme mondial ont totalement changé la donne en à peine trois...