Depuis les débuts du bridge, les hommes étaient considérés comme les maîtres incontestés du jeu. Il y avait quelques individualités féminines brillantes comme Helem Sobel, la partenaire de Charles Goren que beaucoup considéraient comme meilleure à table que son illustre partenaire, ou Dorothy Hayden-Truscott qui représenta plusieurs fois les États-Unis dans les championnats open, ou encore la fameuse paire anglaise Gordon-Markus. Mais ces cas étaient assez rares. Or, depuis plusieurs années, le bridge féminin a fait des progrès considérables et cela fut particulièrement évident aux derniers championnats du monde de Paris où non seulement Rose Meltzer remporta avec son équipe américaine la Bermuda Bowl, épreuve Open, mais où, de l’avis des experts, le niveau du jeu à partir des quarts de finale fut aussi bon sinon meilleur dans la Venice Cup, épreuve Dames, que dans la Bermuda Bowl. Et les joueuses des équipes féminines d’Allemagne, de France, de Grande-Bretagne, des Pays-Bas, d’Italie, des États-Unis, d’Autriche, mais aussi de Chine, du Canada ou d’Afrique du Sud sont aussi talentueuses et bien équipées techniquement que leurs collègues masculins. Au Liban aussi le bridge féminin a connu un grand essor et l’on a même vu dernièrement plusieurs jeunes joueuses participer aux tournois. Le chef-d’œuvre suivant de Sabine Auken contre les États-Unis en quarts de finale de la Venice Cup vous montre pourquoi elle est considérée, ainsi que sa partenaire Daniela von Arnim, comme l’une des meilleures joueuses du monde: Sud donneur. Personne vulnérable. Les enchères: S O N E 2 P contre 2 S.A. 3 C 3 S.A. contre 4 K contre 4 C contre passe passe 4 P passe 5 K passe Les enchères peuvent vous paraître bizarres. L’ouverture de 2 Piques de Von Arnim est un bicolore mineur ou majeur faible en points d’honneur. Le contre d’Ouest montre les majeures et la redemande à 3 sans-atout montre les mineurs et un maximum. Après avoir envisagé le chelem, la paire allemande s’arrête à la manche à carreau. Est entame d’un petit cœur pour le Roi d’Ouest qui retourne pique. Sabine Auken était pratiquement sûre que l’impasse au Roi de pique réussirait alors que la réussite de l’impasse à la Dame de trèfle était problématique et, dans ce cas, elle devrait défausser un trèfle pour une éventuelle fin de coup. Donc par précaution elle fit l’impasse et défaussa un trèfle sur l’As de pique. Elle coupa ensuite un cœur, joua trèfle pour l’As, coupa cœur de nouveau et tira l’As de carreau pour arriver à la position suivante: L’apparition du Roi de carreau en Est confirma à Sabine Auken que la distribution d’Ouest était 5-4-2-2. Elle rejeta donc l’impasse à trèfle et joua trèfle pour le Roi et coupa son dernier pique. Elle joua alors un second tour d’atout pour mettre Ouest en main qui doit rentrer en coupe et défausse pour être la seule à inscrire la manche dans sa colonne dans les deux épreuves. La main suivante est tirée de la demi-finale Autriche-Allemagne: Les Autrichiennes Weigkricht-Fischer étaient arrivées au chelem à trèfle alors que dans l’autre salle Auken-Von Arnim s’étaient contentées de jouer la manche. Pony Nehmert en Nord entama cœur pour l’As sec de Terry Weigkricht. À première vue, le chelem dépend du choix gagnant pour trouver l’une des dames manquantes, mais Terry trouva une meilleure ligne de jeu. Elle tira trois tours de pique après avoir joué la Dame de trèfle pour le Roi et l’As en coupant la Dame puis elle coupa un cœur de la main. Elle joua ensuite le Valet de pique maître et Nord se trouva sans défense. Elle peut couper ou non, mais le dernier cœur va être défaussé du mort. Quand Nord défaussa, Terry jeta le cœur du mort et mit Nord en main par le valet de trèfle pour lui donner coupe ou défausse, ou ouvrir les carreaux. Dans les deux cas, elle n’avait plus besoin de deviner la position de la Dame. Bien joué.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Depuis les débuts du bridge, les hommes étaient considérés comme les maîtres incontestés du jeu. Il y avait quelques individualités féminines brillantes comme Helem Sobel, la partenaire de Charles Goren que beaucoup considéraient comme meilleure à table que son illustre partenaire, ou Dorothy Hayden-Truscott qui représenta plusieurs fois les États-Unis dans les championnats open, ou encore la fameuse paire anglaise Gordon-Markus. Mais ces cas étaient assez rares. Or, depuis plusieurs années, le bridge féminin a fait des progrès considérables et cela fut particulièrement évident aux derniers championnats du monde de Paris où non seulement Rose Meltzer remporta avec son équipe américaine la Bermuda Bowl, épreuve Open, mais où, de l’avis des experts, le niveau du jeu à partir des quarts de finale fut aussi bon...