Rudolph Giuliani, désigné «Personnalité de l’année» par le magazine Time après avoir été surnommé «Maire de l’Amérique» pour sa gestion de la crise née des attentats aux avions-suicide contre les tours du World Trade Center le 11 septembre, quittera dans quelques jours, en pleine gloire, son poste de maire de New York. Alors qu’il s’apprête à passer le relais au milliardaire Michael Bloomberg à Times Square dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, celui que ses administrés et le reste de l’Amérique appellent «Rudy» bénéficie d’indices de popularité sans précédent, tournant aux environ de 80 %. S’il n’avait été touché par la loi limitant à deux le cumul des mandats, tout porte à croire qu’il aurait été triomphalement réélu. Ne pouvant l’être, il a quasiment désigné son successeur : les électeurs interrogés au lendemain du vote du 6 novembre ont souvent cité le spot publicitaire dans lequel Michael Bloomberg apparaît aux côtés de «Rudy» comme l’élément décisif dans leur choix. Son omniprésence, sa détermination, son évidente compassion pour les familles des victimes et pour tous les habitants de la ville au lendemain de l’attentat contre le World Trade Center en ont fait l’idole de New-Yorkais, pourtant très majoritairement démocrates. «Il n’y a pas si longtemps, je n’aimais pas Rudy Giuliani, écrit ainsi la journaliste Sarah Towers dans l’édition américaine du magazine Elle. En tant que New-Uorkaise de gauche, je considérais sa présence à la mairie comme une menace personnelle pour mes libertés civiques (...). C’était avant que nombre de mes convictions ne volent en éclats avec le World Trade Center. J’ai toujours une relation personnelle avec Rudy Giuliani sauf que maintenant, je voterais pour lui. Et même... diable, je l’épouserais !». Avant le drame du 11 septembre, beaucoup de ses administrés louaient le rôle de l’ancien procureur fédéral, champion de la lutte antimafia, dans l’impressionnante chute de la criminalité, qui a fait de New York l’une des grandes villes les plus sûres du pays. Sa saine gestion des finances municipales était aussi soulignée. Mais nombreux étaient ceux, en particulier parmi les minorités noire et hispanique, qui ne lui pardonnaient pas son soutien inconditionnel aux forces de l’ordre, même au lendemain de bavures. Son style autoritaire, son ton volontiers cassant, sa croisade contre le musée de Brooklyn à cause d’une toile qu’il jugeait offensante envers la vierge Marie, lui étaient reprochés. Dans les derniers mois de son mandat, sa campagne avortée (pour raisons de santé) contre Hillary Clinton pour le poste de sénateur représentant à Washington l’État de New York et ses déboires conjugaux tournant au vaudeville municipal avaient fait pâlir son étoile. Toutefois, partisans et adversaires lui reconnaissaient déjà un talent particulier pour gérer les situations de crise : que ce soit un incendie, un ouragan, un accident ou l’approche d’une tempête de neige, il était là, casquette sur la tête au milieu de la nuit, pour assurer devant les caméras que tout ce qui pouvait être préparé l’avait été. L’inimaginable tragédie du World Trade Center lui a permis de donner toute sa mesure et l’a transformé en star planétaire. Il est monté en novembre – une première pour un maire de New York – à la tribune de l’Assemblée générale de l’Onu pour exhorter les pays amis à soutenir l’Amérique dans sa campagne antiterroriste. Il a été fait Chevalier d’Honneur par la reine d’Angleterre, et a été reçu lors de ses rares déplacements à l’étranger avec les honneurs réservés aux chefs d’État. Dans tout le pays, les candidats républicains aux prochaines élections rêvent de le voir mener campagne à leurs côtés. Il refuse d’évoquer son avenir immédiat, en dehors d’un contrat de trois millions de dollars pour deux livres, mais son nom circule pour des postes comme directeur de la CIA, ou encore cadre de très haut rang chez des géants de l’économie américaine. Il pourrait, selon des proches, choisir de fonder sa propre société de conseil en gestion de crises. Il n’a livré qu’une confidence, qui n’est pas du genre à rassurer Michael Bloomberg : quand cela lui sera possible dans quatre ans, il pourrait envisager de tenter de récupérer son fauteuil à City Hall, selon lui «le meilleur job du monde».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Rudolph Giuliani, désigné «Personnalité de l’année» par le magazine Time après avoir été surnommé «Maire de l’Amérique» pour sa gestion de la crise née des attentats aux avions-suicide contre les tours du World Trade Center le 11 septembre, quittera dans quelques jours, en pleine gloire, son poste de maire de New York. Alors qu’il s’apprête à passer le relais au milliardaire Michael Bloomberg à Times Square dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, celui que ses administrés et le reste de l’Amérique appellent «Rudy» bénéficie d’indices de popularité sans précédent, tournant aux environ de 80 %. S’il n’avait été touché par la loi limitant à deux le cumul des mandats, tout porte à croire qu’il aurait été triomphalement réélu. Ne pouvant l’être, il a quasiment désigné son...