Présentes dans les allocutions, les Afghanes étaient en revanche bien peu nombreuses samedi à Kaboul à la cérémonie d’investiture du nouveau gouvernement. Médecin, directrice d’une clinique de la capitale, Raïma Stanagzaï a été invitée par la «commission de transition» chargée par le ministère de l’Intérieur d’orchestrer les festivités. «Je suis heureuse, cette journée est un tournant», dit-elle doucement. Cette femme élégante aux ongles nacrés et au foulard brodé souhaite «la paix, un gouvernement central fort des moyens pour l’éducation», avant de rejoindre une poignée de consœurs regroupées en arrière de l’immense hall de cérémonie. Parmi elles, des militantes toutes de noir vêtues de l’Organisation des femmes islamiques, mais aussi une militante féministe, Soraya Parlika, qui dit son «bonheur». «Cette cérémonie était fantastique», estime-t-elle, «satisfaite des déclarations d’intentions» des différents intervenants. De fait, le nouveau numéro un afghan, Hamid Karzaï, a évoqué leur sort dans une des douze résolutions devant gouverner son action. «Non seulement nous avons un immense respect pour les femmes afghanes, qui constituent plus de 50 % de notre population, mais cette administration leur donnera leurs pleins droits, conformément à la loi», a-t-il assuré. Parmi les 30 membres du gouvernement, figurent ainsi deux femmes, Suhaila Sidiq et Sima Samar, installées samedi dans les premiers rangs de la tribune officielle. Deux femmes médecins au beau visage grave, l’une directrice de l’hôpital militaire de Kaboul, l’autre responsable de centres de soins pour réfugiés au Pakistan, toutes deux reconnues pour leur force de caractère et leur compétence. L’envoyé de l’Onu, Lakhdar Brahimi, a de nouveau souligné samedi que les femmes et les fillettes avaient particulièrement été «opprimées et empêchées» de participer à la vie sociale, tandis que le Belge Louis Michel, représentant européen, souhaitait «un avenir prospère avec des hommes et des femmes contribuant ensemble, de la même manière, à façonner le futur». Dans un coin, Nilab Mobarez, Afghane, médecin orthopédiste dans la région parisienne, avouait son émotion : «C’est incroyable, j’ai du mal à y croire», avoue cette femme, à Kaboul pour quelques semaines pour aider la «commission de transition». Elle était samedi une des rares à laisser parfois son foulard glisser sur ses épaules.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Présentes dans les allocutions, les Afghanes étaient en revanche bien peu nombreuses samedi à Kaboul à la cérémonie d’investiture du nouveau gouvernement. Médecin, directrice d’une clinique de la capitale, Raïma Stanagzaï a été invitée par la «commission de transition» chargée par le ministère de l’Intérieur d’orchestrer les festivités. «Je suis heureuse, cette journée est un tournant», dit-elle doucement. Cette femme élégante aux ongles nacrés et au foulard brodé souhaite «la paix, un gouvernement central fort des moyens pour l’éducation», avant de rejoindre une poignée de consœurs regroupées en arrière de l’immense hall de cérémonie. Parmi elles, des militantes toutes de noir vêtues de l’Organisation des femmes islamiques, mais aussi une militante féministe, Soraya Parlika, qui dit son...