Quatre mois après son élection, le nouveau patriarche de l’Église grecque-orthodoxe en Terre sainte, Irineos Ier, attend toujours la bénédiction officielle d’Israël, qui avait tenté de bloquer sa désignation. Irineos Ier a accédé le 13 août à ce poste de chef de l’Église grecque-orthodoxe en Terre sainte en remplacement de Diodoros Ier, mort en décembre 2000. Pour «des raisons de sécurité», Israël s’était, dans un premier temps, opposé à la candidature d’Irineos Ier, qu’il percevait comme «le candidat des Palestiniens», ainsi qu’à celles de quatre autres postulants. Et le gouvernement israélien n’a toujours pas entériné son élection, ce qui menace de provoquer un incident sans précédent entre l’État hébreu et les Églises chrétiennes en Terre sainte. Faisant cause commune avec le patriarche grec-orthodoxe, les chefs des autres Églises ont, en effet, menacé de boycotter la traditionnelle cérémonie de vœux pour la nouvelle année, qui doit se dérouler la semaine prochaine à la présidence de l’État. «Ou bien d’ici là la controverse est réglée, ou bien le patriarche ne pourra pas être reçu par le président Moshé Katsav, et avec lui personne d’autre au sein de notre Église ni dans aucune autre communauté chrétienne», avertit un haut responsable du patriarcat grec-orthodoxe sous le couvert de l’anonymat. Selon lui, les autres patriarches de Jérusalem ont «exprimé leur solidarité» avec Irineos Ier. L’Église grecque-orthodoxe a accusé Israël d’avoir violé la liberté religieuse en rejetant les candidats et qualifié cette opposition d’«ingérence inacceptable dans la vie du patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem». Selon une loi ottomane de 1875 et une loi jordanienne de 1958, l’autorité politique en Terre sainte a un droit de regard sur les candidats au patriarcat. L’archêveque Aristarchos, secrétaire général du patriarcat grec-orthodoxe, souligne que «l’accord d’Israël (à l’élection d’Irineos Ier) est nécessaire pour la gestion de nombreux dossiers liés notamment aux rapports avec l’État». «Je ne comprends pas pourquoi Israël agit ainsi alors que l’élection est un acte sacré de l’Église. Il faut que les bonnes relations entre l’Église et l’État d’Israël se maintiennent», souligne-t-il. «Cette ingérence fait partie de la politique israélienne de judaïsation de la Ville sainte occupée», affirme, pour sa part, Marouane Toubassi, président de la Conférence orthodoxe arabe en Palestine. «Les Églises en Terre sainte, arabes pour la plupart, subissent des pressions des pays musulmans et de l’Autorité palestinienne», rétorque Yonathan Ben Ari, responsable des relations internationales au ministère des Cultes israélien. «Plus catholiques que le pape, (les responsables grecs-orthodoxes) ne peuvent pas dire du bien d’Israël», ajoute-t-il. «Le choix (du patriarche) doit être approuvé par la Jordanie, l’Autorité palestinienne et Israël», insiste Cesare Marjieh, qui dirige le département des communautés chrétiennes au ministère des Cultes. «Sans l’aval d’Israël, l’Église ne pourra pas fonctionner», ajoute-t-il, sans expliquer la raison pour laquelle Israël n’a pas entériné l’élection du patriarche ni dire si l’État juif a l’intention de le faire un jour. L’Église orthodoxe compte près de 200 millions de membres à travers le monde et est la plus importante communauté chrétienne en Terre sainte. Le patriarcat de Jérusalem a été fondé en 451 par le concile de Chalcédoine et contrôle des biens considérables, en particulier fonciers, en Israël, Cisjordanie, Jordanie et les pays voisins.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Quatre mois après son élection, le nouveau patriarche de l’Église grecque-orthodoxe en Terre sainte, Irineos Ier, attend toujours la bénédiction officielle d’Israël, qui avait tenté de bloquer sa désignation. Irineos Ier a accédé le 13 août à ce poste de chef de l’Église grecque-orthodoxe en Terre sainte en remplacement de Diodoros Ier, mort en décembre 2000. Pour «des raisons de sécurité», Israël s’était, dans un premier temps, opposé à la candidature d’Irineos Ier, qu’il percevait comme «le candidat des Palestiniens», ainsi qu’à celles de quatre autres postulants. Et le gouvernement israélien n’a toujours pas entériné son élection, ce qui menace de provoquer un incident sans précédent entre l’État hébreu et les Églises chrétiennes en Terre sainte. Faisant cause commune avec le...