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Actualités - Chronologies

Bioterrorisme : les leçons tirées d’un automne sombre

Plusieurs responsables américains de la santé, réunis en congrès à Chicago (Illinois), ont estimé que le pays avait tiré les leçons d’un automne sombre en se préparant à d’autres actes de bioterrorisme par la relance d’un système de santé public longtemps négligé. Scott Lillibridge, arrivé au département de la Santé dans les jours suivant les attentats du 11 septembre pour coordonner la préparation du pays à la menace bioterroriste, s’est félicité de l’enveloppe budgétaire qui y sera consacrée en 2002, «de l’ordre de deux milliards de dollars», multipliée par dix par rapport au budget ordinaire 2001. Outre la mise en place d’un réseau de 150 laboratoires capable de dépister de nouveaux cas de maladie du charbon, variole et autres agents infectieux, Stephen Morse des Centres de contrôle des maladies (CDC) d’Atlanta en Géorgie a fait état de la création d’un système d’échange d’informations issu du «constat de notre incapacité à organiser un suivi» des alertes bioterroristes. M. Lillibridge, qui avant son arrivée à Washington était responsable de la préparation au bioterrorisme pour les CDC, a insisté sur la nécessité de «reconstruire un système de santé public négligé», seul rempart contre une attaque bactériologique. Selon lui, l’Administration a aussi tiré les leçons du déficit de communication qui avait entouré les premiers cas de maladie du charbon dépistés aux États-Unis en octobre, par la formation de «personnes capables de parler» en situation de crise et la préparation de recommandations au public qui serviront en cas de nouvelle attaque. La variole, l’un des principaux vecteurs du bioterrorisme, ne devrait plus être une menace pour les États-Unis d’ici la fin 2002, s’est félicité un autre responsable des CDC, James LeDuc, en détaillant la façon dont le pays avait prévu de reconstituer ses stocks pour être en mesure de vacciner toute la population américaine. Les microbiologistes, principaux suspects Outre les 15 millions de doses existantes de vaccin «qui seront diluées à un cinquième, produisant 75 millions de doses», les États-Unis prendront livraison de 55 millions de doses commandées au groupe pharmaceutique britannique Acambis en 2000, auxquelles s’ajoutent les 155 millions de doses commandées fin 2001, conjointement à Acambis et Baxter, a précisé M. LeDuc. Ronald Atlas, président élu de l’American Society for Microbiology, organisateur de la 41e conférence internationale sur les agents antimicrobiens, a expliqué avec humour que les microbiologistes étaient devenus «les principaux suspects» de l’attaque au charbon, en raison des connaissances scientifiques nécessaires pour fabriquer ou manipuler les spores de cette bactérie. Mais il a insisté sur la façon dont la profession avait accepté le durcissement des règles en matière d’échanges d’agents infectieux. «Nous ne devons plus échanger d’agents en dehors de cette série de réglementations», a-t-il dit, en référence à un projet de loi actuellement examiné au Congrès. Le colonel Ted Cieslak, ancien membre du laboratoire de recherche sur les maladies infectieuses de l’armée (Usamriid) de Fort Detrick (Maryland) a pour sa part estimé que c’était maintenant aux spécialistes «de faire passer l’information» pour que tout le milieu médical soit sur ses gardes et prêt à réagir à la première alerte. Pour l’officier, qui dirige désormais le Brooke Army Medical Center de Fort Sam Houston (Texas), la tâche la plus difficile des personnels de santé face à une future attaque terroriste sera d’en déterminer la nature. «Si vous savez à quel agent vous avez affaire, la réponse est assez évidente», a-t-il dit en expliquant que dans le cas contraire la priorité devait être donnée à l’interprétation des signes cliniques, qui dans le cas des principaux agents bioterroristes ne trompent pas. Et à l’administration rapide d’un traitement le plus large possible, en attendant de connaître avec précision les caractéristiques de l’agent infectieux.
Plusieurs responsables américains de la santé, réunis en congrès à Chicago (Illinois), ont estimé que le pays avait tiré les leçons d’un automne sombre en se préparant à d’autres actes de bioterrorisme par la relance d’un système de santé public longtemps négligé. Scott Lillibridge, arrivé au département de la Santé dans les jours suivant les attentats du 11 septembre pour coordonner la préparation du pays à la menace bioterroriste, s’est félicité de l’enveloppe budgétaire qui y sera consacrée en 2002, «de l’ordre de deux milliards de dollars», multipliée par dix par rapport au budget ordinaire 2001. Outre la mise en place d’un réseau de 150 laboratoires capable de dépister de nouveaux cas de maladie du charbon, variole et autres agents infectieux, Stephen Morse des Centres de contrôle des...