Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Mystère autour des scientifiques nucléaires pakistanais détenus par Islamabad

Depuis les attentats du 11 septembre aux États-Unis, le Pakistan ne cesse de clamer que ses secrets nucléaires sont bien gardés, mais la détention prolongée de deux scientifiques de haut niveau soulève de plus en plus de questions. Sultan Bashiruddin Mahmood et Abdul Majeed, à la retraite depuis trois ans après avoir été longtemps employés par la Commission pakistanaise de l’énergie atomique (PAEC), sont détenus depuis plusieurs semaines par les services de renseignements militaires dans un endroit tenu secret. Aucune accusation formelle n’a été prononcée contre eux, mais des responsables pakistanais ont indiqué qu’une enquête se poursuivait sur des liens éventuels avec Oussama Ben Laden et son réseau el-Qaëda en Afghanistan. La presse n’a pas accès à leurs familles, y compris à la mère de Mahmood, qui a saisi un tribunal pour dénoncer la détention «sans fondement» de son fils. «Ils sont détenus pour évaluer l’étendue de leur implication et des liens avec les talibans et el-Qaëda», a expliqué un responsable pakistanais, qui a requis l’anonymat. Par ailleurs, toute information pertinente sur leurs dossiers est partagée avec les États-Unis, ont indiqué les autorités. Outre des articles de presse publiés régulièrement à Islamabad, l’affaire a suscité une certaine inquiétude dans les milieux occidentaux, les États-Unis ayant toujours redouté des fuites de secrets et de matériels nucléaires pakistanais vers des pays inamicaux ou des organisations terroristes. Le Pakistan, qui soutient Washington dans la campagne militaire en cours en Afghanistan, est officiellement entré dans le petit club des pays disposant de l’arme atomique en mai 1998 lorsqu’il a effectué une série d’essais, parallèlement à ceux de son grand voisin et rival, l’Inde. Depuis le 11 septembre, le gouvernement militaire d’Islamabad s’est montré irrité face aux critiques sur les risques éventuels liés à son dispositif nucléaire. «Nous avons un excellent système de commandement et de contrôle en place et il est impensable qu’il tombe dans de mauvaises mains», a assuré le général-président Pervez Musharraf. Dans leurs déclarations publiques, les responsables pakistanais minimisent l’affaire Mahmood/Majeed, affirmant que les deux hommes n’avaient pas accès à des secrets nucléaires et qu’ils ne font actuellement l’objet d’une enquête que pour violations de règles non précisées s’appliquant aux scientifiques à la retraite. Pendant sa longue carrière à la PAEC, dont il a été l’un des directeurs, M. Mahmood a été associé au programme nucléaire pakistanais. À un moment, il a supervisé des opérations d’extraction d’uranium. M. Majeed était son adjoint. L’inquiétude de autorités réside dans le fait que les deux hommes ont fondé, après leur départ à la retraite, deux organisations privées d’entraide musulmane, la Holy Koran Foundation et la National Reconstruction of Ummah (nation islamique), et qu’ils ont effectué de fréquents voyages en Afghanistan. «Leurs organisations étaient engagées dans des projets de développement agricoles en Afghanistan et ils ont été en contact avec des officiels talibans», a indiqué un responsable pakistanais. Les autorités d’Islamabad ont cependant démenti avec force que les deux hommes aient transmis des informations sensibles sur la technologie nucléaire pendant leurs séjours en Afghanistan. Un récent article publié par le New York Times a établi un lien possible entre les deux scientifiques pakistanais et un laboratoire d’el-Qaëda découvert à Kaboul et qui aurait eu la capacité de produire des souches de la maladie du charbon. «L’enquête n’a pas établi un tel lien», a déclaré le général Rashid Qureshi, porte-parole du régime militaire à Islamabad.
Depuis les attentats du 11 septembre aux États-Unis, le Pakistan ne cesse de clamer que ses secrets nucléaires sont bien gardés, mais la détention prolongée de deux scientifiques de haut niveau soulève de plus en plus de questions. Sultan Bashiruddin Mahmood et Abdul Majeed, à la retraite depuis trois ans après avoir été longtemps employés par la Commission pakistanaise de l’énergie atomique (PAEC), sont détenus depuis plusieurs semaines par les services de renseignements militaires dans un endroit tenu secret. Aucune accusation formelle n’a été prononcée contre eux, mais des responsables pakistanais ont indiqué qu’une enquête se poursuivait sur des liens éventuels avec Oussama Ben Laden et son réseau el-Qaëda en Afghanistan. La presse n’a pas accès à leurs familles, y compris à la mère de Mahmood, qui a...