Merci de nous contacter pour un «entretien volontaire» : plutôt qu’une convocation autoritaire, les autorités du Michigan ont choisi l’invitation à collaborer pour interroger des centaines d’immigrants du Proche-Orient dans le cadre de l’enquête sur les attentats du 11 septembre ; des lettres ont été envoyées à cet effet lundi par le procureur Jeffrey Collins à des habitants de la région de Detroit venus «de pays où existent des groupes qui soutiennent, défendent ou financent le terrorisme international». «Nous n’avons aucune raison de croire que vous êtes, en aucune façon, associés à des activités terroristes», indique cependant la lettre. Ces missives sont envoyées dans l’espoir que quelqu’un puisse fournir des indices sur les attentats terroristes qui ont fait quelque 4 200 morts ou disparus aux États-Unis. Elles entrent dans le cadre d’une vaste enquête du département de la Justice sur 5 000 personnes arrivées aux États-Unis depuis moins de deux ans et que les autorités judiciaires souhaitent entendre. «Nous nous attendons à une collaboration» de ces personnes, a affirmé le procureur Collins lors d’une conférence de presse lundi. «Les entretiens sont volontaires. Ils sont consensuels et personne ne sera maltraité», a-t-il assuré. Les entretiens doivent être menés par des responsables de la police locale, probablement en présence d’un agent du FBI. Les personnes sollicitées sont invitées à appeler le bureau du procureur avant le 4 décembre pour prendre rendez-vous. Elles seront interrogées à une date et dans un lieu de leur choix, avec l’aide éventuelle d’un interprète. «Nous permettons aux gens de déterminer le lieu (de l’entretien), vraisemblablement dans un endroit où elles se sentent à l’aise pour parler avec un officier de police», a indiqué M. Collins. Selon lui, les questions portant sur la religion et les pratiques religieuses seront interdites et ceux qui conduiront les entretiens n’auront pas autorité pour agir si des questions relatives à la situation de la personne interrogée vis-à-vis des services d’immigration sont soulevées. Cependant, les informations recueillies pourraient être communiquées aux services d’immigration. «Si quelqu’un indique qu’il ne souhaite pas coopérer, alors l’entretien ou le processus s’arrêtera», a également indiqué le procureur, en refusant d’évoquer les scénarios possibles si la personne ne répond pas à la lettre. Selon M. Collins, plus de 200 des personnes sollicitées pour ces entretiens vivent à Dearborn, près de Detroit, où habitent la plupart des 300 000 personnes originaires du Proche-Orient installées dans cet État. Environ 550 d’entre elles sont entrées aux États-Unis avec des visas étudiant. «J’encourage les gens à coopérer», a déclaré Osama Siblani, rédacteur en chef du journal Arab American News de Dearborn, pour qui les autorités doivent trouver les personnes impliquées dans les attentats du 11 septembre. Cependant, «j’ai des réserves sur la méthode qu’ils utilisent. C’est tellement effrayant et cela prête à confusion», ajoute-t-il. «Nous avons entendu des informations contradictoires. Même si les entretiens sont volontaires, c’est néanmoins intimidant».
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