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Actualités - Chronologies

Pour les guerriers tribaux pakistanais, l’aventure afghane a tourné court

Ils étaient partis la fleur au fusil en Afghanistan, mener le jihad (guerre sainte) aux côtés des talibans. Beaucoup sont rentrés au Pakistan quelques semaines plus tard sans avoir tiré un coup de fusil, avec le sentiment diffus d’avoir été trahis. Des milliers de guerriers tribaux pakistanais étaient entrés fin octobre en Afghanistan, poussés par leur leader, Soofi Mohammed, chef du Tehreek Nifaz-e-Shariat Mohammadi (TNSM – Parti pour la stricte application du code islamique). Malgré le refus des talibans, qui avaient répété à plusieurs reprises ne pas avoir besoin de renforts, ces Pachtouns, habitant les zones tribales pakistanaises, avaient franchi par vagues successives la frontière, pour «défendre l’émirat islamique d’Afghanistan» contre «la coalition des infidèles». Selon des sources dans les zones tribales pakistanaises, de nombreux guerriers ont été tués, notamment à Mazar-i-Sharif (nord de l’Afghanistan), et quelque 2 000 seraient portés disparus. Les autres sont rentrés discrètement chez eux. «J’ai franchi la frontière avec un groupe de 450 personnes. Nous sommes restés quelques jours à Jalalabad (est) puis nous avons été envoyés sur Kaboul», raconte Bakht Wali, un homme frêle d’une cinquantaine d’années. Turban noir, barbe blanche, ce fermier de 50 ans, assis sur son tapis au milieu des montagnes de Chakdara (nord-ouest), n’a pas la carrure d’un combattant aguerri. «Les talibans décidaient. Ils nous ont divisés en groupe et nous ont envoyés sur différentes lignes de front. Avec une centaine d’autres, je suis parti sur une ligne au nord de Kaboul», raconte Wali, qui précise s’être acheté lui-même son arme et n’avoir reçu aucune aide financière. Assis à ses côtés, un autre guerrier, Fazel Mohammed, lui aussi parti trois semaines en Afghanistan, renchérit : «Nous n’étions pas des mercenaires. Nous n’étions pas payés. Nous sommes partis faire notre devoir». Mais, tandis que Fazel s’enflamme sur le jihad, la défense de l’islam et la victoire inévitable à long terme des talibans, Wali, lui, raconte une autre histoire. «Sur ma position, il n’y avait que des volontaires pakistanais. Nous étions armés de Kalachnikov, et en face, l’Alliance du Nord nous bombardait avec de l’artillerie lourde, des mortiers, des chars. Une nuit, nous sommes partis, chacun de notre côté. Je n’ai pas tiré une seule balle», avoue-t-il, expliquant qu’il n’avait pas d’autre choix que de rentrer au Pakistan. Interrogé sur ses conditions de vie en Afghanistan, Wali répond avec une sorte de candeur : «La vie a été très difficile. Il n’y avait pas de musulmans sincères et dévots. Beaucoup prétendaient être des talibans, mais je me suis aperçu que les vrais talibans étaient peu nombreux», raconte-t-il, se disant «trahi» par ces gens qui «ne sont pas de vrais musulmans, dont les actes sont en contradiction avec les paroles».
Ils étaient partis la fleur au fusil en Afghanistan, mener le jihad (guerre sainte) aux côtés des talibans. Beaucoup sont rentrés au Pakistan quelques semaines plus tard sans avoir tiré un coup de fusil, avec le sentiment diffus d’avoir été trahis. Des milliers de guerriers tribaux pakistanais étaient entrés fin octobre en Afghanistan, poussés par leur leader, Soofi Mohammed, chef du Tehreek Nifaz-e-Shariat Mohammadi (TNSM – Parti pour la stricte application du code islamique). Malgré le refus des talibans, qui avaient répété à plusieurs reprises ne pas avoir besoin de renforts, ces Pachtouns, habitant les zones tribales pakistanaises, avaient franchi par vagues successives la frontière, pour «défendre l’émirat islamique d’Afghanistan» contre «la coalition des infidèles». Selon des sources dans les zones...