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Actualités - Chronologies

Les Allemandes et les Françaises

À Paris, pour la première fois dans la Venice Cup en finale il n’y avait pas d’équipe américaine et la finale opposait donc deux équipes européennes, la France et l’Allemagne. La France avait dominé la poule de qualification et gagné facilement ses matchs en quart et demi-finales. L’Allemagne avait connu des difficultés au début mais avait terminé très fort pour parvenir en finale. Pour la finale, les deux équipes avaient fait confiance à leurs quatuors de base, Bessis – D’Ovidio et Cronier – Willard pour la France et Auken – Von Arnim, Nehmert – Rauscheid pour l’Allemagne. Au début du match, la France profita de quelques erreurs des joueuses allemandes pour prendre une avance considérable. Les Allemandes reprirent quelques points au cours du quatrième segment mais à la fin du cinquième segment, la France avait 49 points d’avance et il ne restait que 16 donnes à jouer. Et il faut admirer la volonté des Allemandes qui ne baissèrent pas les bras et qui, grâce à quelques coups brillants, réduisirent progressivement leur déficit et finirent par remporter le titre par un écart de 2 points pour la seconde fois. Le niveau de jeu fut excellent chez les deux équipes et, de l’avis de certains experts, meilleur que dans la Bermuda Bowl. Deux joueuses se distinguèrent particulièrement: Catherine D’Ovidio pour la France et Daniela Von Arnim pour l’Allemagne. Voici une main brillamment exécutée par D’Ovidio dans la demi-finale contre l’équipe USA II: Nord donneur. Tous vulnérables. Les enchères d’E.O.: Est Ouest 1P 3P 3 S.A. 4 T 4 K 4 C 4 P 5 K (contre) 6 P passe Petra Hamman en Sud entama son singleton à carreau. Nord prit de l’As et retourna cœur pour l’As de la déclarante. Avec la distribution actuelle, il y a plusieurs lignes de jeu gagnantes. On peut tirer les atouts, couper les trèfles et gagner car les atouts adverses sont 2-2 et les trèfles 4-3, mais c’est très chanceux. D’Ovidio chercha une meilleure ligne de jeu. Elle joua un second carreau. Sud coupa du six et le mort surcoupa de la Dame. Elle retourna en main par un atout et les deux adversaires fournirent, mais qui avait le dernier atout? Si c’est Nord, D’Ovidio peut tirer le dernier carreau et terminer en double coupe. Mais elle réalisa qu’elle n’avait pas à prendre ce risque et qu’il y avait une ligne de jeu alternative qui exigeait que Sud, qui a un singleton à carreau, soit long à trèfle ce qui est très probable. Pour préparer le squeeze et isoler la menace, elle joua la Dame de trèfle à la cinquième levée, couverte du Roi et de l’As, puis coupa un trèfle, tira le dernier atout adverse, coupa un carreau, coupa un trèfle, tira le Roi de carreau et joua ensuite le dernier atout. Nord qui a le dernier carreau ne peut garder les cœurs et pourvu que Sud ait la garde à trèfle, elle est squeezée à cœur et trèfle. C’est une fin de coup de double squeezée, bien que, en pratique, avec la distribution actuelle, seulement Sud est squeezé. Dommage pour D’Ovidio qui avait trouvé la meilleure ligne de jeu, que d’autres lignes inférieures gagnaient aussi. À l’autre table, les Américaines avaient nommé quatre piques seulement, fait 12 levées et perdu ainsi 11 IMPs. De l’avis unanime, c’est surtout la performance de Daniela Von Arnim qui permit à l’Allemagne de revenir au score lors du dernier segment de la finale. Voici le premier d’une série de coups brillants qu’elle produisit: Ouest donneur. Tous vulnérables. Les enchères: O N E S passe passe passe 1 C 1 P contre 2 P contre passe 2 S.A. passe 3 C Bessis en Ouest entama du quatre de trèfle et Von Arnim prit de l’As du mort. Elle joua ensuite pique du mort pour le dix de la main et le valet d’Ouest. Bessis retourna le valet de carreau et Von Arnim prit la précaution de laisser passer pour couper les communications de la défense. Bessis continua du neuf de carreau pour l’As de Sud. La clé du coup consiste à deviner la position des cœurs. Von Arnim savait maintenant qu’Ouest possédait le Roi et le Valet de carreau et rien à trèfle. Il semble donc qu’elle a la Dame de cœur pour justifier son intervention et, après une longue réflexion, elle décida de faire l’impasse de position à l’envers en partant du valet de cœur de la main et fut récompensée quand le Valet fit la levée. Elle coupa ensuite un pique du mort, tira le Roi de cœur, coupa un carreau pour tirer son dernier atout et faire son contrat sous les applaudissements du public.
À Paris, pour la première fois dans la Venice Cup en finale il n’y avait pas d’équipe américaine et la finale opposait donc deux équipes européennes, la France et l’Allemagne. La France avait dominé la poule de qualification et gagné facilement ses matchs en quart et demi-finales. L’Allemagne avait connu des difficultés au début mais avait terminé très fort pour parvenir en finale. Pour la finale, les deux équipes avaient fait confiance à leurs quatuors de base, Bessis – D’Ovidio et Cronier – Willard pour la France et Auken – Von Arnim, Nehmert – Rauscheid pour l’Allemagne. Au début du match, la France profita de quelques erreurs des joueuses allemandes pour prendre une avance considérable. Les Allemandes reprirent quelques points au cours du quatrième segment mais à la fin du cinquième segment, la...