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Actualités - Chronologies

L’insouciance des combattants est souvent - dangereuse pour les reporters

Les combattants afghans ont une approche insouciante de la guerre et prennent peu de précautions pour protéger ceux qui les accompagnent, comme l’a montré dimanche la mort de trois journalistes français et allemand sur un char tombé dans une embuscade des taliban. Le mois dernier, bien avant que les combats atteignent leur intensité d’aujourd’hui, des reporters travaillant dans les territoires tenus par l’Alliance du Nord (opposition antitaliban) ont frôlé la mort à plusieurs reprises. La première nuit des bombardements américains, le 7 octobre, alors qu’ils cherchaient à voir les missiles tombant sur Kaboul, un groupe a été conduit dans un endroit dégagé tout près du front. Peu après l’arrivée de leur convoi de jeeps, tous phares allumés, une pluie d’obus est tombée tout près, semant la panique. Les combattants antitaliban, dont certains font la guerre depuis l’invasion soviétique de 1979, sont habitués à risquer leur vie en permanence. Du coup, ils oublient que les non-combattants ont une approche différente. Un reporter, un photographe et un assistant travaillant pour l’hebdomadaire américain Newsweek l’ont appris une nuit en visitant la ligne de front au village de Sinjeddarah (nord de Kaboul). Ils étaient à peine descendus de leur voiture quand l’artillerie des taliban, distante d’un kilomètre, a commencé à les bombarder. Les combattants antitaliban, restés debout et décontractés, ont ri en voyant les journalistes se jeter à terre, le visage dans la poussière. Plus tard, alors qu’ils montaient vers un poste avancé sur une colline, les trois journalistes se sont arrêtés un instant pour souffler. Cette halte leur a sauvé la vie, des obus de mortier explosant au sommet juste au-dessus d’eux. Ils s’en sont sortis sains et saufs, même si l’un d’entre eux a été projeté à plusieurs mètres par le souffle de l’explosion. Certains chefs de l’Alliance du Nord sont des militaires sérieux, qui prennent soin de la sécurité de leurs hommes et des journalistes étrangers. Mais d’autres, tel le commandant Shahwali, qui a combattu en Tchétchénie contre les Russes dans les années 1994-96, ont des comportements qui s’apparentent à ceux de déséquilibrés. Avec un large sourire, il a escorté des journalistes vers un abri de terre sur la ligne du front pour observer les bombardements nocturnes de l’aviation américaine, sans prêter attention aux balles de tireurs d’élite qui sifflaient tout près du groupe. Hurlant à cause de sa surdité, l’officier à la barbe noire racontait avec désinvolture avoir tiré 2 400 coups de bazooka dans sa vie, alors que les journalistes le suivaient, pliés en deux. Il les a conduits à 150 mètres des mitrailleuses des taliban.
Les combattants afghans ont une approche insouciante de la guerre et prennent peu de précautions pour protéger ceux qui les accompagnent, comme l’a montré dimanche la mort de trois journalistes français et allemand sur un char tombé dans une embuscade des taliban. Le mois dernier, bien avant que les combats atteignent leur intensité d’aujourd’hui, des reporters travaillant dans les territoires tenus par l’Alliance du Nord (opposition antitaliban) ont frôlé la mort à plusieurs reprises. La première nuit des bombardements américains, le 7 octobre, alors qu’ils cherchaient à voir les missiles tombant sur Kaboul, un groupe a été conduit dans un endroit dégagé tout près du front. Peu après l’arrivée de leur convoi de jeeps, tous phares allumés, une pluie d’obus est tombée tout près, semant la panique. Les...