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Actualités - Chronologies

Moscou et Washington : les taliban exclus du futur pouvoir en Afghanistan

Américains et Russes se sont prononcés hier contre la présence «en tant que mouvement» des taliban dans le futur pouvoir en Afghanistan, laissant ouverte la question de leur participation à titre individuel. Washington et Moscou, alliés-clé de la coalition antiterroriste, «sont d’accord pour que les taliban en tant que mouvement n’aient pas de place dans les futures institutions de ce pays», a indiqué hier une déclaration conjointe publiée à Moscou à l’issue d’entretiens du secrétaire d’État adjoint Richard Armitage et du vice-ministre russe des Affaires étrangères Viatcheslav Troubnikov. Cette déclaration reprend la position de Washington qui n’a pas totalement exclu, notamment par la voix du secrétaire d’État Colin Powell le 16 octobre dernier, que certains taliban, les prétendus «modérés», participent au futur gouvernement. Elle constitue à ce titre une concession apparente des Russes qui avaient auparavant totalement exclu la participation des taliban en tant que tels au futur gouvernement. Vladimir Poutine avait appuyé la position de l’Alliance du Nord le 22 octobre dernier à Douchanbé au Tadjikistan, en excluant la participation à un futur gouvernement des taliban «qui se sont compromis avec des terroristes internationaux». Les Russes ont accusé à de nombreuses reprises Oussama Ben Laden et le régime des taliban, de soutenir en armes et en combattants les indépendantistes tchétchènes que Moscou considère comme des terroristes. Le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov avait également estimé qu’il n’était «pas possible de faire la différence entre taliban modérés et taliban non modérés». Dans le même temps, Washington et Moscou se prononcent pour la formation d’un gouvernement «multi-ethnique sur une large base», selon le texte de la déclaration. L’ethnie pachtoune, dont sont issus les talibans, est majoritaire en Afghanistan alors que l’Alliance du Nord s’appuie sur des ethnies minoritaires comme les Tadjiks ou les Ouzbeks. Les Russes se sont prononcés à plusieurs reprises en revanche pour une participation des Pachtounes au futur gouvernement, faisant valoir que le mouvement des taliban «ne peut pas être associé automatiquement» avec cette ethnie majoritaire, tout comme «le mouvement nazi ne peut l’être avec la population allemande dans son ensemble». Les deux pays soulignent dans la déclaration que l’avenir de ce pays est «une prérogative exclusive du peuple afghan» et réaffirment «le rôle central des Nations unies dans les efforts internationaux pour résoudre le conflit afghan». Alors que la Russie compte quelque 20 millions de musulmans, dans leur majorité opposés aux frappes américaines, la déclaration commune souligne que «le combat engagé» en Afghanistan vise «le terrorisme et non l’islam».
Américains et Russes se sont prononcés hier contre la présence «en tant que mouvement» des taliban dans le futur pouvoir en Afghanistan, laissant ouverte la question de leur participation à titre individuel. Washington et Moscou, alliés-clé de la coalition antiterroriste, «sont d’accord pour que les taliban en tant que mouvement n’aient pas de place dans les futures institutions de ce pays», a indiqué hier une déclaration conjointe publiée à Moscou à l’issue d’entretiens du secrétaire d’État adjoint Richard Armitage et du vice-ministre russe des Affaires étrangères Viatcheslav Troubnikov. Cette déclaration reprend la position de Washington qui n’a pas totalement exclu, notamment par la voix du secrétaire d’État Colin Powell le 16 octobre dernier, que certains taliban, les prétendus «modérés»,...