Les Nations unies envisagent d’utiliser des chasse-neige et des avions-cargo pour apporter les vivres humanitaires que des millions d’Afghans vont nécessiter dans quelques semaines. En décembre, selon les prévisions de l’organisation, jusqu’à 3,5 millions de civils pourraient être «totalement dépendants» de l’aide extérieure, suite à l’offensive menée par les États-Unis. Cette aide existe, le problème est déjà et sera encore plus de la distribuer dans la rigueur de l’hiver. L’Onu négocie donc actuellement l’achat de vingt chasse-neige, a expliqué Khaled Mansour, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM). Il a précisé que le PAM devrait aussi louer «quatre à six» avions-cargo, pour acheminer l’aide par air. Cette campagne de largages aériens n’est pas encore officiellement inscrite à l’agenda de l’Onu mais, selon Khaled Mansour, «il est probable qu’il y en ait une». Le but sera d’ouvrir ou de contourner les routes de ce pays au relief accidenté. L’action des agences de l’Onu risque d’être paralysée par le froid, – la température chute jusqu’à 20 degrés en dessous de zéro –, alors qu’elles sont déjà soumises au pillage des taliban et aux bombardements américains parfois erratiques. Selon le porte-parole du PAM, au moins trois régions d’Afghanistan, enclavées par les neiges, seront les cibles prioritaires des largages aériens : les hautes terres du centre, la vallée du Panchir et la province du Badakhshan (nord-est). C’est d’ailleurs au nord du pays que le PAM s’attend à trouver le «gros» des Afghans menacés de famine, 2 millions sur les 3,5 au total, si les problèmes de distribution ne s’améliorent pas. Dans l’idéal, il faudrait acheminer et répartir 52 000 tonnes de vivres chaque mois. La semaine passée, les Nations unies ont fait entrer 10 000 tonnes, mais les distribuer de façon satisfaisante reste un autre défi. Selon une employée de l’Onu, les largages aériens s’effectuent à basse altitude, ce qui est source potentielle de danger en temps de conflit comme c’est le cas pour l’Afghanistan. Les palettes de vivres sont précipitées à environ 700 pieds (250 mètres), sans parachute. En dessous, la zone de réception doit être soigneusement balisée, évacuée, ce qui nécessite du personnel. Le choc contre le sol fait exploser les palettes, qui libèrent les lots humanitaires. Plus le largage est bas et plus la coordination air/sol est bonne, moindres sont les pertes. «Il faudra que l’on ait l’assurance de notre sécurité, de la part des deux camps, pour nos avions mais aussi pour nos personnels qui seront au sol à l’heure des largages», a prévenu Khaled Mansour. Ces conditions sont loin d’être remplies. Mais d’ores et déjà, pour les simples camions de l’Onu, la situation n’est pas brillante. «L’essence manque et les chauffeurs sont réticents ou ont peur d’aller dans certaines zones», a expliqué hier aux journalistes Khaled Mansour.
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