Le dollar est resté généralement soutenu cette semaine sur les marchés des changes internationaux, ignorant la publication d’une nouvelle batterie de statistiques américaines défavorables ainsi que les péripéties de la guerre menée par les États-Unis contre le terrorisme en Afghanistan et les alertes à la maladie du charbon. Selon les cambistes, les investisseurs n’ont pas été très sensibilisés par l’annonce d’une chute plus forte que prévu des commandes de biens durables aux États-Unis de 8,5 % le mois dernier contre 0,5 % en août conjuguée à une baisse de 1,4 % des ventes de logements neufs contre 2,9 % et de 11,7 % des reventes de logements contre une hausse de 6,5 % pendant la même période. Il en est de même de la révision de l’indice de confiance des consommateurs américains par l’université de Michigan de 83,4 points à 82,7 points en octobre ainsi que la baisse de 0,5 % de l’indice composite des principaux indicateurs économiques aux États-Unis le mois dernier contre 0,1 % en août bien que cet indice est censé préfigurer l’évolution de la conjoncture américaine pendant les six prochains mois. Cependant, le billet vert a ignoré toutes ces mauvaises nouvelles, remontant la pente au terme d’une semaine marquée d’incertitudes et d’inquiétudes. Selon les analystes, les opérateurs ont recentré leur attention sur les perspectives de croissance de l’économie américaine après les mesures budgétaires et monétaires prises en sa faveur, estimant que le marché s’est habitué à parler du terrorisme un mois et demi après les attentats aux États-Unis et s’est résigné devant le flot de mauvaises nouvelles économiques. Et d’ajouter que tout le monde sait que l’économie va mal non seulement aux États-Unis mais des deux côtés de l’Atlantique et du Pacifique. Les opérateurs ont donc continué cette semaine d’ignorer les mauvais indicateurs de l’économie américaine, préférant se concentrer sur les perspectives négatives de l’Europe et du Japon. Cela d’autant que les facilités accordées au crédit sont plus rapides aux États-Unis que dans la zone euro où les modalités d’assouplissement monétaire paraissent très lentes et sujettes à des obstacles. À cet égard, ils ont fait état du statu quo monétaire observé jeudi dernier par la Banque centrale européenne (BCE) et qui a été justifié hier par l’annonce d’une hausse de 7,6 % de la masse monétaire (M3) de la zone euro le mois dernier contre 6,7 % en août, accroissant les risques d’inflation en Europe. Pourtant, la livre sterling a fait montre de résistance face au billet vert surtout à la fin de la semaine, après l’annonce hier d’une progression plus forte que prévu du produit intérieur brut (PIB) britannique. Ce dernier a affiché, selon l’Office national des statistiques (ONS) un taux de croissance de 0,6 % au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent et de 2,2 % en glissement annuel, soit des chiffres supérieurs aux attentes des analystes qui tablaient sur une hausse de 0,4 % du PIB au troisième trimestre et de 2 % en glissement annuel. Compte tenu de toutes ces considérations et eu égard à la remontée des Bourses américaines cette semaine, le dollar est parvenu à neutraliser les influences négatives liées aux attentats du 11 septembre et leurs conséquences néfastes sur l’économie américaine. Il s’est montré plutôt indécis à la hausse à la veille du week-end en attendant les chiffres du PIB américain au troisième trimestre mercredi, et surtout les chiffres du chômage aux États-Unis en octobre, devant être publiés vendredi, pour se faire une idée un peu plus claire sur l’état de l’économie. Il s’est négocié, en effet, à New York, à la fin de cette semaine par rapport à la fin de la semaine dernière, comme suit : – 0,8920 pour un euro contre 0,8990, vendredi dernier – 1,4375 pour un sterling contre 1,4355 – 2,1925 DM contre 2,1755 – 7,3535 FF contre 7,2965 – 1,6535 FS contre 1,6425 – 2 170,70 lires contre 2 153,80 – 122,85 yens contre 121,20. Bonne semaine pour les grandes Bourses internationales Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont repris leur souffle cette semaine, après le chahut des deux dernières semaines, soutenus par des rachats de couverture et une chasse aux bonnes affaires. Les investisseurs ont estimé que les cours des actions sont sous-évalués, manifestant un certain optimisme après les mesures de soutien à l’économie. Cela d’autant que le Pentagone devait dévoiler les modalités d’un contrat record pour la fabrication d’un futur avion tactique de combat américain dit Joint Strike Fighter d’un montant de 400 milliards de dollars dont pourraient bénéficier Boeing et Lockheed Martin. Pourtant, les marchés américains avaient fléchi par moments après la publication de statistiques mitigées sur le front de la production manufacturière et de la construction ainsi qu’au sujet de la confiance des consommateurs. Mais ils n’ont pas tardé à renouer avec la hausse dans la perspective d’une prochaine reprise de l’économie après l’injection d’importantes liquidités sur le marché et les avantages fiscaux accordés aux investissements dans le cadre d’un plan de soutien aux entreprises les plus touchées par les attaques du 11 septembre. De plus, les résultats publiés par plusieurs sociétés dont SBC Communications, 3M, AT & T et tant d’autres qui ont compensé les mauvais résultats de Lucent Technologies, AmazonCom, Compaq... sont venus soutenir la tendance. Cela d’autant que Microsoft venait de mettre en service son nouveau système d’exploitation Windows XP et Dell Computer déclarait s’attendre à une hausse de ses ventes au quatrième trimestre de cette année grâce à des achats de consommateurs. C’est dans l’espoir d’une reprise des bénéfices de plusieurs sociétés l’année prochaine que les Bourses américaines ont essayé de garder en tête les incitations fiscales et monétaires qui pourraient être à l’origine d’une reprise économique au printemps 2002. En effet, l’indice composite Nasdaq est parvenu à remonter la pente pour frôler le seuil des 1 800 points avant de revenir aux alentours des 1 775 points en préclôture hier contre 1 671,31 points à la fin de la semaine dernière, marquant une hausse de 6,2 % d’une huitaine à l’autre. Il en est de même de l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles qui a fait un bond de 3,87 % en affichant 9 560,15 points contre 9 204,11 points pendant la même période. Pour ce qui est des Bourses européennes, elles ont également terminé la semaine sur une note positive, soutenues par les valeurs de la haute technologie et des télécommunications. Elles ont, en effet, ignoré les mauvaises nouvelles économiques de la semaine et les résultats décevants de plusieurs sociétés, misant sur une reprise de l’économie américaine qui pourrait générer une amélioration des économies de l’autre côté de l’Atlantique. Selon les analystes, certains investisseurs sont assis sur des quantités de cash bien plus importantes que celles qu’ils sont mandatés à détenir, et semblent croire que les choses ne vont pas s’aggraver et que l’on a atteint le pire au troisième trimestre 2001. Quoi qu’il en soit, tous les marchés semblent jouer le rebond en 2002 car la reprise manquait toujours de bases fondamentales, ce qui explique les achats très tactiques effectués par nombre d’opérateurs cette semaine, alimentant la hausse de toutes les Bourses du vieux continent. C’est ainsi que l’indice Extra Dax à Francfort a bondi de 6,8 % à 4 820,26 points hier contre 4 513,53 points à la fin de la semaine dernière et l’indice CAC 40 à Paris qui a gagné 5,01 % à 4 478,63 points contre 4 264,89 points de même que l’indice Footsie à Londres qui s’est adjugé 3,41 % à 5 188,60 points contre 5 017,70 points pendant la même période. Enfin l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo s’est rétabli modérément cette semaine, passant outre les mauvaises nouvelles en provenance aussi bien de l’économie que des sociétés japonaises. Il a trouvé appui dans la chasse aux bonnes affaires et dans la perspective d’un règlement du problème chronique des créances douteuses des banques nippones. Il a ainsi achevé la semaine hier sur une hausse de 2,43 % à 10 795,16 points contre 10 538,79 points à la fin de la semaine dernière.
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