Rapides, furtifs, armés jusqu’aux dents, ils s’infiltrent en territoire ennemi, de préférence aux heures les plus avancées de la nuit, surprennent l’adversaire et repartent aussitôt après avoir fini leur «sale boulot». La nuit leur appartient : ce sont les commandos des «forces spéciales» américaines. Ils s’appellent «Rangers», «Bérets verts», «Night Stalkers» (traqueurs de nuit), «Force Delta» ou «Navy Seals» mais ils sont plus communément surnommés les «professionnels tranquilles». Soldats et tireurs d’élite hors pair, spécialistes de la capture, de la démolition et du sabotage, experts en explosifs, officiers de renseignements et linguistes chevronnés : ils sont entraînés pour des opérations commandos éclairs dans des conditions extrêmes et sur les terrains les plus hostiles. «Ces gars-là peuvent surgir de la nuit et tomber du ciel, passer une heure ou deux au sol et ne laisser rien que des trous fumants et des hurlements», explique John Gresham, chercheur et coauteur avec Tom Clancy du livre Special Forces. Le Pentagone ne livre que très peu de détails sur ces forces spéciales, fortes de 45 700 hommes et qui disposent d’un commandement propre, le Socom (Special Operations Command), situé sur la base aérienne de MacDill, à Tampa en Floride. Le secret qui les entoure est tel que ni leurs parents ni leurs épouses ne savent réellement ce qu’ils font. Les pertes en hommes lors des opérations supersecrètes ne sont jamais rendues publiques. Le nombre de victimes au sein des forces spéciales est neuf fois supérieur au reste des forces conventionnelles, selon Pat Traeger, un ancien des Bérets verts et porte-parole de la Special Forces Warrior Foundation. Surentraînés, recrutés pour leur endurance physique et mentale, ces commandos d’élite sont en Afghanistan sur leur terrain de prédilection, ce que les militaires appellent un «nid de scorpions». «Les opérations spéciales ont été créées» pour ce genre de guerre, souligne John Gresham. Les «Rangers», une unité d’infanterie légère forte de 7 500 hommes et spécialisée dans le combat nocturne, sont presque toujours les premiers à entrer en action. Ce sont eux qui ont effectué deux raids ce week-end en Afghanistan, près de Kandahar, le fief des taliban. Fendant la nuit noire, ils s’approprient le terrain ennemi par groupes pouvant comprendre jusqu’à 200 hommes, sautant en parachute à partir d’avions ou glissant le long de cordes jetées d’hélicoptères. Leur spécialité : s’emparer d’un aéroport ou d’une base ennemie. «Ce sont les tueurs, les “Rambos”. Ils sont formés pour faire sauter n’importe quoi et tuer des gens. Ce sont des experts en démolition», explique Bill Taylor, ancien colonel de l’armée de terre américaine et expert militaire au Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS). Les «Bérets verts» sont tout aussi aguerris mais ont un profil plus technicien, plus «cérébral». Ils opèrent par petites équipes, sont capables de passer des semaines derrière les lignes ennemies, à épier et rapporter leurs observations. Ce sont eux qui sont aux côtés des troupes d’opposition, dans le nord de l’Afghanistan. L’élite de l’élite, c’est la mystérieuse «Force Delta» : 360 à 800 hommes, selon les sources et dont ne sait rien si ce n’est qu’ils inspirent la crainte. Leur quartier général à Fort Bragg (Caroline du Nord) est interdit d’accès, même aux autres soldats qui n’osent pas prononcer leur nom et les surnomment les «D Boys», les «Dark Ops» (opérations cachées) ou encore les «Dark Side» (la face cachée). Ils opèrent à merveille dans des endroits confinés : avions, autocars, trains, tunnels et grottes ... «Leur mission principale est le contre-terrorisme. Trouver l’ennemi, rapporter sa position et, si besoin, aller le chercher», confie Bill Taylor. Pour lui, l’impact psychologique des raids menés par les forces spéciales en Afghanistan est déterminant : «Militairement, c’est un renversement complet par rapport à ce qu’ont connu les Soviétiques face aux moudjahidine. Cette fois, la guérilla, c’est nous ! ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Rapides, furtifs, armés jusqu’aux dents, ils s’infiltrent en territoire ennemi, de préférence aux heures les plus avancées de la nuit, surprennent l’adversaire et repartent aussitôt après avoir fini leur «sale boulot». La nuit leur appartient : ce sont les commandos des «forces spéciales» américaines. Ils s’appellent «Rangers», «Bérets verts», «Night Stalkers» (traqueurs de nuit), «Force Delta» ou «Navy Seals» mais ils sont plus communément surnommés les «professionnels tranquilles». Soldats et tireurs d’élite hors pair, spécialistes de la capture, de la démolition et du sabotage, experts en explosifs, officiers de renseignements et linguistes chevronnés : ils sont entraînés pour des opérations commandos éclairs dans des conditions extrêmes et sur les terrains les plus hostiles. «Ces...