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Actualités - Chronologies

Une arme surtout psychologique, affirment des médecins

Les dégâts psychologiques causés par la maladie du charbon pourraient être bien plus importants et durer bien plus longtemps que ses conséquences sur le plan physique, estiment les spécialistes de la santé. «Les armes chimiques et biologiques sont par essence des armes de terreur», estime Simon Wessely, psychologue à l’école de médecine St Thomas à Londres dans un article du British Medical Journal. «Le véritable but de ces armes est d’apporter la destruction par des moyens psychologiques, en provoquant la peur, le désarroi et l’incertitude dans la vie quotidienne». À en juger par les images télévisées montrant des médecins en combinaison de survie et des hommes politiques rassurant avec peine un public inquiet, les conséquences psychologiques de la maladie du charbon sont déjà évidentes. «Même si les conséquences à court terme d’une attaque à l’arme chimique ou biologique se révélaient être moindres que certains des scénarios apocalyptiques décrits par les médias, les perturbations sur le long terme pourraient être pires que ce qu’on avait anticipé», écrit Wessely. Il n’est pas pour l’instant prouvé que les envois de lettres contenant le bacille du charbon à des organes de presse et à des hommes politiques soient liés aux attentats du 11 septembre et à leur instigateur présumé Oussama Ben Laden. Mais ils ont déclenché ce que Wessely et les coauteurs de l’article, Kenneth Craig Hyams de Washington et Robert Bartholomew de l’Université James Cook en Australie, appellent «une maladie sociogène de masse», c’est-à-dire des réactions sans pertinence avec les menaces supposées et qui ajoutent ainsi à leur impact. Les auteurs citent deux exemples : la combinaison de protection portée par les officiels sur chaque site où il y a alerte et l’invitation à utiliser des détecteurs d’armes chimiques dans le métro de Washington. «Il est possible que ces alarmes causent dans les faits plus de perturbations au système des transports que l’attaque elle-même, compte tenu de la probabilité très élevée que de tels détecteurs puissent révéler de fausses alertes», écrit Wessely. Les scénarios apocalyptiques envisagés par certains experts pourraient être très exagérés. En revanche, ajoute Wessely, les perturbations à long terme sur la vie quotidienne pourraient se révéler pires qu’anticipé. «Le niveau général de malaise, de peur et d’anxiété pourrait rester élevé pendant des années et aggraver les troubles psychiatriques déjà existants et accroître encore le risque de maladie sociogène de masse», écrit-il.
Les dégâts psychologiques causés par la maladie du charbon pourraient être bien plus importants et durer bien plus longtemps que ses conséquences sur le plan physique, estiment les spécialistes de la santé. «Les armes chimiques et biologiques sont par essence des armes de terreur», estime Simon Wessely, psychologue à l’école de médecine St Thomas à Londres dans un article du British Medical Journal. «Le véritable but de ces armes est d’apporter la destruction par des moyens psychologiques, en provoquant la peur, le désarroi et l’incertitude dans la vie quotidienne». À en juger par les images télévisées montrant des médecins en combinaison de survie et des hommes politiques rassurant avec peine un public inquiet, les conséquences psychologiques de la maladie du charbon sont déjà évidentes. «Même si les...