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Actualités - Chronologies

Afghanistan : une économie asphyxiée par vingt ans de guerre

Lapis-lazuli, émeraude, fil chirurgical, gaz naturel, coton, soie, tapis étaient exportés par l’Afghanistan avant que son économie ne soit ruinée par plus de vingt ans de guerre et de sécheresse, plaçant ce pays au rang des plus pauvres du monde. Enclavé, constitué aux trois quarts de montagnes, ce pays d’Asie centrale au climat rude vit principalement d’artisanat et d’agriculture... notamment de la culture du pavot, base de la production de l’opium et de l’héroïne. Le pays recèle aussi d’importantes ressources minières : charbon (500 millions de tonnes ou 4 % des réserves mondiales), fer, cuivre (1 % des réserves mondiales) et pierres précieuses, dont le plus important gisement du monde de lapis-lazuli et d’émeraude. Mais la plupart des gisements restent inexploités comme ceux de plomb, de zinc, d’étain, de tungstène, de césium et peut-être même d’uranium, indique un expert du Ceredaf (association franco-afghane). L’Afghanistan est également riche en gaz naturel, avec des réserves évaluées en 1998 par la Banque mondiale à 120 milliards de m3. La totalité de ces gisements était exploitée dans les années 1980 par l’ex-URSS. Jusqu’en 1992, la Russie était le principal client de l’Afghanistan, dont elle absorbait 72% des exportations (coton et peaux de mouton astrakan). Ces dernières années, la Chine, le Pakistan, l’Allemagne achetaient aussi à Kaboul fruits, coton, noix et tapis. Depuis les attentats du 11 septembre, l’Afghanistan a quasiment interrompu tous ses achats de biens de consommation, d’équipement et de carburant au Japon, à la Chine, au Pakistan mais aussi au Kenya, son principal fournisseur de thé. L’Afghanistan absorbait 16 % des exportations kenyanes de thé (98 t/an pour 30 millions de dollars). «Seule une aide internationale considérable pourra remettre sur pied l’économie afghane», estime Étienne Gille, président de l’association Amitié franco-afghane. Les principales ressources du pays reposaient sur l’agriculture pratiquée par 85 % de la population, contribuant dans les années 1970 à 60 % du Produit national brut (PNB). En 1999, le PNB était évalué à 7,8 milliards de dollars, dont 65% absorbés par l’État. En 1992, les surfaces cultivables avaient fondu de moitié par rapport à la période d’avant l’invasion soviétique de 1978 et la productivité de certaines cultures avait reculé de 70%. Trois ans plus tard, la situation empirait encore, la récolte des produits de base comme le raisin ou la pomme de terre étant totalement paralysée par la guerre. En 1976-1977, les principales productions étaient le blé (2,9 millions de tonnes/an), le maïs (800 000 t), le riz (450 000 t), le coton (160 000 t) et les fruits (900 000 t). Aujourd’hui le pays importe du blé. Épaulée, avant l’invasion soviétique, par la Compagnie française pour le développement des fibres textiles, la culture du coton a également périclité. L’industrie basée sur la transformation des produits agricoles (sucre, soie, conserves de fruits...), restée embryonnaire, est aujourd’hui inexistante. Les artisans ont abandonné la confection de tapis ou le travail du cuir. «L’Afghanistan a depuis longtemps arrêté une exportation originale, celle du “catgut”, un fil spécial utilisé par les chirurgiens», indique M. Gille. Dans un pays au système bancaire quasi-inexistant, les échanges commerciaux ont été aussi profondément désorganisés par la guerre. Avant les conflits, plusieurs projets étaient à l’étude, comme la construction d’une ligne de chemin de fer reliant les frontières de l’Iran à celles du Pakistan, avec les Français, ou celle d’oléoducs pour acheminer le pétrole du Turkmenistan. Tous les projets de la Banque mondiale (21) concernant essentiellement l’agriculture, les communications et l’éducation ont été abandonnés en 1979.
Lapis-lazuli, émeraude, fil chirurgical, gaz naturel, coton, soie, tapis étaient exportés par l’Afghanistan avant que son économie ne soit ruinée par plus de vingt ans de guerre et de sécheresse, plaçant ce pays au rang des plus pauvres du monde. Enclavé, constitué aux trois quarts de montagnes, ce pays d’Asie centrale au climat rude vit principalement d’artisanat et d’agriculture... notamment de la culture du pavot, base de la production de l’opium et de l’héroïne. Le pays recèle aussi d’importantes ressources minières : charbon (500 millions de tonnes ou 4 % des réserves mondiales), fer, cuivre (1 % des réserves mondiales) et pierres précieuses, dont le plus important gisement du monde de lapis-lazuli et d’émeraude. Mais la plupart des gisements restent inexploités comme ceux de plomb, de zinc,...