Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

L’Iran veut faire entendre sa voix - pour l’« après-taliban »

L’Iran, hostile aux taliban tout comme aux frappes américaines, entend faire entendre sa voix sur l’avenir de l’Afghanistan et rejette à l’avance toute solution pour «l’après-taliban» qui émanerait de tractations américano-pakistanaises et dont il serait écarté. Suivant de près la tournée du secrétaire d’État américain Colin Powell au Pakistan et en Inde, l’Iran a implicitement critiqué les tractations américaines dont il est exclu et insisté sur le fait que l’ancien président afghan qu’il soutient, Burhannudin Rabbani, devra nécessairement jouer un rôle prépondérant à Kaboul. «Le gouvernement légal» de M. Rabbani «doit pouvoir jouer un rôle fondamental dans le futur gouvernement» à Kaboul, a estimé le chef de la diplomatie iranienne Kamal Kharazi, lors d’un entretien mardi avec son homologue français Hubert Védrine, cité par la radio. Ce futur gouvernement «doit être représentatif de toutes les parties», a-t-il dit, critiquant le retour éventuel à Kaboul de l’ex-roi Mohammed Zaher Shah, une formule qui est, selon Téhéran, privilégiée par Washington. «Une des raisons possibles de la visite de Powell serait d’ouvrir la voie au retour de Zaher Shah», affirme mercredi le quotidien Iran News, proche des réformateurs du président Mohammad Khatami. «Les États-Unis doivent faire attention à ne pas être déçus à nouveau par les Pakistanais, et il faut espérer que M. Powell n’est pas influencé par l’ISI (services secrets pakistanais)», ajoute-t-il. «L’ISI fait son possible pour masquer sa politique passée atroce en Afghanistan, et protéger ses intérêts futurs» dans ce pays, en «présentant l’Alliance du Nord (la résistance afghane) comme alliée de la Russie et de l’Inde, afin d’éliminer ou réduire sa présence» dans l’après-taliban, ajoute le quotidien. L’Iran entretient 900 km de frontière commune avec l’Afghanistan, pays avec lequel il est lié par des liens historiques forts. 80 % des Afghans, les Pachtounes, les Tadjiks, les Hazaras et les Baloutches, sont de culture persane. L’Iran juge donc légitime d’avoir son mot à dire dans les discussions en cours sur les destinées de l’Afghanistan après la chute des taliban, Téhéran redoutant l’arrivée au pouvoir d’une coalition qui serait favorable aux États-Unis et au Pakistan et qui lui serait hostile. Le quotidien centriste Entekhab a cependant invité les autorités iraniennes à la modération. «Compte tenu de la position du Pakistan, l’Iran doit accepter que ses vœux, ses désirs ne soient totalement réalisés en Afghanistan. Il doit, tout en condamnant les frappes, prendre des initiatives», explique-t-il. Ce journal appelle Téhéran à soutenir un gouvernement afghan même s’il est choisi à l’initiative de l’Occident dans le cadre des négociations de Rome entre Zaher Shah et l’Alliance du Nord. Ambassadeur du gouvernement Rabbani à Téhéran, Mohammad Khairkhah insiste sur le rôle de l’Iran. «Le Pakistan veut maintenir les taliban, en parlant de taliban modérés. Il continue son ingérence, y compris armée, chez nous», dit-il. «L’Iran est notre voisin. Il héberge plus de deux millions de réfugiés (afghans). Pour tout problème, pour toute solution, le point de vue de Téhéran compte beaucoup», a-t-il souligné. Quant à l’Union européenne, elle souhaite que le futur gouvernement afghan «rétablisse la paix et la liberté et entretienne des relations d’amitié avec ses voisins, dont l’Iran, et la communauté internationale», explique un diplomate européen. «Il faut que soient réglés les problèmes les plus préoccupants : les réfugiés, la question de la drogue, l’insécurité aux frontières. L’Iran, tout autant que le Pakistan, est donc directement concerné», poursuit-il.
L’Iran, hostile aux taliban tout comme aux frappes américaines, entend faire entendre sa voix sur l’avenir de l’Afghanistan et rejette à l’avance toute solution pour «l’après-taliban» qui émanerait de tractations américano-pakistanaises et dont il serait écarté. Suivant de près la tournée du secrétaire d’État américain Colin Powell au Pakistan et en Inde, l’Iran a implicitement critiqué les tractations américaines dont il est exclu et insisté sur le fait que l’ancien président afghan qu’il soutient, Burhannudin Rabbani, devra nécessairement jouer un rôle prépondérant à Kaboul. «Le gouvernement légal» de M. Rabbani «doit pouvoir jouer un rôle fondamental dans le futur gouvernement» à Kaboul, a estimé le chef de la diplomatie iranienne Kamal Kharazi, lors d’un entretien mardi avec son...