Les Nations unies ont commencé hier à distribuer une aide alimentaire d’urgence en Afghanistan, pour la première fois depuis le départ de tous les expatriés du pays, mais certaines agences se demandent si cette reprise, après 15 jours d’interruption, sera suffisante. Les distributions auront d’abord lieu dans l’Hazarajat (centre) depuis les entrepôts de Kaboul, ravitaillés par les convois de farine de blé en provenance du Pakistan, du Tadjikistan et du Turkménistan. «Nous avons envoyé cent tonnes vers le Hazarajat et nous faisons très attention à ce que cela aille bien aux personnes ciblées», a dit le porte-parole du programme alimentaire mondial (Pam), Khaled Mansour. «Si tout se passe bien, nous y intensifierons les opérations comme dans d’autres zones vulnérables». Après deux semaines d’accalmie dans les distributions après les attentats, le Pam a envoyé plusieurs milliers de tonnes de farine en Afghanistan par camion ces trois derniers jours. Quelques-unes des agences humanitaires encore sur le terrain disent que l’actuel volume des envois ne suffit pas à nourrir les huit millions d’Afghans qui nécessitent une aide d’urgence. «Il nous faut agir vite et augmenter le volume de ces convois, pour passer des milliers de tonnes aux dizaines de milliers», déclare pour sa part Andrew Walker, porte-parole de Save The Children. Selon les humanitaires, 100 tonnes ne permettent de nourrir que 20 000 personnes sur dix jours. «Rien que pour nous, il nous faut 4 000 tonnes pour faire face aux besoins de 180 000 personnes affectées par la sécheresse dans la province de Faryab» (nord), précise Andrew Walker, ajoutant que de nombreux Afghans ont maintenant atteint les limites de leurs ressources. «Des gens vendent le toit de leur maison et dans certains cas vendent leurs filles en mariage. Après, il n’y a plus de marge», ajoute-t-il. D’autres agences expriment plus clairement leurs critiques à l’égard des Nations unies. «Ce qui se fait actuellement est de l’ordre du symbole», dit un responsable d’une agence humanitaire. «Les Nations unies n’auraient jamais dû suspendre leurs opérations, et ce qui se fait maintenant est à la fois trop petit et trop tard», ajoute ce responsable qui a requis l’anonymat. Pour M. Mansour, l’arrêt de deux semaines n’est pas du fait des Nations unies, mais bien de celui des chauffeurs de camion, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Afghanistan, qui ont refusé de reprendre les convois après les attentats du 11 septembre. Selon les dernières estimations des Nations unies, quelque 400 000 déplacés du nord de l’Afghanistan pourraient manquer de nourriture dès la fin de la semaine. «Ces gens sont coincés sans rien. Ils ont vraiment faim, dans quatre poches de misère du nord du pays», a dit M. Mansour.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les Nations unies ont commencé hier à distribuer une aide alimentaire d’urgence en Afghanistan, pour la première fois depuis le départ de tous les expatriés du pays, mais certaines agences se demandent si cette reprise, après 15 jours d’interruption, sera suffisante. Les distributions auront d’abord lieu dans l’Hazarajat (centre) depuis les entrepôts de Kaboul, ravitaillés par les convois de farine de blé en provenance du Pakistan, du Tadjikistan et du Turkménistan. «Nous avons envoyé cent tonnes vers le Hazarajat et nous faisons très attention à ce que cela aille bien aux personnes ciblées», a dit le porte-parole du programme alimentaire mondial (Pam), Khaled Mansour. «Si tout se passe bien, nous y intensifierons les opérations comme dans d’autres zones vulnérables». Après deux semaines d’accalmie dans...