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Actualités - Chronologies

Violent duel d’artillerie entre les taliban et l’opposition afghane

À Aï Khanoum, les ruines de la cité grecque, dont le nom s’est perdu dans la nuit des temps, ont encore une fois été sorties de leur sommeil plusieurs fois millénaire hier par des combats entre les taliban et les forces de l’opposition dans le nord-est de l’Afghanistan. Au-dessus de l’acropole d’Aï Khanoum, le nom ouzbek de l’ancienne cité nichée dans une boucle de l’Amou-Daria, un obus passe dans un sifflement sinistre avant d’aller s’écraser sur les positions de la milice des taliban (étudiants en théologie), enfouies dans une montagne à l’ouest au-delà de la rivière Kokcha. Depuis les premières heures du jour, les deux artilleries se sont livrées jusqu’à la mi-journée un intense duel de part et d’autre de la Kokcha, une rivière dont les eaux sombres se jettent sans entrain dans l’Amou, le fleuve qui sépare l’Afghanistan du Tadjikistan voisin. S’il n’y a eu aucun engagement de troupes au sol ce lundi, les rumeurs sur une prochaine offensive contre les taliban bruissent dans les abris qui truffent la colline de l’acropole qui sert de quartier général aux forces de l’opposition du secteur. Des blindés enfouis dans le sol et recouverts de sacs de sable, des mitrailleuses et des bi-tubes antiaériens assurent la défense de cette espèce de plateau désert où le commandant Ahmed Shah Massoud, le chef militaire de l’opposition tué dans un attentat à quelques kilomètres de là début septembre, venait s’installer pour diriger les opérations. Difficile de vérifier le vrai du faux dans ces rumeurs, les chefs militaires ayant ordonné à leurs hommes vêtus de treillis flambant neufs de «ne pas parler aux journalistes pendant deux jours». Cette directive ajoutée au fait que les deux principaux responsables du front – les commandants Muhibullah Khan et Baryalaï Khan – font actuellement une tournée d’inspection des troupes en position dans le secteur, ont alimenté les rumeurs d’une offensive visant Taloquan, le chef-lieu de la province de Takhar capturé par les taliban en septembre 2000 et qui se trouve à une cinquantaine de kilomètres au sud-est. Selon des sources afghanes, les deux côtés – en gros, les taliban à l’ouest et l’opposition à l’est de la province – ont renforcé leurs positions ces dernières semaines. «Je me suis battu toutes ces dernières années, et, avec ou sans les Américains, je continuerai de le faire», a affirmé à des journalistes le commandant Muhibullah Khan, un Tadjike du Badakchan, la dernière province à être encore sous le contrôle total de l’opposition dans l’extrême nord-est du pays. Celle-ci compte beaucoup sur un appui des États-Unis dans leur combat contre les taliban au pouvoir à Kaboul qui protègent l’islamiste d’origine séoudienne Oussama Ben Laden que Washington soupçonne d’être à l’origine des attentats le 11 septembre aux États-Unis. La piste poudreuse qui monte vers l’acropole disparaît dans des nuages de poussière soulevés par les pick-up japonais aux vitres teintées et inpénétrables des commandants d’unités. De nombreux combattants viennent de la vallée du Panchir, situé à quelques centaines de km plus au sud, le fief du commandant Massoud qui lui donnait ses troupes les plus fidèles. En face, si l’on en croit les responsables de l’opposition, une armée hétéroclite de miliciens taliban, de «volontaires» pakistanais, arabes ou même tchétchènes. «Ils sont dans des postes séparés et nous captons leurs conversations», assure un officier.
À Aï Khanoum, les ruines de la cité grecque, dont le nom s’est perdu dans la nuit des temps, ont encore une fois été sorties de leur sommeil plusieurs fois millénaire hier par des combats entre les taliban et les forces de l’opposition dans le nord-est de l’Afghanistan. Au-dessus de l’acropole d’Aï Khanoum, le nom ouzbek de l’ancienne cité nichée dans une boucle de l’Amou-Daria, un obus passe dans un sifflement sinistre avant d’aller s’écraser sur les positions de la milice des taliban (étudiants en théologie), enfouies dans une montagne à l’ouest au-delà de la rivière Kokcha. Depuis les premières heures du jour, les deux artilleries se sont livrées jusqu’à la mi-journée un intense duel de part et d’autre de la Kokcha, une rivière dont les eaux sombres se jettent sans entrain dans l’Amou, le...