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Actualités - Chronologies

L’Amérique a cessé d’être l’« ennemi » dans les médias libyens

Les médias officiels libyens ont changé de ton depuis les attentats du 11 septembre aux États-Unis, bannissant toute référence à l’«ennemi américain» dans ce pays qui figure sur la liste américaine des États soutenant le terrorisme, relèvent des diplomates à Tripoli. «La télévision d’État libyenne donne depuis les attentats des déclarations du président George W. Bush et de responsables américains», a noté un diplomate sous le couvert de l’anonymat. «On peut qualifier cette couverture d’impartiale, les médias libyens cessant de qualifier les États-Unis d’ennemi principal de la Libye», a estimé un autre diplomate qui a également demandé à conserver l’anonymat. La Libye figure sur la liste américaine des pays soutenant le terrorisme et elle a été la cible en 1986 d’un raid américain après un attentat antiaméricain à Berlin. Or, depuis les attentats sanglants du 11 septembre, la Libye ne cesse de condamner ces attaques et de lancer des appels à la retenue. Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a condamné en personne les attentats et proposé l’aide de Tripoli au peuple américain malgré les «différends politiques» opposant les deux pays. Washington n’entretient pas de relations diplomatiques avec la Libye et réclame que Tripoli reconnaisse sa responsabilité dans l’attentat contre un avion de ligne américain qui a explosé au-dessus de Lockerbie en 1988 (270 morts) et indemnise les familles des victimes. En août, M. Bush avait indiqué que Washington pourrait envisager d’établir des relations plus constructives avec la Libye si elle acceptait de coopérer pour apaiser les préoccupations américaines en matière de soutien au terrorisme. Mardi, un responsable du ministère libyen de la Justice a affirmé que le Groupe de combat islamique libyen, qui figure sur la liste des 27 cibles de la guerre antiterroriste déclarée par les États-Unis, est une organisation «terroriste interdite» en Libye. «Elle a été formée par des services des renseignements étrangers qui ont manipulé et recruté de jeunes Libyens», a indiqué ce responsable, ajoutant que certains de ses membres avaient commis des attentats sanglants en Libye même. À la suite de cette déclaration, des journaux libyens n’ont pas hésité à proclamer que la Libye était elle-même «victime du terrorisme» et accusé des pays occidentaux, sans les nommer, de «donner refuge à des terroristes» réclamés par Tripoli. Parallèlement, des Libyens interrogés par l’AFP affirment suivre avec intérêt l’évolution de la situation, ayant en mémoire le raid américain de 1986 qui a fait une trentaine de tués, et plaident pour la retenue. Mouammar Kadhafi avait estimé, cinq jours après les attentats, que «tout acte de vengeance ne réglera pas le problème du terrorisme». «Nous sommes contre la guerre, obéissant en cela aux enseignements des religions monothéistes», déclare Ahmad Khalifa, l’imam de l’une des mosquées de Tripoli, dont les propos sont appuyés par un professeur d’université, Youssef Khalaf, qui assure que «les guerres ne font que compliquer les problèmes». Certains Libyens comme le médecin Amal Maatoug et l’avocate Esseid Rabyi disent comprendre le désir de vengeance des Américains, mais mettent en garde contre les conséquences humanitaires d’une action militaire. «Les opérations qui se préparent peuvent provoquer une catastrophe humanitaire», souligne Mme Maatoug. Pour Me Rabyi, «on ne peut provoquer une catastrophe en réaction à une catastrophe». «Les armées régulières sont loin d’être capables de défaire les terroristes et leur action peut, au contraire, favoriser une nouvelle victoire de ces terroristes», souligne Ahmad Mansour, un intellectuel.
Les médias officiels libyens ont changé de ton depuis les attentats du 11 septembre aux États-Unis, bannissant toute référence à l’«ennemi américain» dans ce pays qui figure sur la liste américaine des États soutenant le terrorisme, relèvent des diplomates à Tripoli. «La télévision d’État libyenne donne depuis les attentats des déclarations du président George W. Bush et de responsables américains», a noté un diplomate sous le couvert de l’anonymat. «On peut qualifier cette couverture d’impartiale, les médias libyens cessant de qualifier les États-Unis d’ennemi principal de la Libye», a estimé un autre diplomate qui a également demandé à conserver l’anonymat. La Libye figure sur la liste américaine des pays soutenant le terrorisme et elle a été la cible en 1986 d’un raid américain après un...