Une volonté politique inédite de venir à bout des réseaux de financement du terrorisme a émergé au niveau mondial après les attentats du 11 septembre, mais deux ans après la première résolution de l’Onu s’y attaquant, les montants officiels des fonds gelés restent modestes. Signe que la mobilisation affichée en début de semaine par les Occidentaux gagne le reste du globe : les Émirats arabes unis ont ordonné hier le gel des comptes et des investissements de 26 personnes et organisations soupçonnées de financer des activités terroristes. Deux jours plus tôt, le Pakistan, à qui l’Occident reprochait son laxisme vis-à-vis de l’islamisme radical, avait annoncé le gel des comptes d’Harakat ul-Mujahedin, une organisation considérée par Washington comme proche d’Oussama Ben Laden, commanditaire présumé des attentats. Le Harakat a qualifié cette décision de «cruelle» et «d’injuste». En attendant la réunion le 6 octobre, sur ce sujet notamment, des 7 pays les plus industrialisés (G7), Washington maintenait hier la pression. «De nouvelles offensives diplomatiques et financières sont prévues dans les jours à venir», a averti un responsable militaire américain aux Philippines. Les États-Unis soupçonnent désormais Ben Laden d’avoir utilisé leur propre réseau bancaire, via des comptes ouverts dans de grands instituts financiers américains, par la banque soudanaise Al Shamal Islamic Bank, que Ben Laden aurait lui même en partie créée. Le chef de la Maison-Blanche a annoncé le gel des avoirs aux États-Unis de 27 organisations ou individus soupçonnés d’être associés avec Ben Laden, et menacé de geler les avoirs aux États-Unis des banques de pays non coopératifs. L’Union européenne (UE) a, quant à elle, annoncé hier envisager un gel coordonné des avoirs des organisations et personnes suspectes. Ses États membres s’empressent maintenant de mettre en œuvre les résolutions de l’Onu de 1999 et 2000, traduites en mars 2001 en droit européen, sur un gel des avoirs talibans. Pour l’instant, les sommes gelées sont encore modestes par rapport aux milliards de dollars en jeu. Au moins 100 millions d’euros soupçonnés de servir au financement des taliban ont été gelés dans l’UE depuis mars 2001. En France, 4 millions de dollars ont été bloqués «peu avant les attentats». En Allemagne, 13 comptes bancaires suspects avaient été gelés mardi. Le Luxembourg a aussi annoncé le gel d’avoirs suspects. L’Italie a promis de prendre au plus vite des mesures pour geler toutes les activités financières pouvant être liées à des groupes terroristes. Au Danemark, les banques passent au peigne fin tous les comptes de leurs clients. Hors UE, la Suisse a gelé depuis octobre 2000 les avoirs d’une liste de 170 personnes ou sociétés associées aux talibans. Mais, là encore, les autorités reconnaissent que les montants sont peu élevés. La Roumanie a emboîté le pas mercredi en annonçant des gels d’avoirs. À Prague, une équipe d’enquêteurs a été mise sur pied jeudi. Le Japon, la Chine et les Philippines ont également annoncé cette semaine leur participation à la guerre financière. Face à cette mobilisation, les paradis fiscaux sont dans le collimateur, comme la petite République de Nauru, dans le Pacifique Sud, avec ses quelque 400 banques offshore.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une volonté politique inédite de venir à bout des réseaux de financement du terrorisme a émergé au niveau mondial après les attentats du 11 septembre, mais deux ans après la première résolution de l’Onu s’y attaquant, les montants officiels des fonds gelés restent modestes. Signe que la mobilisation affichée en début de semaine par les Occidentaux gagne le reste du globe : les Émirats arabes unis ont ordonné hier le gel des comptes et des investissements de 26 personnes et organisations soupçonnées de financer des activités terroristes. Deux jours plus tôt, le Pakistan, à qui l’Occident reprochait son laxisme vis-à-vis de l’islamisme radical, avait annoncé le gel des comptes d’Harakat ul-Mujahedin, une organisation considérée par Washington comme proche d’Oussama Ben Laden, commanditaire présumé des...