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Actualités - Chronologies

Représailles : pas de « frappes massives », mais pressions sur l’Afghanistan

Washington, qui a déployé une véritable armada en mer d’Oman, semble écarter une attaque massive imminente contre l’Afghanistan, mais sans renoncer aux menaces de déstabilisation contre le régime des taliban, qui se refusent à livrer Oussama Ben Laden. Alors que des représailles militaires se faisaient attendre quinze jours après les attentats meurtriers, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a averti mardi que la riposte ne commencerait pas par «une attaque ou une invasion massives». «Il n’y aura pas de jour J en tant que tel», a dit M. Rumsfeld en référence au débarquement en Normandie contre les Allemands en 1944. Cependant, si «une attaque massive contre les taliban n’est pas à l’ordre du jour car ce n’est pas le Kosovo, toute une panoplie reste utilisable : bombardiers B-52, missiles de croisière, forces spéciales», a indiqué hier l’expert militaire Dan Gouré. Selon ce spécialiste de l’Institut Lexington, des raids ciblés restent d’actualité contre les forces conventionnelles afghanes, des camps, voire la maison du mollah Omar. Un autre expert, Michael O’Hanlon de la Brookings Institution, a récemment dépeint le scénario suivant : «Une stratégie patiente mobilisant de 30 000 à 50 000 soldats américains dans la région, pendant un an ou deux, pour un coût mensuel voisin d’un milliard de dollars», avec des «bombardements limités» et, sans doute, des actions de commandos, au risque de perdre au moins une centaine d’hommes. Les États-Unis augmentent aussi la pression psychologique sur Kaboul : le président George W. Bush a invité les Afghans à se soulever contre les taliban, mais sans aller jusqu’à appeler directement à un renversement du pouvoir islamiste de Kaboul sous l’égide des États-Unis. Le but «n’est pas de remplacer un régime par un autre», a souligné son porte-parole Ari Fleischer. M. Rumsfeld a adopté la même prudence en proposant un soulèvement populaire : le pays est éclaté : «Nombre d’Afghans sont affamés», «Beaucoup n’aiment pas les taliban», et parmi eux certains «n’aiment pas l’asile accordé à Ben Laden», a-t-il assuré. Mais il n’a pas précisé le niveau de soutien des États-Unis à l’Alliance du Nord, l’opposition armée formée de tribus minoritaires que dirigeait le commandant Massoud jusqu’à son récent assassinat. Celle-ci pourrait être «d’une grande aide», a-t-il seulement déclaré. Un vide à Kaboul pourrait placer Washington en porte-à-faux par rapport à certains alliés recherchés dans la région. À commencer par le Pakistan, dont le ministre des Affaires étrangères, Abdul Sattar, dit «redouter une décision de la part d’une quelconque puissance étrangère de fournir une assistance à une faction ou à une autre». Les Américains n’ont formulé aucune demande auprès des forces antitaliban pour utiliser des territoires sous leur contrôle à des fins militaires, a déclaré hier Abdullah Abdullah, ministre des Affaires étrangères du gouvernement afghan en exil. Les opérations devraient se limiter à «des cibles militaires dans les zones contrôlées par les taliban : bases militaires, dépôts de munitions, bases aériennes (...) ainsi que des camps terroristes», a-t-il dit, laissant entendre que l’opposition afghane aidait les États-Unis à identifier des cibles. Outre l’envoi de dizaines de navires et de centaines d’avions militaires dans la région, Washington poursuit le rappel des réservistes et le Pentagone vient de réactiver pour la première fois depuis la guerre du Golfe le droit de réquisitionner les militaires partant à la retraite. La mesure s’est appliquée dès mardi à plus de 10 000 membres de l’US Navy.
Washington, qui a déployé une véritable armada en mer d’Oman, semble écarter une attaque massive imminente contre l’Afghanistan, mais sans renoncer aux menaces de déstabilisation contre le régime des taliban, qui se refusent à livrer Oussama Ben Laden. Alors que des représailles militaires se faisaient attendre quinze jours après les attentats meurtriers, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a averti mardi que la riposte ne commencerait pas par «une attaque ou une invasion massives». «Il n’y aura pas de jour J en tant que tel», a dit M. Rumsfeld en référence au débarquement en Normandie contre les Allemands en 1944. Cependant, si «une attaque massive contre les taliban n’est pas à l’ordre du jour car ce n’est pas le Kosovo, toute une panoplie reste utilisable : bombardiers B-52, missiles de...