L’Armée islamique d’Aden-Abyane, l’une des cibles désignées lundi par le président George W. Bush dans la guerre antiterroriste lancée par les États-Unis, est formée d’une poignée d’irréductibles, dont des vétérans de la guerre d’Afghanistan. Son chef, Zine el-Abidine Abou Bakr al-Mehdar, alias «Aboul Hassan», condamné à mort en mai 1999 pour le rapt de 16 Occidentaux, a été exécuté en octobre 1999 avec un autre Yéménite et un Tunisien. Aboul Hassan, âgé alors de 28 ans, avait été reconnu coupable de l’enlèvement en décembre 1998 de seize touristes occidentaux, dont quatre (trois Britanniques et un Australien) ont été tués pendant un assaut des forces de sécurité au cours duquel trois des ravisseurs avaient également été tués. Originaire de la province de Chabwa, à 400 km à l’est de Sanaa, Aboul Hassan avait participé comme volontaire à la fin des années 80 à la guerre contre les forces soviétiques en Afghanistan. C’est durant cette guerre qu’Aboul Hassan avait fait la connaissance du Séoudien d’origine yéménite, Oussama Ben Laden. En décembre 1992, son groupe avait revendiqué des attentats contre deux hôtels d’Aden (sud) fréquentés par des militaires américains, un acte de vengeance contre l’intervention militaire américaine en Somalie. Les attentats avaient fait deux morts, dont un touriste autrichien. Aboul Hassan était rentré au Yémen après l’unification du Nord et du Sud du pays en 1990 et avait constitué, avec d’autres vétérans d’Afghanistan, le Jihad islamique au Yémen. Ce dernier avait mené des attaques meurtrières contre des membres du Parti socialiste yéménite (PSY) qui dirigeait l’ancien Yémen du Sud. Il avait participé, en 1994, à la guerre civile contre les forces sudistes socialistes, qui avaient été défaites par les troupes du président Ali Abdallah Saleh (nordiste). À la fin de la guerre, plusieurs militants du groupe déposèrent les armes, alors que d’autres islamistes arabes, vétérans d’Afghanistan, furent expulsés du Yémen. La campagne d’expulsions, lancée en 1996, a touché quelque 14 000 de ces vétérans, dont des Égyptiens, Soudanais, Séoudiens et Algériens, selon les autorités. Certains islamistes acceptèrent l’offre du gouvernement de s’intégrer dans la société et de prendre des emplois, mais une poignée d’irréductibles, estimée à une centaine, s’était retranchée dans la province montagneuse d’Abyane (sud) et a fondé «l’Armée islamique d’Aden-Abyane». Alors que le gouvernement assurait avoir débarrassé le pays de cette armée, celle-ci a refait surface et son nom a été cité parmi les suspects de l’attentat-suicide contre l’USS Cole le 12 octobre 2000 à Aden, où 17 militaires américains ont été tués et 38 autres blessés. Vendredi encore, le Premier yéménite Abdel Kader Bajammal a fait état de l’arrestation de vingt vétérans «afghans», soupçonnés d’être liés à Oussama Ben Laden, en réponse à une demande américaine de coopération.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Armée islamique d’Aden-Abyane, l’une des cibles désignées lundi par le président George W. Bush dans la guerre antiterroriste lancée par les États-Unis, est formée d’une poignée d’irréductibles, dont des vétérans de la guerre d’Afghanistan. Son chef, Zine el-Abidine Abou Bakr al-Mehdar, alias «Aboul Hassan», condamné à mort en mai 1999 pour le rapt de 16 Occidentaux, a été exécuté en octobre 1999 avec un autre Yéménite et un Tunisien. Aboul Hassan, âgé alors de 28 ans, avait été reconnu coupable de l’enlèvement en décembre 1998 de seize touristes occidentaux, dont quatre (trois Britanniques et un Australien) ont été tués pendant un assaut des forces de sécurité au cours duquel trois des ravisseurs avaient également été tués. Originaire de la province de Chabwa, à 400 km à l’est de...