Un diplomate allemand, séquestré pendant deux mois par des hommes armés qui seraient des islamistes, a été libéré «sain et sauf», au moment où Sanaa engageait une campagne contre des extrémistes. L’attaché commercial de l’ambassade d’Allemagne Rainer Berns a été libéré «dimanche à minuit, à la faveur d’une médiation de dignitaires tribaux», a déclaré un responsable de la province de Maarib, à 170 km à l’est de Sanaa, où était détenu l’ex-otage depuis son rapt dans la capitale le 27 juillet. «Rainer Berns est rentré lundi matin à Sanaa et a regagné son domicile», a déclaré un diplomate de l’ambassade d’Allemagne. «Nous remercions les autorités yéménites pour leur sagesse à avoir assuré la libération de Rainer Berns et son retour sain et sauf», a-t-il ajouté. Sa libération a été aussitôt accueillie à Berlin avec «une grande joie et un grand soulagement» par le ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer, qui a remercié «le gouvernement yéménite, qui est parvenu grâce à ses négociations à obtenir cette libération, pour ses efforts intenses et prudents». Selon une source policière, l’ex-otage a été emmené par hélicoptère de la police à Sanaa, avant de regagner sa maison, dans le quartier diplomatique au sud de la capitale, où il a retrouvé sa famille. M. Berns avait passé la nuit à Maarib où il avait été conduit en provenance de la région de Sérouah, à 30 km à l’ouest de la ville, où il était séquestré. Selon le responsable de Maarib, l’ex-otage «se porte bien, mais il a besoin de repos après avoir passé une longue période en captivité». «Des dignitaires tribaux ont réussi à obtenir sa libération pacifiquement», a affirmé ce responsable, indiquant que sa remise en liberté avait été également favorisée par «des pressions exercées sur les ravisseurs et l’encerclement par les forces de sécurité et l’armée du secteur où l’otage était séquestré». Aucune indication n’a été cependant fournie sur les circonstances exactes de sa libération, les ravisseurs ayant exigé au préalable une rançon allant jusqu’à un million de dollars, selon des sources tribales. «L’otage a été libéré sans conditions», a affirmé un responsable de la police de Maarib, sans donner plus de précision. «Les forces de sécurité vont continuer à traquer les ravisseurs pour les arrêter et les traduire en justice», a déclaré un officier de la police à Sanaa, ajoutant que «des forces de sécurité continuent à encercler la région de Sérouah». Les ravisseurs seraient quatre islamistes, dont Mohamed Ali al-Zaédi, un activiste du Jihad islamique, rentré au pays deux semaines avant le rapt de l’Allemand, selon des sources tribales et diplomatiques. «Les ravisseurs appartiennent à la tribu des al-Zaédi dont des membres sont des partisans du Jihad islamique», un groupe extrémiste, avait affirmé un dignitaire tribal. Un diplomate occidental avait pour sa part indiqué en août que les ravisseurs seraient «des éléments terroristes appartenant à un groupe islamiste». Le dénouement de ce rapt, le plus long et le plus complexe depuis l’apparition au début des années 90 du phénomène de l’enlèvement d’étrangers, a coïncidé avec une campagne d’arrestations lancée au Yémen contre les vétérans «afghans», des militants ayant combattu en Afghanistan et souvent liés à Oussama Ben Laden, principal suspect dans les attentats antiaméricains du 11 septembre. Vendredi, le Premier ministre yéménite Abdel Kader Bajammal avait fait état de l’arrestation d’une vingtaine de suspects. Selon des diplomates à Sanaa, quelques centaines d’activistes islamistes seraient actuellement actifs au Yémen, se retranchant dans des régions montagneuses aux accès difficiles et où les tribus font la loi. Près de 200 étrangers, dont une vingtaine d’Allemands, ont été kidnappés au Yémen depuis 1993.
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