La Grande-Bretagne, qui s’est déclarée «en guerre» contre le terrorisme, a engagé mercredi un marathon diplomatique aux côtés des États-Unis et tout en lançant la bataille contre tout argent sale d’origine terroriste. Donnant l’impression qu’une intervention militaire dans cette région pourrait survenir prochainement, le gouvernement britannique a également annoncé le départ d’une partie du personnel de son ambassade du Pakistan. Le Foreign Office (ministère britannique des Affaires étrangères) a également fortement recommandé à ses quelque 1 500 ressortissants au Pakistan de quitter le pays, sauf impératif contraire. Le Premier ministre britannique Tony Blair a de son côté quitté Londres hier pour une tournée de soutien à la «croisade» antiterroriste américaine, qui l’emmènera à Berlin, Paris, New York, Washington et Bruxelles. M. Blair s’est dégagé de toute contrainte de politique intérieure – en dépit d’une nouvelle crise imminente en Irlande du Nord – pour jouer le rôle de «Persuader» (l’homme chargé de convaincre), selon le quotidien Independent. Le chef du gouvernement estime pouvoir contribuer à cimenter «une coalition contre le terrorisme international», visant à démanteler tous les réseaux, bien au-delà de la seule personne du chef terroriste Oussama Ben Laden. Tony Blair va exprimer cette conviction auprès du chancelier allemand Gerhard Schröder, mercredi à Berlin, et devant le président français Jacques Chirac, jeudi matin à Paris. Il rencontrera jeudi soir le président américain George W. Bush à Washington, après avoir assisté à New York à une cérémonie religieuse en mémoire des centaines de victimes britanniques des attentats du 11 septembre aux États-Unis. Enfin, M. Blair participera, vendredi à Bruxelles, à un sommet extraordinaire de l’Union européenne. Le gouvernement britannique est également engagé sur d’autres fronts, ceux-là intérieurs. Le ministre des Finances Gordon Brown a annoncé un durcissement de la législation pour tenter d’identifier et bloquer tout flux financier pouvant émaner ou parvenir à des groupes terroristes. Il s’agirait d’un tournant dans la politique, traditionnellement très libérale, suivie par Londres pour assurer l’attrait de la City, première place financière d’Europe. Mais nombre d’experts demeurent circonspects sur l’efficacité des mesures envisagées, même si M. Brown a déjà annoncé la fermeture d’un compte en banque jugé suspect. Gordon Brown a également demandé une plus grande coopération internationale et mis en cause le secret bancaire observé par des pays comme la Suisse. Plusieurs places financières dans le monde enquêtent déjà pour savoir si le réseau de Oussama Ben Laden a pu spéculer sur les marchés, sachant que des secteurs comme l’assurance ou les compagnies aériennes seraient sévèrement affectés par les attentats en préparation. Le gouvernement britannique a également donné un coup de vis supplémentaire contre l’immigration clandestine en annonçant de nouveaux systèmes de détection à l’entrée du tunnel sous la Manche ou à l’aéroport londonien de Heathrow. De telles mesures étaient prévues bien avant les attentats de la semaine dernière pour faire face à l’afflux de demandeurs d’asile (76 040 l’an dernier) mais les attentats «leur ont donné un poids supplémentaire», a estimé un porte-parole de M. Blair. Les déclarations belliqueuses à l’égard des États-Unis de plusieurs personnalités islamistes réfugiées à Londres font enfin de plus en plus froncer les sourcils du ministre de l’Intérieur David Blunkett. «Nous surveillons très attentivement ce qu’il dit», a déclaré M. Blunkett à propos de l’un de ces extrémistes, le Syrien Omar Bakri, fondateur du mouvement al-Mouhajiroun (les exilés). Le ministre a néanmoins ajouté qu’il ne voulait pas faire des islamistes comme M. Bakri des «martyrs» en les arrêtant.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Grande-Bretagne, qui s’est déclarée «en guerre» contre le terrorisme, a engagé mercredi un marathon diplomatique aux côtés des États-Unis et tout en lançant la bataille contre tout argent sale d’origine terroriste. Donnant l’impression qu’une intervention militaire dans cette région pourrait survenir prochainement, le gouvernement britannique a également annoncé le départ d’une partie du personnel de son ambassade du Pakistan. Le Foreign Office (ministère britannique des Affaires étrangères) a également fortement recommandé à ses quelque 1 500 ressortissants au Pakistan de quitter le pays, sauf impératif contraire. Le Premier ministre britannique Tony Blair a de son côté quitté Londres hier pour une tournée de soutien à la «croisade» antiterroriste américaine, qui l’emmènera à Berlin, Paris,...