Les Libanais gardent un souvenir inoubliable de la prestation de Marie-Claude Pietragalla dans Les noces de sang à Beiteddine, il y a quelques années. Merveilleuse danseuse et extraordinaire interprète des rôles qu’elle marque de sa personnalité, «Pietra» n’est pas moins dotée d’un fougueux et explosif tempérament méridional. Nommée directrice du Ballet national de Marseille, en 1998, après le départ de Roland Petit, elle fait aujourd’hui l’objet d’une campagne par lettres anonymes envoyées au ministre de la Culture ainsi qu’au maire de Marseille la mettant en cause personnellement pour «harcèlement moral, violences verbales et licenciements abusifs»... Avec courage, la danseuse s’explique par voie de presse, faisant preuve d’un courage égal à son grand talent. En voilà quelques extraits, à l’intention de tous ceux qui gardent un souvenir vif de son passage libanais... «Je suis particulièrement déçue, écrit-elle, car je ne peux pas me battre devant un adversaire invisible et anonyme. Mais j’ai un moral d’acier. Devant le conseil d’administration j’ai tout de suite parlé de ces lettres et d’un article très sévère. J’ai reçu le soutien des trois instances, ville, région et État. J’ai demandé à l’inspection générale de la danse de venir le plus rapidement possible mener une enquête sur le fonctionnement du Ballet. J’en ai également parlé avec les danseurs. Je suis tous les jours en contact avec eux dans le plus grand souci d’ouverture, et je n’ai jamais reçu la moindre revendication des délégués du personnel en trois ans. Le climat est au contraire très bon, et après chaque spectacle les danseurs s’applaudissent et se congratulent rideau baissé. Quant au public, il nous suit avec amour. Nous remplissons à 100% nos salles. Nous avons fait 13000 spectateurs au Dôme avec Camille Claudel. «Il n’y a pas eu trente licenciements depuis mon arrivée en 1998. Ces licenciements ont concerné six danseurs qui, malheureusement, n’ont jamais retrouvé de travail et un technicien aux lumières. La compagnie est passée de 35 danseurs à 43. Quatre ou cinq solistes, très attachés au répertoire de Roland Petit et ne pouvant plus le danser, ont souhaité quitter la compagnie et nous avons négocié au mieux leur départ. J’avais engagé un jeune danseur du Ballet du Rhin pour danser Roméo mais il a préféré le Ballet de Miami. Je comprends très bien que certains danseurs désirent changer de compagnie. Je suis très soucieuse des danseurs, de leur santé, de leur avenir et de leur réinsertion qui est un des grands problèmes de la profession. «C’est la première fois que je suis ainsi attaquée directement et je pense que ce ne sera pas la dernière fois dans ma carrière. Mais ce n’est pas cela qui m’arrêtera. Comme le disait avec philosophie Noureïev: “Quoi qu’il arrive: la classe d’abord!”». (V. «Le Figaro» du 8/6/2001 n°17675)
Les Libanais gardent un souvenir inoubliable de la prestation de Marie-Claude Pietragalla dans Les noces de sang à Beiteddine, il y a quelques années. Merveilleuse danseuse et extraordinaire interprète des rôles qu’elle marque de sa personnalité, «Pietra» n’est pas moins dotée d’un fougueux et explosif tempérament méridional. Nommée directrice du Ballet national de Marseille, en 1998, après le départ de Roland Petit, elle fait aujourd’hui l’objet d’une campagne par lettres anonymes envoyées au ministre de la Culture ainsi qu’au maire de Marseille la mettant en cause personnellement pour «harcèlement moral, violences verbales et licenciements abusifs»... Avec courage, la danseuse s’explique par voie de presse, faisant preuve d’un courage égal à son grand talent. En voilà quelques extraits, à...
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