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Actualités - Chronologies

Le « shérif » Bush étrillé - par la presse européenne

«Shérif du Far-West» et «incompétent» pour les uns, «manquant d’expérience» pour les autres, le président américain George W. Bush et sa gestion d’une des plus grandes tragédies qui ait frappé les États-Unis récoltent des commentaires peu amènes un peu partout en Europe. L’absence de M. Bush de la Maison-Blanche durant plus de douze heures pendant la terrible journée du 11 septembre, ses appels à la «croisade», ou à ramener Oussama Ben Laden «mort ou vif», sont jugés sans indulgence, tandis que le rôle de son entourage est monté en épingle. «Les derniers propos du président Bush ne laissent pas, à cet égard, d’inquiéter», écrivait hier le quotidien belge francophone Le Soir. Paradoxalement, c’est la presse britannique qui se montre particulièrement acerbe. Dans un article intitulé «Gardez votre sang-froid M. Bush», le Mirror (gauche populaire) de lundi affirmait : «On peut voir la terreur et la panique dans ses yeux. Sa lèvre inférieure tremble. Il semble paralysé». «Le président, c’est le président, mais tout le monde regarde Cheney», écrivait hier l’Independant qui souligne que M. Bush «a rarement agi sans consulter» le vice-président. Dans un éditorial, le Guardian (gauche) estime que M. Bush est responsable des difficultés actuelles à «mobiliser» les pays frontaliers (nord) de l’Afghanistan, et des réticences à coopérer de la Russie, considérée hier encore comme un «ennemi potentiel». Un sondage, publié dans ce journal, fait cependant apparaître que les trois quarts des Britanniques considèrent que le président Bush a «très bien» ou «plutôt bien» géré la crise jusqu’à maintenant. Le très sérieux The Economist est dur envers le président : «Il semble bien que ce fut une erreur, un signe peut-être de l’inexpérience du pays en la matière, d’amener en toute hâte M. Bush en sécurité au Nebraska, au lieu de la Maison-Blanche ou les ruines de Manhattan ou Washington. En ces moments-là, la sécurité du président ne devrait pas être la priorité», écrit-il. Plus indulgent, le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) écrivait lundi que M. Bush, après avoir semblé manquer de fermeté peu après les attentats, «a réussi dans ses missions spéciales : encourager, consoler, faire montre d’exemple, notamment en lisant des prières». En Italie, La Repubblica et La Stampa affirmaient hier que le vice-président américain est l’homme clé de la situation. Dick Cheney «tient de fait les fils de la crise», écrit La Repubblica. En France, un diplomate français reconnaît «le retard à l’allumage» du président américain tout en notant son style plutôt «responsable» par la suite, comme sa visite au Centre islamique de Washington, et la manière de son gouvernement de vouloir «se donner le temps de la réflexion». «Le président Bush a démontré là sa petite carrure d’homme politique (...) La politique est un art de grands acteurs et communicateurs. Pensons un instant comment aurait réagi un Winston Churchill», analyse Alejandro Pizarroso, professeur d’histoire de l’université de Madrid, dans un article titré «La petitesse d’un président», publié par ABC (conservateur). «Les premières interventions du président Bush ne m’ont pas paru bonnes (...) D’autres personnalités ont surgi : d’abord Colin Powell qui est apparu comme se substituant au président. Ensuite le maire de New York Giuliani qui a été impeccable», note Marcelo Rebelo de Sousa, du parti d’opposition de centre droit (PSD) portugais Diario Economico. Les médias grecs présentaient hier le président Bush comme «un shérif du Far-West qui veut imposer sa loi». Mais, selon Théodore Kouloumbis, directeur de la Fondation de politique étrangère et européenne (Eliamep), «le président Bush a d’abord un très bon conseiller : son père». La presse turque est virulente: «George Bush Jr. est un dirigeant extrêmement incompétent. Connaissant son incapacité de gérer des situations difficiles, les dirigeants américains l’ont entouré d’hommes expérimentés», souligne un éditorialiste du journal à gros tirage Hurriyet.
«Shérif du Far-West» et «incompétent» pour les uns, «manquant d’expérience» pour les autres, le président américain George W. Bush et sa gestion d’une des plus grandes tragédies qui ait frappé les États-Unis récoltent des commentaires peu amènes un peu partout en Europe. L’absence de M. Bush de la Maison-Blanche durant plus de douze heures pendant la terrible journée du 11 septembre, ses appels à la «croisade», ou à ramener Oussama Ben Laden «mort ou vif», sont jugés sans indulgence, tandis que le rôle de son entourage est monté en épingle. «Les derniers propos du président Bush ne laissent pas, à cet égard, d’inquiéter», écrivait hier le quotidien belge francophone Le Soir. Paradoxalement, c’est la presse britannique qui se montre particulièrement acerbe. Dans un article intitulé «Gardez...