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Actualités - Chronologies

Londres, une tribune pour - les islamistes antioccidentaux

La Grande-Bretagne est au premier rang de la croisade américaine antiterroriste, mais au nom de la liberté de parole, elle offre aussi une tribune aux islamistes antioccidentaux les plus virulents réfugiés sur son sol. Appels à peine déguisés à la violence mais aussi collectes de fonds et envoi de combattants volontaires pour le jihad (guerre sainte) à travers le monde: Londres sert depuis des années de plaque tournante pour de nombreux mouvements islamistes. Le gouvernement de Tony Blair tente, avec difficulté, de rogner la marge de manœuvre des organisations qu’il estime être directement liées à des activités terroristes. Une «loi sur le terrorisme» («Prevention of terrorism act») entrée en vigueur en février dernier a mis hors la loi sur le sol britannique 21 groupes, dont 16 de différentes confessions musulmanes. Les attentats du 11 septembre aux États-Unis pourraient inciter les pouvoirs publics à aller plus loin. «Nous allons examiner notre législation, pour voir si elle nécessite ou non des changements», a déclaré lundi le porte-parole de M. Blair. Mais en attendant, les personnalités et les organisations les plus virulentes multiplient les déclarations hostiles aux États-Unis. En cas d’attaque américaine contre les taliban accusés de protéger le chef terroriste présumé Oussama Ben Laden, «les bâtiments gouvernementaux militaires, la machine de guerre et les soldats de l’alliance deviennent tous des cibles légitimes pour les musulmans où qu’ils se trouvent», affirme ainsi l’organisation al-Muhajiroun (les exilés). Le dirigeant de l’aile britannique de cette organisation, Anjem Choudary, a également fait l’éloge des Britanniques musulmans qui partiraient combattre aux côtés des taliban, tout en précisant qu’il se gardait de tout recrutement actif. «Si des gens décident d’aller en Afghanistan ou au Pakistan pour défendre les musulmans, c’est leur choix, mais la charia (loi coranique) soutient sans aucun doute cela et ils en seront récompensés», a déclaré M. Choudary. Pour autant, même les plus antioccidentaux des personnalités islamistes prennent garde de ne pas franchir la ligne rouge, conscients peut-être d’être davantage en liberté surveillée depuis les attentats du 11 septembre. Ainsi, cheikh Omar Bakri, qui avait tenu des propos pour le moins ambigus au lendemain des attentats, a confirmé qu’Oussama Ben Laden était à ses yeux «quelqu’un qui se bat pour la bonne cause, contre les forces du mal qui occupent la terre des musulmans, la Palestine». Mais le fondateur de al-Muhajiroun, un Syrien installé en Grande-Bretagne depuis 1985, ajoute qu’il condamne fermement les attaques du 11 septembre et que «si Ben Laden est reconnu coupable de n’importe quelle atrocité, il doit être jugé». La récente loi contre le terrorisme a eu pour effet de contraindre nombre d’organisations à adopter un profil plus discret ou à mener certaines de leurs activités (collectes de fonds, recrutement) de façon plus clandestine, estiment les experts en sécurité. Mais les réseaux n’en existent pas moins. Un Britannique musulman d’origine pakistanaise de 24 ans a ainsi été envoyé dans le Cachemire, où il a commis en décembre dernier un attentat-suicide qui a fait 10 morts contre une caserne de l’armée indienne. La Grande-Bretagne est sans doute le seul pays européen dans lequel l’organisation de Oussama Ben Laden, al-Qaïda, dispose d’un relais établi, selon un récent rapport des services de recherches du Congrès américain. L’un des lieutenants présumés de M. Ben Laden, Khalid al-Fawwaz, un Séoudien de 37 ans qui vit depuis huit ans en Grande-Bretagne, est détenu dans une prison londonienne avec cinq autres personnes, sous le coup d’une demande d’extradition de Washington qui l’accuse d’avoir participé à des attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie en 1998.
La Grande-Bretagne est au premier rang de la croisade américaine antiterroriste, mais au nom de la liberté de parole, elle offre aussi une tribune aux islamistes antioccidentaux les plus virulents réfugiés sur son sol. Appels à peine déguisés à la violence mais aussi collectes de fonds et envoi de combattants volontaires pour le jihad (guerre sainte) à travers le monde: Londres sert depuis des années de plaque tournante pour de nombreux mouvements islamistes. Le gouvernement de Tony Blair tente, avec difficulté, de rogner la marge de manœuvre des organisations qu’il estime être directement liées à des activités terroristes. Une «loi sur le terrorisme» («Prevention of terrorism act») entrée en vigueur en février dernier a mis hors la loi sur le sol britannique 21 groupes, dont 16 de différentes confessions...