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Actualités - Chronologies

Un personnage énigmatique qui intrigue particulièrement les jeunes Palestiniens

Oussama ben Laden ? «C’est un fidaï (combattant), je l’ai entendu à la télévision», déclare Ahmad, 19 ans, qui reconnaît avoir entendu parler «pour la première fois» du terroriste présumé d’origine séoudienne après les spectaculaires attentats sur le sol américain. Beaucoup de jeunes Palestiniens de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, expriment leur admiration pour le principal suspect de ces opérations, personnage nimbé de mystère, guère connu pour ses liens avec leur lutte contre l’occupation israélienne. À Khan Younès, l’un des endroits des territoires où ont été signalées des manifestations de joie, la nouvelle avait été précédée de la mort d’un Palestinien de 25 ans, Mohammad Chaqfa, tué par des tirs israéliens dans un taxi assurant la liaison avec Deir al-Balah (centre). L’Autorité palestinienne, qui a immédiatement condamné les attentats aux États-Unis, a catégoriquement nié toute expression de liesse populaire, susceptible de ruiner des mois d’efforts pour obtenir une première visite à Washington du président Yasser Arafat sous l’actuelle Administration américaine. Comme toutes les autres personnes interrogées, qui ont préféré donner uniquement leur prénom, Saleh, 32 ans, épicier au centre-ville, confirme avoir entendu des salves de joie dans la soirée. «Ben Laden a frappé l’Amérique et les infidèles», se félicite-t-il. «Ce que nous avons subi, ils le vivent à présent», relève-t-il, estimant néanmoins que les attentats à New York dépassent de loin les moyens du milliardaire d’origine séoudienne. Les rumeurs les plus folles courent sur l’identité des commanditaires, mais les Palestiniens semblent privilégier la thèse de la provocation. «Ben Laden est un héros ; il défend Jérusalem et la Palestine», affirme Mohammad, étudiant en première année de sciences sociales, s’étonnant d’apprendre que le chef de l’organisation islamiste al-Qaida (la base, en arabe) n’a apparemment jamais lancé d’opération contre Israël. «Nous respectons tous les fils d’Adam qui défendent la Palestine et Jérusalem», commente pour sa part Najem Mohammad. «Ben Laden défend les peuples opprimés», assure Iyad, un menuisier de 25 ans, les cheveux frisés coiffés en banane, qui porte un tee-shirt Nike. La personnalité du terroriste présumé déchu de sa nationalité séoudienne reste une énigme pour les Palestiniens. Son nom, contrairement à celui du président irakien Saddam Hussein ou des dirigeants du Hezbollah libanais, n’est d’ailleurs jamais scandé dans les manifestations ou les funérailles des «martyrs». «Jusqu’à maintenant, il n’a rien fait pour la Palestine», juge Alaa, 21 ans, un fusil d’assaut américain M16 en bandoulière, membre des comités de résistance populaire, groupes armés créés depuis le début de l’Intifada le 28 septembre. Selon son camarade Wissam, 24 ans, qui appartient comme lui également au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche radicale), les manifestations de joie de la veille, comme les distributions de friandises ou les tirs, sont sans commune mesure avec celles qui saluent les opérations des mouvements islamistes palestiniens. «Ils luttent avec nous. Ben Laden, lui, poursuit les buts propres de son organisation», souligne-t-il, dénonçant les attaques contre les civils. «Un enfant qui jette des pierres», poursuit Wissam en posant affectueusement la main sur la tête d’un petit garçon, «est beaucoup plus précieux que Ben Laden».
Oussama ben Laden ? «C’est un fidaï (combattant), je l’ai entendu à la télévision», déclare Ahmad, 19 ans, qui reconnaît avoir entendu parler «pour la première fois» du terroriste présumé d’origine séoudienne après les spectaculaires attentats sur le sol américain. Beaucoup de jeunes Palestiniens de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, expriment leur admiration pour le principal suspect de ces opérations, personnage nimbé de mystère, guère connu pour ses liens avec leur lutte contre l’occupation israélienne. À Khan Younès, l’un des endroits des territoires où ont été signalées des manifestations de joie, la nouvelle avait été précédée de la mort d’un Palestinien de 25 ans, Mohammad Chaqfa, tué par des tirs israéliens dans un taxi assurant la liaison avec Deir al-Balah (centre)....