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Actualités - Chronologies

Après l’apocalypse, la recherche des survivants dans new york hébété

Dans un décor d’apocalypse, les sauveteurs tentaient hier matin d’extirper des survivants du monceau de décombres fumants que sont devenues à New York les tours du World Trade Center, frappées la veille de plein fouet par deux avions de ligne. Mardi en fin d’après-midi, quand les lieux ont été jugés assez sûrs, a commencé sur le théâtre du pire attentat terroriste de l’histoire une opération de sauvetage pour laquelle des centaines de pompiers, policiers et soldats de la Garde nationale ont été mobilisés. Brian Iarrapino, un policier de 31 ans, est l’un d’eux. «Tout a été incinéré. Deux immeubles de 110 étages réduits à des piles de décombres de dix mètres de haut. Tout ce qui était en plastique a fondu, tout ce qui était en métal est tordu, plié. Les voitures de police, de pompiers ont fondu sur place, méconnaissables. Il y a des morceaux de l’avion, des choses qui ont dû être des meubles... C’est incroyable !». Dans le jour qui se lève sur une ville hébétée, les grues entrent en action et soulèvent les poutres métalliques pour permettre la progression des pompiers. Des bulldozers dégagent les voies d’accès, aménagent des aires de stationnement. Les scies électriques découpent le béton, les chalumeaux l’acier. Soudain, peu avant 08h00 heure locale (12h00 GMT), une clameur monte de l’incroyable chantier : les centaines de sauveteurs et de volontaires qui les approvisionnent saluent le sauvetage de l’officier de police Jay McLauglhin, arraché aux décombres après des heures d’efforts. «Il était bien, il nous a parlé toute la nuit», raconte le lieutenant Richard Doerler, commandant de l’unité venue du New Jersey qui a arraché le policier aux débris. «Il était dans une cavité, ses jambes étaient ensevelies mais il a été maintenu en vie par les docteurs. Nous avons rampé jusqu’à lui, avons creusé tout autour puis nous avons passé un filet et l’avons sorti de là». Posant leurs stylos, leurs appareils photos ou leurs caméras, les journalistes présents en lisière de la zone de sécurité applaudissent le lieutenant Doerler et ses hommes qui s’éloignent, voutés, pour se reposer. Des immenses treillis d’acier clair, si caractéristiques des tours jumelles, il ne reste plus debout que deux pans calcinés de vingt mètres de haut, déformés, ridicules. Les «Twin Towers» ont entraîné dans leur chute plusieurs immeubles avoisinants, dont l’immense Millenium Hotel qui n’était plus qu’un immense cratère entouré de murs fumants. Les rues alentour, strictement interdites à quiconque n’est pas impliqué dans les secours, disparaissent sous trois centimètres de poussière blanche, transformée en boue gluante par l’eau des lances à incendie. C’est dans ce magma que traînent les pieds de Bryan Kemp, 38 ans, qui s’éloigne en titubant des lieux du drame. Il s’arrête, se couche sur une borne de distribution de prospectus et éclate en sanglots. Travaillant dans l’immeuble voisin des services municipaux chargés de l’enfance, il s’est précipité dès la première déflagration. «Il n’y a plus rien là-dedans. Tout a brûlé, tout le World Trade Center. Il y a encore de petits feux, mais ils sont parvenus à éteindre le principal incendie vers 06h00 ce matin», murmure-t-il en s’essuyant les yeux. «C’est un vrai cauchemar, une zone de guerre. Les sauveteurs n’ont pas commencé à sortir les corps, ils se concentrent sur les vivants. Je n’ai vu qu’une paire de sacs en plastique pour les cadavres, mais je vous assure qu’il va y en avoir beaucoup d’autres... Je n’arrive pas à imaginer que quelque chose comme cela puisse arriver où que ce soit... Alors à New York...». Il s’éloigne à pas lents, rentre chez lui pour «embrasser sa femme et sa fille». Derrière lui, à l’horizon, le nuage de poussière traverse le port de New York et enveloppe de gris la statue de la Liberté.
Dans un décor d’apocalypse, les sauveteurs tentaient hier matin d’extirper des survivants du monceau de décombres fumants que sont devenues à New York les tours du World Trade Center, frappées la veille de plein fouet par deux avions de ligne. Mardi en fin d’après-midi, quand les lieux ont été jugés assez sûrs, a commencé sur le théâtre du pire attentat terroriste de l’histoire une opération de sauvetage pour laquelle des centaines de pompiers, policiers et soldats de la Garde nationale ont été mobilisés. Brian Iarrapino, un policier de 31 ans, est l’un d’eux. «Tout a été incinéré. Deux immeubles de 110 étages réduits à des piles de décombres de dix mètres de haut. Tout ce qui était en plastique a fondu, tout ce qui était en métal est tordu, plié. Les voitures de police, de pompiers ont fondu sur...