Avec les grandes administrations de Washington évacuées, le président George W. Bush en déplacement et de nombreux hauts responsables muets, le pouvoir américain a semblé flottant et pris au dépourvu mardi face à l’ampleur des attentats de New York et Washington. M. Bush, en voyage dans le sud, en Floride, puis en Louisiane, n’avait toujours pas fait savoir en fin d’après-midi quand il comptait revenir dans la capitale américaine. Son vice-président Dick Cheney et son ministre de la Défense Donald Rumsfeld sont restés invisibles. Le chef de l’État s’est efforcé, dans deux brèves allocutions, de donner l’impression qu’il maîtrisait la situation et a voulu rassurer ses concitoyens, mais sans annoncer de décision concrète en dehors d’une mise en «alerte maximale» des forces armées. Il a également indiqué que les autorités américaines «avaient pris toutes les mesures de sécurité appropriées pour assurer la protection des Américains», mais sans préciser lesquelles. M. Bush a également indiqué avoir été en contact avec le vice-président Dick Cheney, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, ainsi que ses conseillers pour la sécurité nationale et les membres de son gouvernement, mais ces derniers n’ont fait aucune apparition publique. La Maison-Blanche, cœur du pouvoir américain, a été évacuée rapidement en début de matinée, de même que l’immeuble du département d’État, le ministère des Affaires étrangères, aux abords duquel une voiture piégée aurait explosé. L’imposant complexe du Pentagone, siège des services de la Défense américaine, a également été vidé de son personnel. Un avion s’y est écrasé dans la matinée, selon des témoins. Le chef de la CIA George Tenet, de même que celui du FBI Robert Mueller ne se sont pas davantage montrés en public après les attentats, qui ont notamment détruit les deux tours du World Trade Center à New York. Aucun bilan des victimes n’était disponible en fin d’après-midi. Si M. Tenet était déjà à la tête des services de renseignements américains sous la précédente Administration, M. Mueller en revanche a pris son poste à la direction de la Sûreté fédérale il y a quelques jours à peine. Le secrétaire d’État Colin Powell a lui aussi été pris de court, en plein milieu d’un voyage en Amérique du Sud. M. Powell a annoncé qu’il annulait une visite en Colombie pour regagner au plus vite Washington depuis Lima, la capitale du Pérou. Le chef de la diplomatie américaine a parlé d’une «terrible tragédie», sans plus de commentaires. Le pouvoir économique a semblé pour sa part réagir plus vite que les instances politiques. Les autorités américaines de l’aviation civile (FAA) ont ordonné l’annulation de tous les vols commerciaux aux États-Unis, une mesure sans précédent, et également dérouté tous les vols internationaux vers le Canada. Tous les marchés financiers et boursiers du pays ont également été fermés.
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