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Actualités - Chronologies

Le kamikaze arabe israélien, « un cauchemar devenu réalité »

En devenant le premier kamikaze arabe israélien, Mohammed Salah Hbeichi, l’auteur de l’attentat de dimanche à Naharya (nord d’Israël), a fait surgir en Israël le cauchemar que représenterait l’existence d’une cinquième colonne au sein de cette communauté. Originaire de la localité d’Abou Sanan en Galilée et âgé de 48 ans, Hbeichi s’est donné la mort en déclenchant les explosifs qu’il portait sur lui dimanche à la gare ferroviaire de Naharya, tuant trois Israéliens et en blessant des dizaines d’autres. Il compte parmi la poignée d’activistes arabes israéliens qui sont passés à l’acte ou ont tenté de le faire au cours des dernières semaines. L’ont précédé quatre adolescents du village de Deir Hanna qui ont posé le 31 août une bombe, qui n’a pas fait de blessés, à un carrefour routier au nord-ouest de la ville de Tibériade (nord d’Israël). Arrêtés le 5 septembre, ils ont avoué avoir été recrutés par la branche armée du Fateh de M. Yasser Arafat, le Tanzim. En Israël, ces arrestations avaient déjà semé le doute sur la loyauté des citoyens arabes israéliens à l’égard de l’État juif. Les services de sécurité israéliens (Shin Beth) ont souligné pour leur part le danger que représentaient, selon eux, «les liens existant entre la population palestinienne des territoires» occupés «et les Arabes israéliens», indiquait récemment la présidence du Conseil israélien, dans un communiqué publié à la suite de ces arrestations. «Le Shin Beth souligne également la facilité inacceptable, selon lui, avec laquelle l’on passe du territoire israélien en territoire sous contrôle palestinien», ajoutait ce texte. La famille du kamikaze de Naharya et les membres de la communauté arabe semblent aussi surpris que les responsables israéliens. «Personne n’aurait pu imaginer qu’un résident de notre village aurait pu faire une telle chose», a affirmé sous couvert de l’anonymat un habitant du village d’Abou Sanan. «Pour le grand public, un kamikaze parmi les Arabes israéliens est un cauchemar devenu réalité, un “shahid” (martyr) dans le dos de la nation», écrivait lundi Hemi Shalev, l’un des grands éditorialistes du quotidien Maariv. Pour lui, le choc de l’apparition d’un kamikaze au sein des Arabes d’Israël est comparable a celui ressenti par les Israéliens lors des violentes manifestations de soutien des Arabes d’Israël à l’intifada, en octobre dernier. «Si les incidents d’octobre dans le secteur arabe ont désarçonné l’opinion juive, l’apparition d’un kamikaze arabe, citoyen d’Israël, ne manquera pas d’accroître le niveau de la peur», écrit-il. Mais la peur n’est pas l’unique sentiment exprimé. Il y a aussi la colère. Pour Alex Fishman, du journal Yediot Aharonot, même si la plupart des Arabes israéliens ne sont pas des militants, «ils fournissent le terrain propice où poussent les kamikazes». Neil Frisch, professeur au Centre Begin-Sadate d’études stratégiques, estime, lui, qu’«il n’y a rien de nouveau dans cet incident», la plupart des Arabes israéliens ne partageant pas les mêmes sentiments que Mohammed Salah Hbeichi. «Les relations entre les Arabes israéliens et la majorité juive sont plutôt cordiales comparées à d’autres conflits binationaux», a-t-il déclaré lundi au cours d’une conférence de presse, en soulignant que seuls 30 Arabes israéliens ont été, à ce jour, condamnés pour activités terroristes. La communauté des Arabes israéliens (Palestiniens ou des descendants de Palestiniens restés sur leur terre à la création de l’État d’Israël en 1948) compte plus d’un million de personnes, soit 18,6 % de la population israélienne totale.
En devenant le premier kamikaze arabe israélien, Mohammed Salah Hbeichi, l’auteur de l’attentat de dimanche à Naharya (nord d’Israël), a fait surgir en Israël le cauchemar que représenterait l’existence d’une cinquième colonne au sein de cette communauté. Originaire de la localité d’Abou Sanan en Galilée et âgé de 48 ans, Hbeichi s’est donné la mort en déclenchant les explosifs qu’il portait sur lui dimanche à la gare ferroviaire de Naharya, tuant trois Israéliens et en blessant des dizaines d’autres. Il compte parmi la poignée d’activistes arabes israéliens qui sont passés à l’acte ou ont tenté de le faire au cours des dernières semaines. L’ont précédé quatre adolescents du village de Deir Hanna qui ont posé le 31 août une bombe, qui n’a pas fait de blessés, à un carrefour routier au...