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Actualités - Chronologies

Jeanne Moreau en Marguerite Duras, « la midinette »

L’actrice française Jeanne Moreau réincarne sur grand écran son amie écrivain Marguerite Duras, dans Cet amour-là, un film émouvant adapté du livre de son dernier amant Yann Andrea, réalisé par Josée Dayan et présenté samedi en première mondiale à la 58e Mostra de Venise. Le film évoque les seize dernières années, empreintes de douleur, d’alcool et aussi de gaieté, de l’écrivain, disparue à 82 ans le 3 mars 1996, et sa relation tumultueuse avec ce tout jeune homme éperdu d’admiration, interprété par Aymeric Demarigny. Jeanne Moreau, lunettes sévères, gilet de cuir à l’écran, est apparue toute blonde au Lido pour parler de Marguerite qu’elle a rencontrée pour la première fois en 1958, l’année où l’égérie de la Nouvelle Vague faisait scandale dans Les amants de Louis Malle, Lion d’argent à la Mostra. La comédienne a chanté le thème d’India Song réalisé par l’écrivain, elle a tourné avec elle Nathalie Granger et elle a aussi joué dans deux films adaptés de ses œuvres : Moderato Cantabile de Peter Brook et Le marin de Gibraltar de Tony Richardson. «J’ai voulu rendre hommage à Marguerite Duras. J’ai aussi voulu rendre hommage à toutes les femmes qui écrivent, ont écrit ou écriront», a-t-elle dit en italien lors d’une conférence de presse au Lido, précisant qu’elle n’avait pas cherché à l’imiter. «Cela aurait été une trahison. Cette histoire est celle d’une passion scandaleuse». Josée Dayan, plus connue pour ses adaptations de prestige des grandes œuvres littéraires pour la télévision (Balzac, Les misérables, Le comte de Monte Cristo), brosse un portrait intime, en voix off alternée, de cette relation entre une femme vieille, seule, recluse et en panne d’écriture qui voit débarquer dans sa vie ce jeune étudiant qui lui écrit tous les jours depuis cinq ans. Entre littérature et trivialité, Cet amour-là parle à la fois du quotidien banal, du processus difficile de l’écriture et de rapports empreints d’amour et de cruauté. Difficile, brutale, invivable, Marguerite Duras traite Yann de «rien du tout», le vire avec armes et bagages, puis se réconcilie autour d’une bouteille de vin rouge et fredonne avec lui : «Nous n’irons plus jamais où tu m’as dit “je t’aime”, nous n’irons plus jamais... Capri, c’est fini...» «C’est vrai. Elle aimait bien cette chanson. C’était une midinette, dit Jeanne Moreau. Je la taquinais, en lui disant : C’est des mélos que vous écrivez». Mais elle avait aussi, comme nous tous, «un côté sombre et de la cruauté». Yann Andrea, qui a contribué aux dialogues, n’était pas à Venise. «Nous l’aimons tous. Mais il s’est éloigné, Il ne voit plus personne, Il vit reclus. Que deviens-tu Yann ?», a demandé Jeanne Moreau.
L’actrice française Jeanne Moreau réincarne sur grand écran son amie écrivain Marguerite Duras, dans Cet amour-là, un film émouvant adapté du livre de son dernier amant Yann Andrea, réalisé par Josée Dayan et présenté samedi en première mondiale à la 58e Mostra de Venise. Le film évoque les seize dernières années, empreintes de douleur, d’alcool et aussi de gaieté, de l’écrivain, disparue à 82 ans le 3 mars 1996, et sa relation tumultueuse avec ce tout jeune homme éperdu d’admiration, interprété par Aymeric Demarigny. Jeanne Moreau, lunettes sévères, gilet de cuir à l’écran, est apparue toute blonde au Lido pour parler de Marguerite qu’elle a rencontrée pour la première fois en 1958, l’année où l’égérie de la Nouvelle Vague faisait scandale dans Les amants de Louis Malle, Lion d’argent...