L’avenir de l’ex-république yougoslave - hante déjà les chancelleries
le 25 août 2001 à 00h00
Le déploiement des 3 500 soldats de l’opération «Moisson essentielle» engagé, pour une durée limitée à trente jours, les diplomates en Macédoine s’inquiètent déjà du sort de l’ex-république yougoslave une fois l’Otan partie. Peu nombreux sont ceux qui croient sincèrement que le conflit sera oublié une fois que les rebelles albanophones de l’Armée de libération nationale (UCK macédonienne) auront volontairement rendu leurs armes en échange de réformes en faveur de la minorité albanaise de souche. L’Otan refuse de s’engager dans une troisième opération de maintien de la paix à durée indéterminée dans la poudrière des Balkans, et martèle que la «Moisson essentielle» est une étape historique pour le rétablissement de la paix et de la stabilité dans la région. Mais l’Alliance atlantique prend de grands risques à ne pas s’engager davantage. «Le déploiement de l’Otan est loin d’être parfait. (Le contingent) est pressé par le temps et collectera les armes, car il doit réussir. Mais les vraies interrogations concernent désormais ce qui se passera après et c’est ce qui inquiète chacun», estime un diplomate occidental. Le vrai problème, c’est l’opinion publique slave de Macédoine, souligne Ed Joseph, politiste au Groupe international sur les crises. Même si l’UCK rend toutes les armes qui lui sont demandées, la majorité des Macédoniens n’en doutera pas moins de sa neutralisation. «L’Otan criera victoire et partira. Mais cela ne sera aucunement suffisant pour les Macédoniens», souligne-t-il. Le principal test résidera alors dans le redéploiement des forces gouvernementales dans les bastions rebelles du nord du pays, théâtre d’affrontements depuis février dernier. L’adoption par le Parlement macédonien des réformes constitutionnelles garantissant les droits de la minorité albanophone – qui n’est pas gagnée d’avance tant la controverse est grande sur l’importance de l’arsenal que l’UCK doit rendre en échange – n’éliminera pas toutes les embûches. L’Otan a d’ores et déjà reconnu que les rebelles n’auraient aucun mal à s’approvisionner en armes à nouveau. Les alliés préfèrent parier sur son engagement à se dissoudre après l’application de l’accord politique du 13 août. «Si l’on considère que les insurgés sont comme un poisson nageant dans un océan de soutien populaire, on peut affirmer que la mer se retire», assure un diplomate occidental. «L’opinion albanaise estime que l’accord est bon, et la majorité de l’UCK, dont ses dirigeants, n’en pense pas moins». Cette analyse, partagée par la plupart des émissaires venus au chevet de la Macédoine, peine à être partagée par les Macédoniens eux-mêmes. La réconciliation nationale n’est encore qu’à l’état de vague projet, et le spectre d’une partition sanglante hante toujours les esprits. D’autant que l’émergence d’une Armée nationale albanaise, probable scission de purs et durs de l’UCK qui a déjà revendiqué la mort de dix policiers le jour où était paraphé l’accord de paix, renforce les craintes macédoniennes. La question se pose alors – sans qu’apparaisse pour l’instant une réponse certaine – de savoir qui remplacera les 3 500 soldats de l’Otan pour assurer la transition. «Ce processus n’est pas éphémère. C’est comme un bébé. Il a besoin de soins et attentions constants», dit un diplomate.
Le déploiement des 3 500 soldats de l’opération «Moisson essentielle» engagé, pour une durée limitée à trente jours, les diplomates en Macédoine s’inquiètent déjà du sort de l’ex-république yougoslave une fois l’Otan partie. Peu nombreux sont ceux qui croient sincèrement que le conflit sera oublié une fois que les rebelles albanophones de l’Armée de libération nationale (UCK macédonienne) auront volontairement rendu leurs armes en échange de réformes en faveur de la minorité albanaise de souche. L’Otan refuse de s’engager dans une troisième opération de maintien de la paix à durée indéterminée dans la poudrière des Balkans, et martèle que la «Moisson essentielle» est une étape historique pour le rétablissement de la paix et de la stabilité dans la région. Mais l’Alliance atlantique prend...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.