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Actualités - Chronologies

Poutine courtise l’Ukraine, - enjeu stratégique entre l’Est et l’Ouest

Le président russe Vladimir Poutine doit assister aujourd’hui et demain à Kiev aux cérémonies du dixième anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine, marquant ainsi sa volonté de renforcer son influence dans cette ex-république soviétique devenue un enjeu stratégique entre la Russie et l’Occident. «La taille et le rôle géostratégique (de l’Ukraine) en font une des clés de la stabilité à long terme de l’Europe», avait déclaré début juillet le secrétaire général de l’Otan George Robertson. Le dirigeant russe est attendu jeudi après-midi à Kiev où il s’entretiendra avec son homologue ukrainien Léonid Koutchma avant de participer dans la soirée à une cérémonie en compagnie du président polonais Aleksander Kwasniewski. M. Poutine assistera vendredi, jour anniversaire de l’indépendance, à un important défilé militaire et à l’inauguration d’un monument à la gloire de l’Ukraine. Ce sera la treizième fois que les présidents russe et ukrainien se rencontrent depuis l’accession de M. Poutine aux commandes de la Russie en mars 2000. Signe des temps, Kiev et Moscou ont récemment réglé – dans les grandes lignes – l’épineuse question de la dette gazière ukrainienne qui empoisonnait leurs relations. En outre, les industriels russes ont pénétré en force l’économie ukrainienne, remportant de nombreux appels d’offres pour l’achat d’entreprises stratégiques. On est donc aujourd’hui loin des premières années d’indépendance où les sentiments antirusses étaient de mise à Kiev, relèvent de nombreux experts. Les milieux nationalistes ont d’ailleurs vivement dénoncé ce qu’ils jugent être les «stratagèmes» du Kremlin et la politique «d’hypothéquer le pays» menée selon eux par le président Koutchma. «Les Russes savent que sans l’Ukraine, ils ne pourront pas recréer en Europe un pôle militaire capable de contrebalancer l’Otan», affirmait récemment un haut responsable de l’Alliance. Kiev n’est pas candidat à l’Otan – de peur de fâcher Moscou – mais n’exclut pas de rejoindre l’organisation militaire «à long terme». En revanche, «on rêve au Kremlin de faire entrer Kiev dans le traité d’union Russie-Bélarus», soulignait il y a peu un autre responsable de l’Otan. Ces derniers mois, le renforcement de la collaboration russo-ukrainienne s’était accompagné d’un sérieux refroidissement des relations entre Kiev et l’Occident. Plusieurs capitales occidentales s’inquiétaient alors de la «dérive autoritaire» du régime du président Koutchma, éclaboussé par l’affaire du meurtre d’un journaliste d’opposition et accusé de museler la presse. L’Union européenne et les États-Unis ont finalement mis de l’eau dans leur vin face à l’inquiétude croissante suscitée par l’intensification des relations ukraino-russes. Mi-juin, le président américain George W. Bush changeait ainsi son fusil d’épaule et appelait les Européens à soutenir l’Ukraine sur la voie des réformes et de la démocratie. En juillet, le secrétaire général de l’Otan se rendait à Kiev suivi par la conseillère spéciale du président américain chargée des questions de sécurité Condoleezza Rice et du haut représentant de l’UE pour la politique extérieure Javier Solana. Le président Koutchma, ravi d’être autant courtisé, s’était voulu rassurant : «Le développement des relations avec la Fédération russe (...) est complémentaire de notre rapprochement avec l’Union européenne», avait-il récemment soutenu. L’Ukraine reste dépendante de Moscou pour près de 70 % de son approvisionnement énergétique et le marché russe absorbe jusqu’à 40 % de ses exportations.
Le président russe Vladimir Poutine doit assister aujourd’hui et demain à Kiev aux cérémonies du dixième anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine, marquant ainsi sa volonté de renforcer son influence dans cette ex-république soviétique devenue un enjeu stratégique entre la Russie et l’Occident. «La taille et le rôle géostratégique (de l’Ukraine) en font une des clés de la stabilité à long terme de l’Europe», avait déclaré début juillet le secrétaire général de l’Otan George Robertson. Le dirigeant russe est attendu jeudi après-midi à Kiev où il s’entretiendra avec son homologue ukrainien Léonid Koutchma avant de participer dans la soirée à une cérémonie en compagnie du président polonais Aleksander Kwasniewski. M. Poutine assistera vendredi, jour anniversaire de l’indépendance, à un...