L’île de Beauté, théâtre de l’imbrication - entre politique et banditisme
le 23 août 2001 à 00h00
Une récente série d’assassinats en Corse, terre de violence ancestrale, met en lumière l’imbrication entre action politique et le banditisme. Avec une quarantaine d’homicides par an depuis dix ans, la Corse, dont la population n’est que de 260 000 habitants, est ainsi l’une des régions les plus criminogènes d’Europe. Elle arrive loin devant une autre île méditerranéenne, la Sicile, berceau de la mafia, ou le sud de l’Italie où sévissent des organisations aussi féroces que la camorra, à Naples, et la «ndrangheta», en Calabre. «Après une génération de militants sincères, des purs et durs de la cause nationaliste, dans les années 70 et 80, des personnages interlopes sont apparus sur la scène insulaire pratiquant “l’échange de services” avec le milieu», souligne un haut-fonctionnaire, spécialiste de la question corse. L’assassinat de deux hommes, mardi sur la côte orientale de l’île, dont l’un connu pour ses liens avec un groupe armé clandestin, illustre ce propos. Dominique Marcelli, 25 ans, avait été interpellé pour avoir participé à une conférence de presse clandestine d’Armata Corsa (Armée corse). Mais il était aussi connu de la police pour des activités de droit commun. Avec un autre individu, il a été tué par balles et carbonisé ensuite dans leur voiture. Cette technique criminelle – dite du «barbecue» dans les milieux policiers du sud-est – a été pratiquée à au mois six reprises, depuis le début de l’année, dans la région de Marseille, dans des affaires liées au trafic de stupéfiants ou au marché des machines à sous. En raison d’une traditionnelle discrétion, facilement appelée «loi du silence» pour évoquer «l’omerta sicilienne», dans une société où, selon une formule consacrée, «tout le monde connaît tout le monde» et où les codes moraux dans les activités sociales demeurent très rigides, la police connaît de grandes difficultés à élucider la plupart des crimes. Distinguer ainsi l’élimination d’un adversaire politique, d’un assassinat crapuleux, sur fond de concurrence pour des activités illégales ou de simple rivalité commerciale, apparaît ainsi à nombre d’enquêteurs comme un véritable casse-tête dans une île où le culte des armes, issu de siècles d’invasions, demeure vivace.
Une récente série d’assassinats en Corse, terre de violence ancestrale, met en lumière l’imbrication entre action politique et le banditisme. Avec une quarantaine d’homicides par an depuis dix ans, la Corse, dont la population n’est que de 260 000 habitants, est ainsi l’une des régions les plus criminogènes d’Europe. Elle arrive loin devant une autre île méditerranéenne, la Sicile, berceau de la mafia, ou le sud de l’Italie où sévissent des organisations aussi féroces que la camorra, à Naples, et la «ndrangheta», en Calabre. «Après une génération de militants sincères, des purs et durs de la cause nationaliste, dans les années 70 et 80, des personnages interlopes sont apparus sur la scène insulaire pratiquant “l’échange de services” avec le milieu», souligne un haut-fonctionnaire, spécialiste...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.