Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

états-unis - Démission prochaine de Greenspan ? - par Michel SANTI*

Alan Greenspan, le patron de la toute-puissante Fed, la Banque centrale US, devrait, selon des sources bien informées, présenter sa démission à la fin de cette année. Âgé de 75 ans, Greenspan, qui est sur le devant de la scène depuis plus de 10 ans, aurait eu une proposition dans le secteur privé. Si ces rumeurs devaient s’avérer fondées, Greenspan se retire à un moment on ne peut plus opportun tant il est vrai que de plus en plus d’indicateurs montrent l’économie américaine s’enfoncer dans la récession. Greenspan a été nommé à ce poste par le président Reagan en août 87 en remplacement de Paul Volcker. Par la suite, il a été confirmé à ce poste par tous les présidents successifs. À ce jour, il est le patron le plus respecté et le plus influent qu’ait jamais eu la Fed. Une certaine inimitié règne cependant entre les Bush et lui. En effet, les proches conseillers économiques de George W. Bush ne se gênent pas pour critiquer ouvertement certains aspects de sa politique. Par ailleurs, en 1992, son refus de baisser les taux d’intéret avait débouché sur une brève récession dans le pays et la victoire de Clinton contre M. Bush père. Son dernier mandat a débuté le 20 juin 2000 et un éventuel départ à la fin de cette année surviendrait plus de deux ans avant le terme des quatre ans prévus. Cela dit, tant les supporters de Greenspan que ses détracteurs s’accordent à lui reconnaître le mérite d’avoir été le chef d’orchestre du boom économique le plus impressionnant de l’histoire moderne. Or, depuis la déconfiture des valeurs technologiques en mars 2000, ce boom est de plus en plus remis en question... John Templeton, un des gourous de la Bourse aux USA, n’a-t-il pas qualifié la flambée de la Bourse américaine depuis 1990 comme «la plus grosse insanité qui ait jamais affecté une nation dans l’histoire» ? Récemment, les analystes ont applaudi les mesures visant à stimuler l’économie prises par Greenspan. Ainsi, depuis leur sommet à 6,5 % l’an dernier, il a réduit les taux d’intérêt de 2,75 % en six étapes. Ces mêmes analystes prévoient encore d’autres baisses des taux, la prochaine à l’occasion de la réunion de la Banque centrale US le 21 août. Cependant, les officiels de l’Administration Bush reprochent à Greenspan d’avoir plongé le pays dans le marasme actuel avec, par exemple, un indice de profitabilité des entreprises US qui s’est dégradé de 17 % en 12 mois. Et il semblerait que l’on ne soit pas encore au bout du tunnel... Les amis de Bush lui reprochent d’avoir voulu favoriser l’élection de Gore en 2000 en ne relevant les taux qu’au dernier moment, alors qu’il savait pertinemment que le pays était alors en état de surchauffe. Son erreur aura été de n’avoir pas freiné ou modéré à temps une économie en plein boom. Ainsi, les hausses des taux s’étant étalées de novembre 1998 à mai 2000, ses détracteurs argumentent qu’il était parfaitement conscient que leurs effets ne se feraient sentir qu’à la fin de l’année 2000, soit après les élections présidentielles. Les officiels de l’Administration Bush insistent également sur la manière tout à fait inhabituelle qu’avait Greenspan de se concerter avec Clinton sur la politique monétaire. En effet, durant les précédentes administrations, les communications entre la Fed et la Maison-Blanche étaient réduites au strict minimum, et ce pour des raisons politiques propres aux deux parties. Par exemple, lorsque à son arrivée au pouvoir, Reagan avait demandé à rencontrer Volcker, celui-ci avait refusé de se rendre au bureau ovale, préférant que la rencontre ait lieu dans un endroit plus neutre ! Un des ingrédients essentiels à toute croissance économique est un climat de confiance, de stabilité propre à motiver tant la consommation intérieure que les investissements venant de l’extérieur. Greenspan avait su établir et pérenniser ce climat avec maestria. La recherche d’un successeur n’en sera que plus ardue dans la conjoncture économique difficile aux États-Unis. * Michel Santi est un économiste diplômé de l’Université de Genève. Il a occupé divers postes de responsabilité auprès des groupes Indosuez, BNP et Royal Bank of Canada en Suisse. Michel Santi écrit régulièrement pour le Financial Times, le Journal de Genève ainsi que divers journaux financiers européens.
Alan Greenspan, le patron de la toute-puissante Fed, la Banque centrale US, devrait, selon des sources bien informées, présenter sa démission à la fin de cette année. Âgé de 75 ans, Greenspan, qui est sur le devant de la scène depuis plus de 10 ans, aurait eu une proposition dans le secteur privé. Si ces rumeurs devaient s’avérer fondées, Greenspan se retire à un moment on ne peut plus opportun tant il est vrai que de plus en plus d’indicateurs montrent l’économie américaine s’enfoncer dans la récession. Greenspan a été nommé à ce poste par le président Reagan en août 87 en remplacement de Paul Volcker. Par la suite, il a été confirmé à ce poste par tous les présidents successifs. À ce jour, il est le patron le plus respecté et le plus influent qu’ait jamais eu la Fed. Une certaine inimitié règne...