Le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a réaffirmé avec force lors d’une tournée africaine achevée mardi soir à Kinshasa la volonté de la France de voir garantie l’intégrité territoriale de la RDCongo, déchirée par une guerre régionale depuis trois ans.«La République démocratique du Congo est aujourd’hui occupée par plusieurs pays voisins», a commenté auprès de quelques journalistes M. Védrine à l’issue d’un entretien avec le président congolais Joseph Kabila qui a marqué la fin de son périple en Afrique centrale. Pour la France, a ajouté le chef de la diplomatie française, la restauration de l’intégrité territoriale de l’ex-Zaïre est «fondamentale», non seulement pour l’Afrique centrale, déstabilisée par ce conflit qui a fait selon certaines estimations humanitaires et le gouvernement de Kinshasa jusqu’à 2,5 millions de morts, mais pour l’ensemble du continent. La guerre oppose depuis août 1998 les forces gouvernementales, appuyées par l’Angola, le Zimbabwe et la Namibie, à des factions rebelles soutenues par le Rwanda et l’Ouganda. La coalition rebelle contrôle la moitié orientale du pays. Notant qu’il s’agit d’un conflit «compliqué», M. Védrine a expliqué que pour Paris, comme pour l’Union européenne, son règlement passe par «l’application pleine et entière» de l’accord de cessez-le-feu signé à Lusaka en juillet-août 1999 et des résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu qui complètent cet accord. Tout au long de sa tournée qui l’a mené successivement en Tanzanie, en Ouganda, au Rwanda, au Congo-Brazzaville et en RDC, le chef de la diplomatie française a fait part de la «préoccupation» de la communauté internationale «de voir cet accord se heurter à des obstacles». M. Védrine faisait notamment allusion aux accrocs dans le désengagement des troupes des lignes de front, notamment des forces de la rébellion du Mouvement de libération du Congo (MLC, soutenu par l’Ouganda), et au calendrier de retrait des forces étrangères de l’ex-Zaïre. «Je suis venu exprimer notre attente pressante» de la levée de ces obstacles, a indiqué le ministre français. Dans le complexe processus de paix de Lusaka, «il y a un nœud qu’il faut surmonter», selon lui. Ce «nœud», c’est le désarmement des milices extrémistes hutues rwandaises Interahamwe, auteurs du génocide rwandais de 1994. Ces milices sont installées depuis sept ans dans l’est de l’ex-Zaïre, dans une zone contrôlée depuis trois ans par l’armée rwandaise et la rébellion de RDC. L’accord de cessez-le-feu prévoit le désarmement de ces milices, dans le cadre de la démobilisation des «forces négatives» basées en RDC. Le gouvernement rwandais affirme que son armée est engagée dans l’ex-Zaïre en raison de la menace que représentent ces miliciens, soutenus selon Kigali par la coalition loyaliste de RDC. Kinshasa a toujours nié un tel soutien. Selon le gouvernement congolais, qui a dénoncé à plusieurs reprises «une guerre de pillage» contre la RDC, le régime de Kigali a des volontés «expansionnistes» et des vues sur les richesses minières et agricoles de l’est du pays. «Les Rwandais disent qu’ils sont obligés de rester» en RDC du fait de la présence de ces Interahamwe, a relevé M. Védrine. Le ministre français a appelé le gouvernement de Kinshasa à «faire tout ce qu’il peut» en matière de désarmement dans «les zones sous son contrôle». M. Védrine a indiqué que le général-major Kabila lui a «paru déterminé» sur ce dossier.
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