es détails officieux, ils ne les révéleront jamais, envoyés spéciaux qu’ils sont du gouvernement libanais, mais les détails officiels sont publiés au quotidien, traduction en images des moments politiques, importants et moins importants. Laissant leurs photos parler pour eux, ils impriment encore sur papier et dans une mémoire collective des moments et des évènements qui ont marqué notre histoire, témoignages d’une époque chargée de petites histoires. Antoine Dalati & Antoine Nohra ont été – et sont toujours – «le» photographe officiel du gouvernement libanais. Un record pour une exclusivité. Nohra est décédé il y a quelques années. Dalati tient encore le flambeau, assisté par les enfants Dalati et Nohra et une caméra réactualisée, inséparable complice qui ne le quitte jamais. Rattrapé aujourd’hui par de nombreux photographes de presse qui se sont légitimement glissés dans la profession, le couple conserve tout de même le glorieux et singulier titre honorifique de photographe officiel. Un honneur sans doute bien mérité puisque Antoine Dalati fut un précurseur, l’un des premiers à avoir foulé le sol du Sérail, du haut de ses seize ans. L’art de la photographie, dans ce qu’elle avait de plus élémentaire, lui fut communiqué par un oncle maternel qui possédait son studio à Zahlé et un ami de la famille également dans la profession. La photo que Béchir n’a pas vue À ses débuts en 1943, il fait «des petites choses» et des photos d’actualité qu’il distribue aux sept ou huit quotidiens de l’époque. C’est au Parlement, dont Nohra était le rédacteur, qu’il rencontre son homonyme, devenu plus tard son complice. Chargé par l’agence de presse arabe de photographier un cocktail donné sur un yacht ayant appartenu à… Hitler, «une personne m’a attiré l’attention». Farid Chéhab, alors fraîchement nommé directeur de la Sûreté générale, lui demande de le prendre en photo. «J’ai aimé tes photos, lui confiera-t-il en voyant le résultat. Demain, je te prends avec moi au Palais présidentiel». Aussitôt dit, aussitôt fait. Le jeune reporter débarque à Kantari et rencontre enfin le président Béchara el-Khoury. «J’ai ainsi pris l’habitude de me rendre au Sérail alors situé à Bourj, le président siégeait à droite, les ministres à gauche. Je photographiais les réunions, courait à la maison développer les photos pour les distribuer à la presse», confie un Dalati aux cheveux blancs mais encore plein de projets. «Lorsque le travail est devenu trop important, nous avons déménagé dans un bureau situé à la place Riad el-Solh». Neuf présidents, plus d’une centaine de voyages plus tard, «le» photographe officiel se rappelle et partage certains souvenirs marquants, la première conférence de l’Unesco au Liban, le naufrage du Champollion, la rencontre secrète entre le président Chéhab et Abdel Nasser à la frontière libano-syrienne, «je ne savais pas où j’allais ! Une fois arrivé, j’étais seul là bas, c’était impressionnant», l’humour du président Hélou, «“ne me photographies pas de trop près”, me répétait-il !», la ponctualité du général de Gaulle, la simplicité de Béchir Gemayel, «je lui ai fait sa photo officielle quelques jours avant sa mort. Il ne l’a jamais vue», les nombreux bombardements du Palais présidentiel durant la guerre civile, «nous n’avons jamais photographié la guerre, mais nous avons souvent été la cible de bombardements alors que nous faisions notre travail». Pour faire ce métier et le réussir, il lui fallait bien sûr savoir «tirer plus vite que son ombre», mais également posséder une grande culture politique. Connaître tous les visages des personnalités importantes de ce monde, leurs fonctions, les changements. «Nous n’avons pas droit à l’erreur !». Et une mémoire à toute épreuve. «Toutes nos archives ont été brûlées. Le travail d’une vie» qui se poursuit quand même avec bonheur, malgré le départ de Nohra et une opération à cœur ouvert d’un Dalati de plus de soixante-dix ans encore en super forme. «Nous avons actuellement 10 reporters qui travaillent pour nous, dont deux permanents au Palais et deux autres au ministère. Et je continue ! Je suis très attaché à ce métier. Il m’offre tous les jours quelque chose de nouveau. J’en rêve encore ! Mon plaisir de photographier est immense, illimité». Antoine Dalati a réintégré l’album de ses souvenirs qu’il a quitté un moment pour nous faire partager ses émotions ; il y retrouve sa place «officielle» et affective parmi toutes ces images du passé et du présent.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats es détails officieux, ils ne les révéleront jamais, envoyés spéciaux qu’ils sont du gouvernement libanais, mais les détails officiels sont publiés au quotidien, traduction en images des moments politiques, importants et moins importants. Laissant leurs photos parler pour eux, ils impriment encore sur papier et dans une mémoire collective des moments et des évènements qui ont marqué notre histoire, témoignages d’une époque chargée de petites histoires. Antoine Dalati & Antoine Nohra ont été – et sont toujours – «le» photographe officiel du gouvernement libanais. Un record pour une exclusivité. Nohra est décédé il y a quelques années. Dalati tient encore le flambeau, assisté par les enfants Dalati et Nohra et une caméra réactualisée, inséparable complice qui ne le quitte jamais. Rattrapé aujourd’hui...