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Actualités - Chronologies

Algérie - Le Festival mondial de la jeunesse boycotté par la Kabylie

Alger s’apprête à accueillir demain mercredi près de 15 000 participants au 15e Festival mondial de la jeunesse et de l’étudiant boycotté par la Kabylie, «en deuil» à la suite des émeutes qui l’ont ensanglantée de fin avril à fin juin. Quelque 140 pays seront représentés à ce festival qui se tient pour la première fois dans un pays africain et arabe, selon le président du comité d’organisation Abdelaziz Belaïd. Faisant fi de l’interdiction des autorités, des milliers de Kabyles vont manifester, le jour même de l’ouverture du festival, et marcher en direction de la présidence de la République à l’appel de la Coordination des tribus et des villages qui a pris en main la contestation. Des émeutes avaient éclaté en Kabylie à la suite de la mort, le 18 avril, d’un lycéen dans une gendarmerie à Beni Douala, dans la région de Tizi Ouzou (110 km à l’est d’Alger). Elles ont fait 60 morts et plus de 2 000 blessés, selon un bilan officiel. Le rapport d’une commission d’enquête présidée par un professeur de droit, M. Mohand Issad, rendu public le 29 juillet, avait conclu à la responsabilité de la gendarmerie dans le déclenchement et la répression des émeutes. La cérémonie d’ouverture du festival, que les autorités veulent «grandiose», se déroulera au Stade olympique du 5 juillet, sur les hauteurs d’Alger, que les manifestants kabyles ont choisi comme lieu de rassemblement. Une chorale d’un millier d’enfants chantera l’hymne du festival composé par le célèbre musicien algérien Safy Boutella, qui a également mis au point une chorégraphie, La source, ayant pour thème l’eau symbolisant la vie et la paix. Dans un message adressé aux participants, la coordination a estimé qu’en organisant ce festival, «le pouvoir tente de se procurer une caution internationale pour occulter sa nature génocidaire et brutale». «Afin de ne pas vous laisser entraîner dans cette mascarade, nous vous demandons de décliner simplement l’invitation et de ne pas participer à cette manifestation», a-t-elle ajouté à l’adresse des participants. Entre-temps, les travaux d’embellissement de la capitale et d’aménagement des sites devant accueillir les participants vont bon train. Un budget de 380 millions de dinars (38 millions de FF) a été alloué aux organisateurs. Le ministère de l’Intérieur ayant interdit la manifestation, les forces de sécurité vont certainement bloquer tous les accès de la capitale comme ils l’ont fait le 5 juillet, lorsqu’elles ont empêché une marche des délégués kabyles. De son côté, la coordination des tribus et villages de Kabylie s’est préparée à toute éventualité. Des consignes strictes ont été données aux «encadreurs» de la manifestation, près d’un millier de personnes, pour éviter tout débordemennt et conserver un caractère «pacifique» à la marche. Si les manifestants sont empêchés de rejoindre la présidence comme prévu, ils doivent organiser un sit-in devant le stade. En cas de barrages sur les routes, ils doivent descendre des véhicules et organiser des sit-in sur place, selon ces consignes arrêtées lors d’une ultime réunion. «Il n’y aura pas un nouveau 14 juin», a affirmé un membre de la coordination dans une allusion à la manifestation qui avait, ce jour-là, tourné à l’émeute à Alger, faisant au moins six morts et des centaines de blessés. Les Kabyles avaient accusé les autorités d’avoir «planifié» ces émeutes en «infiltrant» la manifestation par des provocateurs.
Alger s’apprête à accueillir demain mercredi près de 15 000 participants au 15e Festival mondial de la jeunesse et de l’étudiant boycotté par la Kabylie, «en deuil» à la suite des émeutes qui l’ont ensanglantée de fin avril à fin juin. Quelque 140 pays seront représentés à ce festival qui se tient pour la première fois dans un pays africain et arabe, selon le président du comité d’organisation Abdelaziz Belaïd. Faisant fi de l’interdiction des autorités, des milliers de Kabyles vont manifester, le jour même de l’ouverture du festival, et marcher en direction de la présidence de la République à l’appel de la Coordination des tribus et des villages qui a pris en main la contestation. Des émeutes avaient éclaté en Kabylie à la suite de la mort, le 18 avril, d’un lycéen dans une gendarmerie à Beni...