Douze ans bientôt que saudades et mornas ont débarqué sur la scène world music, provenance Cap-Vert, Cesaria Evora en vigie. Miss perfumado sourit davantage, elle semble même rajeunir. Sa musique s’enrichit de sons cuivrés, tropicaux parfois. Cize, pour les amis, diva issue de «l’aristocratie mondiale des chanteuses de bar», a l’œil moqueur et le sourire malicieux de celles à qui on apprend pas la vie. São Vicente di longe, huitième opus de Cesaria Evora, débarque deux ans après le succès remarqué de Café atlantico et s’inscrit dans sa lignée : maturité heureuse, curiosité à tous vents. «Tu voles le temps», lui disait, lors d’une séance d’enregistrement, Compay Segundo. Cesaria, en effet, ne se refuse rien, trop contente à l’âge qui pour d’autres sonnerait la retraite, d’aller où bon lui semble, de marier des musiques sœurs. Luxe dû au succès, elle peut aujourd’hui s’accompagner d’un orchestre de 60 musiciens et peaufiner ses arrangements. Quatre duos marquent l’album : mélopée mièvre avec Pedro Guerra, Tiempo y silencio ; complicité swinguante et légère comme l’eau d’une fontaine avec l’Orquesta Aragon, Linda Mimosa ; la même et surprenante latitude de voix avec Caetano Veloso, Regresso ; le piano comme une pluie au soleil du complice Chucho Valdés, pour un blues des éternels maux du cœur, Negue. Duos «star système» ? La dame, visiblement, y prend plaisir, et hormis Tiempo y silencio, ils sont plutôt réussis. Ces nouveautés n’oblitèrent pas les classiques mornas, concoctées par ses auteurs fétiches. Cesaria Evora, plus libre, se permet même sur Ponta de Fi, qu’elle a co-composé, quelques éclats de rire. Mais que l’on se rassure, la mamie du blues capverdien est toujours la même, et les intemporels Negue ou Crepuscular Solidão sont là pour le rappeler.
Douze ans bientôt que saudades et mornas ont débarqué sur la scène world music, provenance Cap-Vert, Cesaria Evora en vigie. Miss perfumado sourit davantage, elle semble même rajeunir. Sa musique s’enrichit de sons cuivrés, tropicaux parfois. Cize, pour les amis, diva issue de «l’aristocratie mondiale des chanteuses de bar», a l’œil moqueur et le sourire malicieux de celles à qui on apprend pas la vie. São Vicente di longe, huitième opus de Cesaria Evora, débarque deux ans après le succès remarqué de Café atlantico et s’inscrit dans sa lignée : maturité heureuse, curiosité à tous vents. «Tu voles le temps», lui disait, lors d’une séance d’enregistrement, Compay Segundo. Cesaria, en effet, ne se refuse rien, trop contente à l’âge qui pour d’autres sonnerait la retraite, d’aller où bon lui...
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