Dans un silence ô combien bruissant de paroles non dites, tu es partie ce mercredi 25 juillet 2001. Ce silence, tu en as fait ta devise durant toute ta vie, car il te maintenait dans une sérénité à nulle autre pareille, et pourtant... À l’intérieur de toi, les mots se bousculaient... Mais discrète comme tu l’étais, respectueuse de la vie en commun, des valeurs et des autres, de n’importe quel autre, quel qu’il soit, tu affichais cette sagesse, et quelle sagesse ! Celle qui tempérait, celle qui modérait, celle qui était beaucoup plus forte que tous les engagements particuliers... Oui, beaucoup de sérénité, beaucoup de sagesse, beaucoup de modération, beaucoup de savoir-faire, beaucoup de générosité de cœur, beaucoup de discrétion et surtout, beaucoup d’efficacité, car ton objectif débordait tout intérêt, qu’il soit familial, partisan ou autre... Ton objectif, Ibtihage, rejoignait celui de tous ceux qui furent des piliers du collège Louise Wegmann et desquels tu en fais partie : mener le collège à destination, celle qu’il s’était fixée le jour de sa fondation. Ibtihage, si tous ceux qui t’ont connue, tant aimée et autant respectée sont douloureusement affectés par ta subite et rapide disparition, c’est parce que tu avais encore à donner, non seulement à ta famille et surtout à tes petits-enfants, mais aussi au collège, toi qui as su être présente aux moments les plus difficiles. Comment oublier, non seulement le Carmel de notre enfance, mais aussi ces longues années passées ensemble au sein du comité des enseignants, un comité qui cherchait, en ce temps-là, et à l’image d’un pays alors désarticulé, à survivre au-delà des divergences qui le tiraillaient ? Et tu as su, et de quelle manière, et grâce à ton attitude positive et à ton souci permanent du bien du collège et du bien-être de tes collègues, tu as su lui insuffler une nouvelle vie, celle d’une réelle solidarité, seule capable de préserver l’intérêt commun et de limiter les dégâts... Et pourtant, tu n’étais pas satisfaite, tu ambitionnais davantage, mais tu n’ignorais pas que toute action collective avait pour limites celles que lui imposaient le contexte, la situation ainsi que les potentialités humaines qui, par moments, s’essoufflaient... Et tu es partie. Emportant avec toi des sollicitations, des rectifications, des ajustements, des déceptions et une amertume certaine... Au revoir, Ibtihage... Que ton âme repose en paix et que ton souvenir serve d’exemple à ceux qui possèdent la foi et qui ont compris que cette vie n’est que le plus court chemin qui mène à l’autre Vie.
Dans un silence ô combien bruissant de paroles non dites, tu es partie ce mercredi 25 juillet 2001. Ce silence, tu en as fait ta devise durant toute ta vie, car il te maintenait dans une sérénité à nulle autre pareille, et pourtant... À l’intérieur de toi, les mots se bousculaient... Mais discrète comme tu l’étais, respectueuse de la vie en commun, des valeurs et des autres, de n’importe quel autre, quel qu’il soit, tu affichais cette sagesse, et quelle sagesse ! Celle qui tempérait, celle qui modérait, celle qui était beaucoup plus forte que tous les engagements particuliers... Oui, beaucoup de sérénité, beaucoup de sagesse, beaucoup de modération, beaucoup de savoir-faire, beaucoup de générosité de cœur, beaucoup de discrétion et surtout, beaucoup d’efficacité, car ton objectif débordait tout intérêt,...
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