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Actualités - Chronologies

L’Indonésie illustre le rôle - des dynasties familiales en Asie

L’accession au pouvoir à Djakarta de Megawati Soekarnoputri, fille du premier président de l’Indonésie, illustre le rôle des dynasties familiales à travers l’Asie. Le nom prestigieux de la nouvelle présidente, dont la signification n’est autre que «fille de Soekarno», a incontestablement servi son accession au pouvoir lundi en Indonésie.«C’était son principal capital en politique», a estimé Mochtar Buchori, un des responsables du parti de Mme Megawati, le Parti démocratique de lutte (PDI-P). «Si elle n’avait pas été la fille de Soekarno, je ne pense pas qu’elle aurait été aussi loin», a-t-il renchéri. Mme Megawati a souvent été critiquée pour son manque supposé de sens politique ou pour la distance qui la sépare de ceux dont elle a désormais la charge, contrairement à son père, président très charismatique. Mais selon M. Buchori, cela n’importe guère pour des millions d’Indonésiens qui cherchent désespérément un leader dans la lignée de Soekarno. Mme Megawati n’est cependant pas la seule en Asie à avoir ainsi bénéficié d’un nom prestigieux. Aux Philippines, la présidente Gloria Macapagal Arroyo est la fille de Diosdado Macapagal, chef d’État de 1961 à 1965. Les deux femmes ont un autre point en commun : elles sont arrivées à la tête de l’État après la destitution de leur prédécesseur et en leur qualité de vice-présidente. Aux Philippines encore, Cory Aquino a chassé du pouvoir le dictateur Ferdinand Marcos, trois ans après l’assassinat de son mari, Benigno «Ninoy» Aquino, en 1983. Plus à l’est, la dynastie des Gandhi-Nehru est une des plus célèbres en Asie. Elle a déjà donné à l’Inde trois Premiers ministres et Sonia Gandhi est aujourd’hui chef du Parti du Congrès et donc en lice pour le poste de chef du gouvernement. L’histoire de cette dynastie débute avec Jawaharlal Nehru, premier chef du gouvernement indien après l’indépendance en 1947. Sa fille Indira, épouse de Feroze Gandhi (sans relation avec Mahatma Gandhi), devient à son tour Premier ministre en 1967 jusqu’à son assassinat en 1984. Son fils Rajiv lui succédera avant d’être lui-même assassiné en 1991. Sonia Gandhi, d’origine italienne, n’est autre que son épouse, et on prête parfois des ambitions politiques à sa fille Priyanka. Il est également des pays, comme la Birmanie, où l’aura d’un père est un héritage politique. Aung San Suu Kyi, chef de l’opposition à la junte au pouvoir à Rangoon, est la fille du général Aung San, cher à la mémoire des Birmans, y compris des militaires. Assassiné en 1947, peu avant l’indépendance, ce général est le héros de l’émancipation anticoloniale. Selon l’analyste politique régional Alan Dupont, le manque d’éducation ou de culture politique des électeurs en Asie est l’un des principaux facteurs qui expliquent la force d’attraction de ces dynasties. «Cela a tendance à se produire dans les pays en développement où les noms de famille ont plus d’importance», a expliqué M. Dupont de l’Université nationale d’Australie. Ce chercheur souligne aussi que le prestige d’un nom de famille peut également être utile en Occident, aux États-Unis par exemple où le patronyme Kennedy, ou Bush, ouvre incontestablement des portes. «L’Indonésien moyen qui travaille dans une rizière n’a pratiquement aucune culture politique à part les noms de famille prestigieux», estime ce chercheur, qui souligne toutefois que ce schéma tend à disparaître au fur et à mesure que le niveau de culture progresse. L’Asie est aussi le seul continent où l’on trouve la première et unique dynastie communiste de l’histoire, en Corée du Nord, où Kim Jong-Il a succédé à son père, le dictateur stalinien Kim Il-Sung.
L’accession au pouvoir à Djakarta de Megawati Soekarnoputri, fille du premier président de l’Indonésie, illustre le rôle des dynasties familiales à travers l’Asie. Le nom prestigieux de la nouvelle présidente, dont la signification n’est autre que «fille de Soekarno», a incontestablement servi son accession au pouvoir lundi en Indonésie.«C’était son principal capital en politique», a estimé Mochtar Buchori, un des responsables du parti de Mme Megawati, le Parti démocratique de lutte (PDI-P). «Si elle n’avait pas été la fille de Soekarno, je ne pense pas qu’elle aurait été aussi loin», a-t-il renchéri. Mme Megawati a souvent été critiquée pour son manque supposé de sens politique ou pour la distance qui la sépare de ceux dont elle a désormais la charge, contrairement à son père, président très...