Le marché libanais des changes a connu une semaine très calme et dépourvue d’initiatives en dehors des besoins commerciaux courants de certains opérateurs en dollar et de quelques banques en livre libanaise pour le réajustement de leurs positions en devises. La persistance des inquiétudes économiques dans un climat social très tendu, ajoutée à l’aggravation de la situation entre Palestiniens et Israéliens qui risque d’entraîner la région dans une nouvelle guerre dévastatrice, semble expliquer cette atmosphère d’expectative et de prudence entourant le marché. Cela étant, la plupart des détenteurs de fonds continuent d’opter pour le «wait and see» en cette période, se contentant d’expédier leurs affaires courantes et s’abstenant de prendre d’autres initiatives en dehors de ce cadre. Ce phénomène est venu donc contracter l’activité sur un marché toujours dominé par la stricte surveillance de la Banque du Liban (BDL) dont l’objectif consiste à préserver la stabilité monétaire dans le pays coûte que coûte. À cet effet, celle-ci a continué de se déclarer, tous les jours, prête à acheter et à vendre simultanément le dollar entre 1 501,00 LL et 1 514,00 LL. Dans ces conditions, le billet vert devait être invariablement fixé, de lundi à vendredi, au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus de 21 mois. Mais en raison de la pénurie d’offre en dollar et du faible potentiel de la demande en cette monnaie limitée aux besoins commerciaux courants, les établissements de crédit ont été amenés à le négocier invariablement au haut de cette fourchette d’intervention de la BDL et rarement en dehors d’elle, et ce jusqu’à la fin de la semaine. Cela étant, le volume des échanges ne s’est guère développé pendant toute cette période, ne dépassant pas au total quelque quarante millions de dollars, en grande partie placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL et le reste par les banques de la place à ce même taux, et ce dans un marché très calme et sans relief. L’euro soutenu par les mauvaises perspectives de Greenspan sur l’économie américaine À l’étranger, l’euro s’est nettement raffermi cette semaine, atteignant ses plus hauts depuis deux mois, grâce à un discours pessimiste du président de la Réserve fédérale américaine (Fed) et à la prudence des cambistes avant la réunion du groupe des Huit (le groupe des sept pays occidentaux les plus industrialisés plus la Russie). Après un début de semaine en demi-teinte, la monnaie unique européenne a franchi dès mercredi le seuil de 0,86 dollar puis de 0,87, pour la première fois depuis la fin mai. L’euro s’est maintenu au-dessus de 0,85 dollar, lundi et mardi, dans l’attente du discours mercredi d’Alan Greenspan, le président de la Fed, prononcé devant la Chambre des représentants du Congrès. Le pessimisme du président de la Fed sur l’économie américaine a dopé la monnaie unique. Selon M. Greenspan, des incertitudes considérables continuent de peser sur l’activité économique aux États-Unis. «Si cette situation devait persister, il faudrait alors assouplir davantage la politique monétaire», a-t-il déclaré en présentant les prévisions économiques semi-annuelles de la Fed. «Nous ne sommes pas sortis d’affaires et les conditions de l’économie continuent à se détériorer», a-t-il ajouté. Selon la plupart des analystes financiers, le marché s’attendait à un discours plus équilibré de Greenspan. Le billet vert s’est également ressenti par des rumeurs de pressions des industriels manufacturiers américains sur le président George W. Bush, pour qu’il donne des signes d’assouplissement de la politique du dollar fort au sommet des pays du groupe des Huit à Gênes (Italie). Cela d’autant que la force du dollar face aux principales monnaies pénalisait la compétitivité des entreprises américaines. La monnaie unique s’est passagèrement repliée jeudi sous le seuil de 0,87 dollar, après la décision de la Banque centrale européenne (BCE) d’observer un statu quo monétaire à l’issue de la réunion bimensuelle de son conseil de gouverneurs. La BCE a laissé inchangé son principal taux directeur à 4,50 %, malgré le ralentissement de l’inflation dans la zone euro. Cette décision, largement anticipée, n’en a pas moins déçu les marchés qui estiment que seul un assouplissement monétaire pourra relancer une croissance européenne flageolante. Mais l’euro s’est vite remis de ce coup de blues, repartant vers le haut hier sur une nouvelle vague de rumeurs à propos d’un infléchissement de la politique américaine de dollar fort. Le président George W. Bush a affirmé jeudi soir que le marché et lui seul devait déterminer la valeur du dollar, en réponse à certaines inquiétudes quant à un billet vert trop fort. «La meilleure façon de déterminer la valeur du dollar est de laisser le marché déterminer cette valeur», a déclaré le président américain lors d’une conférence de presse à la base aérienne de Halton (ouest de Londres). Ces propos, qualifiés par certains cambistes de neutres, ont été au contraire interprétés comme un signe d’éloignement de la politique de dollar fort par d’autres. «Les opérateurs se cherchent des excuses en interprétant tout ce qu’il dit comme une occasion de vendre du dollar», a estimé une analyse de la Standard Chartered Bank, qui s’attend à un fléchissement de la monnaie unique européenne la semaine prochaine, une fois la réunion du groupe des Huit terminée. Cela d’autant qu’il y a eu hier quelques commentaires du groupe des Sept assez positifs pour les perspectives de croissance de l’économie américaine. Quoi qu’il en soit, on n’a pas assisté encore à un quelconque retournement de sentiment à l’égard du dollar qui s’est négocié à New York à la fin de cette semaine sur un ton faible, comme suit : – 0,8715 pour un euro contre 0,8545, vendredi dernier – 1,4305 pour un sterling contre 1,4040 – 2,2445 DM contre 2,2890 – 7,5270 FF contre 7,6765 – 1,7260 FS contre 1,7695 – 2 221,80 lires contre 2 265,95 – 122,85 yens contre 124,90. Une semaine de déprime sur les grandes Bourses internationales Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières, qui avaient pris de l’avance la semaine dernière, ont plongé dans l’irrégularité cette semaine après une avalanche de résultats de sociétés aux États-Unis réservant de bonnes et de mauvaises surprises. La Bourse électronique Nasdaq a donc décroché sur des ventes bénéficiaires après que de nombreux groupes comme IBM, Apple, Intel, Microsoft... ainsi que des équipementiers téléphoniques et des fabricants de semi-conducteurs eurent émis des prévisions de résultats pessimistes pour les prochains mois. Pourtant, Wall Street a été soutenue par des résultats plus ou moins rassurants de General Motors, Coca Cola, Caterpillar, Eastman Kodak, Johnson & Johnson, International Paper... , lui faisant oublier l’abaissement par Standard & Poor’s des notes des trois grandes d’affaires américaines Merrill Lynch, Morgan Stanley et Goldman Sachs, pendant que le groupe financier American Express annonçait une chute de 76 % de son bénéfice au deuxième trimestre. Mais il n’en demeure pas moins que des indicateurs économiques n’ont pas pu laisser percer une lueur d’espoir pour la reprise économique avec la rechute de la production industrielle américaine de 0,7 % le mois dernier. Cela d’autant que le président de la Fed, Alan Greenspan, venait de dresser un tableau sombre de l’économie américaine devant la commission des Finances de la Chambre des représentants du Congrès. Certes, la perspective d’un nouvel assouplissement monétaire aux États-Unis ne devait guère rassurer les investisseurs et l’indice composite Nasdaq devait renouer avec la baisse, perdant d’une huitaine à l’autre 2,88 % à 2 024,63 points hier en préclôture contre 2 084,79 points à la fin de la semaine dernière. De son côté, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles est parvenu à réduire ses gains à 0,33 % en affichant 10 574,35 points contre 10 539,06 points pendant la même période. Pour ce qui est des autres grandes Bourses européennes, elles sont restées cantonnées dans de petits volumes cette semaine dans des marchés gouvernés par les valeurs technologiques qui ont pesé sur la tendance par leurs perspectives pessimistes qui sont venues s’ajouter au discours alarmant de Greenspan. De fait, les opérateurs ont été découragés par le manque de visibilité sur l’avenir de leurs placements dans certaines grandes sociétés, craignant que la semaine prochaine ne leur réserve encore de mauvaises surprises. Il y a eu donc cette semaine de forts courants de ventes sur toutes les Bourses européennes les déstabilisant. En effet, l’indice CAC 40 de la Bourse de Paris a dû abandonner 2,88 % à 4 880,70 points à la clôture de cette semaine contre 5 025,24 points à la fin de la semaine dernière, ainsi que l’indice Extra Dax de la Bourse de Francfort qui perdu 2,77 % à 5 764,06 points contre 5 928,01 points et l’indice Footsie de la Bourse de Londres qui a cédé 2,71 % à 5 387,10 points contre 5 537,00 points pendant la même période. Enfin, cette semaine a été aussi mauvaise pour la Bourse de Tokyo, en retrait dans le sillage des valeurs technologiques américaines qui ont entraîné dans leur sillage leurs homologues japonaises et dans l’attente des chiffres du produit intérieur brut (PIB) américain au deuxième trimestre devant être publiés la semaine prochaine ainsi que les résultats des élections sénatoriales au Japon. En effet, l’indice Nikkei a fléchi de 3,62 % à 11 908,39 points en clôture cette semaine contre 12 355,15 points à la fin de la semaine dernière.
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