Les investisseurs étrangers devraient se précipiter à Pékin dans la perspective des Jeux olympiques de 2008, attirés par une manne de 20 milliards de dollars (23,413 milliards d’euros) prévue pour moderniser d’ici là la capitale chinoise. Les considérations financières n’ont pas été absentes de la décision du Comité international olympique (CIO) d’accorder vendredi les JO au pays le plus peuplé du monde, dont la croissance économique a battu tous les records du monde depuis 20 ans. Les grandes marques sportives mondiales guettent particulièrement les retombées commerciales des JO, espérant que l’événement se traduira par un surcroît de notoriété dans un marché aux 1,3 milliard de consommateurs. Outre les marques sportives, tous les secteurs misent sur les colossaux chantiers d’infrastructures que Pékin va engager pour pouvoir accueillir la grand messe du sport. Cherchant à se placer le plus tôt possible, les parraineurs étrangers comme Motorola, Xerox et General Motors ont assuré près de la moitié du budget de 24 millions de dollars (28,096 millions d’euros) du Comité de candidature de Pékin (Bobico). La Chine prévoit de consacrer plus de 20 milliards de dollars à la modernisation de la capitale avant 2008. Seul un dixième de la somme doit servir à la construction des installations sportives et au village olympique. Quelque 3,7 milliards (4,33 milliards d’euros) doivent aller aux transports. Pékin, qui vient d’inaugurer son quatrième périphérique, prévoit d’en achever un cinquième dans les sept ans qui viennent. La ville doit aussi creuser de nouvelles lignes de métro pour étoffer un réseau encore rachitique de deux lignes seulement. Le bâtiment sera soutenu par la construction d’hôtels nécessaires aux futurs spectateurs. 200 usines vont déménager La moitié du budget olympique ira à l’environnement, Pékin devant à tout prix se débarrasser de son étiquette de capitale la plus polluée du monde. Quelque 200 usines vont devoir quitter le centre-ville, les autobus passeront au gaz pétrolier liquéfié (GPL) et le gaz va remplacer le charbon dans des dizaines de milliers de chaudières. «Beaucoup d’argent va s’investir dans les projets d’infrastructures, ce dont les banques peuvent profiter», prévoit Édouard des Diguères, directeur du Crédit Lyonnais à Pékin. Pour l’économiste Chi Lo, de la Standard Chartered Bank à Hong Kong, les JO devraient se traduire par 0,2 à 0,3 point de PIB en plus pour la Chine chaque année d’ici à 2008, voire plus si le budget olympique fait boule de neige. «L’État pourrait se contenter de soutenir plus légèrement la demande intérieure dans les années qui viennent», prévoit-il. Jean-Claude Germain, délégué général de PSA en Chine, estime que les JO vont bénéficier à l’économie chinoise en général et par ricochet à tous les secteurs. «Dans l’automobile, on peut s’attendre au renouvellement des flottes de taxis à Pékin», espère-t-il. «C’est une formidable nouvelle», s’est réjouie Karen Yung White, secrétaire général de la Chambre de commerce britannique pour la ville de Shanghai. «Ces Jeux vont servir de catalyseur et conforter les investisseurs étrangers qui tentent de s’implanter ici dans l’idée que les choses peuvent bouger en Chine».
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