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Actualités - Chronologies

TRIBUNE DU DISQUE - Sting conteur

Pierre et le loup, charmant conte de fées symphonique pour récitant et orchestre, est sûrement la plus populaire des œuvres de Prokofiev. Il l’a composée pour apprendre aux enfants à distinguer les instruments de l’orchestre. Comme Prokofiev l’explique dans les remarques faites par le narrateur avant le début du conte, chaque personnage est représenté par un instrument distinct : l’oiseau par une flûte ; le canard par un hautbois ; le chat par une clarinette dans le registre grave ; le grand-père, par un basson ; le loup par trois cors ; Pierre, par les cordes ; les coups de feu des chasseurs par les timbales et la grosse caisse. Mais Prokofiev attribue également un petit motif descriptif à chacun des personnages exposés dans la préface lorsque chacun des instruments vient se présenter ; ces différentes mélodies reparaissent tour à tour tout au long de l’œuvre, comme des leitmotivs wagnériens, pour identifier les personnages qui figurent dans le conte. Prokofiev admirait beaucoup l’ingéniosité des enfants, à l’instar d’Abbado, qui leur a consacré un délicieux ouvrage d’initiation musicale. Le second était donc particulièrement bien placé pour signer un portrait musical du premier. Plus que n’importe lequel de ses contemporains, le compositeur soviétique a, en effet, su trouver la concision, l’humour et l’innocence qui emportent d’un coup de baguette magique l’adhésion des chères têtes brunes ou blondes. On ne sait ce qu’il faut le plus admirer dans cet enregistrement. Tout est absolument trépidant ! On y trouve de la saveur, du charme, de l’impertinence. C’est irrésistible. On comprend cela a cause peut-être de la présence de Sting en narrateur et de l’orchestre de chambre d’Europe formé uniquement de jeunes musiciens. Abbado joue carrément la carte de l’humour et de la tendresse avec des solistes succulents et un envol rythmique littéralement enthousiasmant. Cette vitalité ne se contente pas de propulser l’action, elle illustre avec une acuité de perception digne de la bande dessinée. Cet orchestre omniprésent et hyperpersonnalisé n’en sert que mieux la lecture dépassionnée, gentiment distanciée mais naïvement présente de la personnalité du chanteur Sting, qui décrit l’action avec des accents délicieusement pointus et parfaitement en situation, comme un conteur pour enfants. Après tout, les amoureux des enfants ne savent-ils pas les prendre au sérieux ? Un régal savoureusement épicé, à mettre entre toutes les mains
Pierre et le loup, charmant conte de fées symphonique pour récitant et orchestre, est sûrement la plus populaire des œuvres de Prokofiev. Il l’a composée pour apprendre aux enfants à distinguer les instruments de l’orchestre. Comme Prokofiev l’explique dans les remarques faites par le narrateur avant le début du conte, chaque personnage est représenté par un instrument distinct : l’oiseau par une flûte ; le canard par un hautbois ; le chat par une clarinette dans le registre grave ; le grand-père, par un basson ; le loup par trois cors ; Pierre, par les cordes ; les coups de feu des chasseurs par les timbales et la grosse caisse. Mais Prokofiev attribue également un petit motif descriptif à chacun des personnages exposés dans la préface lorsque chacun des instruments vient se présenter ; ces différentes mélodies...