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Actualités - Chronologies

Kostunica et Djindjic, hier alliés, aujourd’hui adversaires

Associés dans la lutte contre Slobodan Milosevic, le président yougoslave Vojislav Kostunica et le Premier ministre de Serbie Zoran Djindjic se posent aujourd’hui en adversaires, un constat mis en relief par le transfèrement à La Haye de l’ex-homme fort de Belgrade. Le président de la Fédération yougoslave (RFY/Serbie et Monténégro) a, dans un communiqué, reproché au Premier ministre serbe de ne pas l’avoir informé de sa décision de transférer, jeudi, M. Milosevic au siège du Tribunal pénal international (TPI) à La Haye. Ce que M. Djindjic a implicitement admis, rappelant toutefois, dans une déclaration à un journal de Belgrade, que M. Kostunica était parfaitement au courant des intentions de la coalition dirigeante (DOS), dont les deux hommes sont les leaders. «Nous avons eu plusieurs réunions et nous avons à chaque fois décidé à l’unanimité : non à l’isolement, non au retour en arrière. Dans cette optique, la décision du gouvernement serbe (de transférer Milosevic) n’a surpris personne au sein de la DOS», a déclaré M. Djindjic. Pour ce dernier, les critiques de M. Kostunica et de son mouvement, le Parti démocratique de Serbie (DSS), qui a qualifié sa décision «d’irresponsable», ne sont pas recevables. «Sur les 18 partis de la DOS, un seul (le DSS) affirme ne pas avoir entendu ce qui a été dit, comment est-ce possible ?», a ironisé M. Djindjic. Un véritable climat de méfiance s’est instauré depuis plusieurs mois entre MM. Kostunica et Djindjic. Le premier, juriste de formation, est connu pour sa rectitude, son souci du strict respect, au nom de la dignité nationale, des procédures légales «si longtemps bafouées», ses réserves à l’égard d’un Occident «volontiers donneur de leçons». Kostunica n’a jamais digéré les exigences du TPI, institution qu’il a toujours considérée comme «partiale et politique». M. Djindjic ne partage pas ses états d’âme. Seul le pragmatisme anime sa politique. Son objectif ? Sortir au plus vite son pays de l’isolement politique et économique dans lequel l’a confiné durant plus d’une décennie le régime Milosevic. Dans ce contexte, une pleine coopération avec le TPI est incontournable. L’aide très substantielle – 1,25 milliard de dollars – que viennent d’octroyer pour 2001 à la Yougoslavie les bailleurs de fonds internationaux, réunis vendredi à Bruxelles, ne peut que conforter sa volonté de ne pas s’attarder sur le passé, d’aller de l’avant. Face à Milosevic, MM. Kostunica et Djindjic avaient fait cause commune. À l’été 2000, ils avaient créé la DOS dont le seul objectif était de déboulonner le régime autocrate. Aucun bémol n’était venu troubler leur alliance lors des élections présidentielle et législatives de septembre – que la DOS a gagnées –, ou lors de la mobilisation populaire, début octobre, qui devait contraindre M. Milosevic à admettre sa défaite et jeter l’éponge. Mais, au fil des mois, les pressions accrues du TPI sur Belgrade ont creusé les divisions, déjà manifestes sur d’autres dossiers, entre les deux dirigeants. Aujourd’hui, M. Kostunica est attelé à la survie d’une Yougoslavie un peu plus ébranlée par la démission, vendredi, du Premier ministre fédéral, le monténégrin Zoran Zizic, que le départ à La Haye de M. Milosevic a rendu furieux. Là encore, M. Djindjic veut faire preuve de réalisme, se déclarant prêt à discuter avec le pouvoir indépendantiste au Monténégro – qui ne reconnaît pas la Fédération de M. Kostunica – de l’avenir d’une Yougoslavie «réformée» ou de «l’union» de deux États indépendants.
Associés dans la lutte contre Slobodan Milosevic, le président yougoslave Vojislav Kostunica et le Premier ministre de Serbie Zoran Djindjic se posent aujourd’hui en adversaires, un constat mis en relief par le transfèrement à La Haye de l’ex-homme fort de Belgrade. Le président de la Fédération yougoslave (RFY/Serbie et Monténégro) a, dans un communiqué, reproché au Premier ministre serbe de ne pas l’avoir informé de sa décision de transférer, jeudi, M. Milosevic au siège du Tribunal pénal international (TPI) à La Haye. Ce que M. Djindjic a implicitement admis, rappelant toutefois, dans une déclaration à un journal de Belgrade, que M. Kostunica était parfaitement au courant des intentions de la coalition dirigeante (DOS), dont les deux hommes sont les leaders. «Nous avons eu plusieurs réunions et nous avons...